‹ Lamennais et le Saint-Siège, 1820-1834; d'après des documents inédits et les archives du VaticanChapitre 17 sur 65 · L EXAMEN DES DOCTRINES DE L « AVENIR · texte numérisé non relu

L EXAMEN DES DOCTRINES DE L « AVENIR

tiliaieiitleur démarche' ; le paquet partit pour Romele i5 juillet, parles voies les plus sùres'. Le 28, le cardinal di Grcgorio accusait réception de l'envoi.

« A la hâte, disait-il, j'ai parcouru et ce qui est manuscrit et ce qui est imprimé; et tout de suite je me suis procuré l'honneur de le remettre entre les mains du Saint-Père qui l'a agréé infiniment ».

En soumettant à l'autorité pontificale la censure portée par eux, les prélats se défendaient habilement et sincèrement de poursuivre une revanche du gallicanisme. Suivant les exemples donnés par l'épiscopat, notamment en 1791 et en i65o, ils sollicitaient Fintervention du pape, en le priant de confirmer leur jugement, « autant et de la manière qu'il le trouverait convenable ».

Nous reviendrons un peu plus tard sur le syllabus dressé à Toulouse. Il suffira d'observer ici qu'il portait moins sur VÂi^enir que sur Y Essaie moins sur la politique que sur la philosophie et la théologie menaisiennes. Cepen-

^ Cette lettre était signée par Bi-ault (Alby), d'Astros (Toulouse), Fournier (Montpellier), Dubourg (Montauban), de Chaffoy (Xîmes),de Lostanges (Périgueux), Darbou (Bayonne), de Saunhac (Perpignan), de Gualy (Carcassonne), de Tournefort (Limoges), Savy (Aire), d'Hautpoul (Cahors), Giraud (Rodez) .

- Dès le 17 juin, d'Astros avait demandé au cardinal de Gregorio comment lui faire tenir la censure.

l'y-J. LAMENNAIS ET LE SAINT-SIEGE

dant quelques articles du journal étaient cités et réprouvés ; de même, quelques assertions de la déclaration du 6 février i83i.

Cette attitude de Fépiscopat était un fait important qui devait nécessairement modifier à Rome la position des « pèlerins de Dieu et de la liberté ». Le pape leur avait fait dire (le 25 février) par Pacca qu'il était disposé à faire examiner leurs doctrines. La censure de Toulouse ne rendait-elle pas cet examen urgent et indispensable ? Et en toute hypothèse, ne fallait-il pas sortir du silence que Ton avait gardé jusque-là ?

Lambruschini fut chargé d'étudier la question. Il le fit dans un bref rapport, destiné à définir l'objet des délibérations que le souverain Pontife demandait à la congrégation des affaires ecclésiastiques extraordinaires.

« Les doctrines politiques et religieuses soutenues depuis deux ans par M. l'abbé de la Mennais provoquent depuis longtemps les réclamations de l'épiscopat français, qui les regarde au moins comme extrêmement dangereuses et de nature à produire des effets graves et funestes à l'Église de Dieu. 11 est démontré par les faits que ces doctrines ont répandu et maintiennent une division fatale, non seule-

Page 1