‹ Lamennais et le Saint - SiegeChapitre 31 sur 59 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

lui de la foi dont il avail ete Fapologiste convaincu. Gombien fallut-il de temps pour cette oeuvre de mine? II est difficile de le preciser. Mais quand on compare aux Discussions cri tiques la correspondance journaliere, on se rend compte que Fedifice, dans lequel Lamennais avail trouve pour lui, et indique a tant d autres, Fabri tranquille de la raison et du coeur, ne s effondra pas tout d un coup.

Au commencement de i833, la necessite

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d une evolution dans FEglise est pour lui evidente. Dans le conflit qui divise les peuples et les rois, Gregoire XVI a pris parti pour Tabsolutisme contre la liberte. Cela ne peut durer et ne durera pas. Une seule chose est obscure : le moyen dont se fera le changement inevitable. Gar, dit Lamennais, nous sommes ici dans un ordre de choses qui dependent de lois particulieres, dans un ordre surnaturel dirige immediatement par les volontes de Dieu suscitees pour nous. Mais que ces volontes renferment des changements futurs dans reconomie exterieure de la reli gion..., cela est certain en soi a 1 .

Mais en continuant a regarder vers TOrient oil blanchissait Taube des temps nouveaux, le voyant crut discerner pour TEglise la neces site de mutations plus profondes. Precise-

1 Forgues, II, p. 271. Lettre du 5 fevrier i833.

ment parce qu un mouvement divin emporte rhumanite irresistiblement vers une liberte plus grande, comment penser que soit divine encore une hierarchic revendiquant, sans con trole ni conteste, le droit de borner la liberte philosophique et civile? Quels sont les titres qu exhibe la hierarchie pour justifier des pretentions aussi extraordinaires ? Et en exami minant de pres ces titres, Lamennais jugea qu ils etaient caducs. LThistoire du sacerdoce catholique ressemblait a celle de tous les sacerdoces : son prestige ne durait que par la foi de ses adeptes ; il s evanouissait a la lumiere de la science. Toutefois, le christianisme ne disparaitrait pas tout entier. Si une autorite souverainement infaillible etait superflue pour garder a rhumanite le patrimoine religieux necessaire a sa vie, le precepte de 1 amour promulgue par FEvangile demeurerait la charte de tous les siecles. Et le triomphe de ce sentiment marquerait Tevolution supreme de la religion, parce qu en elle se resoudrait Tantinomie du rationalisme et du mysticisme, de la croyance et de Tincroyance. Au surplus, il n y a jamais eu de dogmes imposes aux esprits que par le fait de FEglise. Ni Dieu au commencement, ni Moyse en son nom, ni le Christ, quand il est venu, n ont revele des dogmes. La concentration finale de la religion, hors des symboles rigides, en

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