‹ Lamennais et le Saint - SiegeChapitre 34 sur 59 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

divines ne seraient qu un vain mot. Aucune page emouvante, aucune protestation categorique de Lamennais ne sauraient ebranler la fermete de cette conclusion. L intime de tout homme, et a plus forte raison celui (Tun homme aussi complexe et subtil, se derobe en des arcanes ou seule 1 intelligence infmiment penetrante de Dieu peut discerner le vrai. II estinterdita n importe qui dediscuter un par un les nombreux problemes de si neerite, que soulevent cent pages tracees par ce malheureux ecrivain durant la longue crise qui finit par engloutir sa foi. To uj ours manqueront les donnees suffisantes pour conclure a bon droit. Mais cette impuissance ou nous sommes de marquer 1 heure precise ou Lamennais nous trompe en se mentant a lui-meme, ne nous empeche pas de savoir qu il y eut dans sa vie un tel moment ; apres quoi, Dieu Tabandonna, parce que lui Tavait delaisse le pre mier et qu il persevera dans cette supreme meconnaissance.

II pourra sembler a quelques-uns que c est la peut-etre beaucoup insister sur une theologie elementaire de Teconomie de la grace.

Les temps ounous sommes out paru necessiter ce rappel. Un trop grand nombre de catholiques ignore Falphabet de la religion. Beaucoup d indifferents passent a cote du probleme des responsabilites sans vouloir s y

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arreter. Les historiens contemporains aiment a expliquer, par la poussee des conjonctures, la destinee des hommes les plus personnels.

Et enfin, parmi ceuxqui ont ecrit sur Lamennais des livres importants, il en est peut-etre qui ont cherche pour lui, avec trop de preoc cupation, le benefice des circonstances attenuantes. Nous croyons avoir de la liberte humaine une idee plus haute et plus vraie, en laissant a chacun la responsabilite de ses fautes. N est-ce pas aussi le meilleur moyen d assurer a I histoire la fonction morale que Giceron lui assignait en propre quand il 1 appelait la maitresse de la vie humaine?

Lamennais est le premier qui ait refuse de voir dans Torgueil la cause secrete de son incroyance finale, cc La maxima que Ton ne resiste jamais a la hierarchic que par orgueil, va a confondre 1 orgueil avec la raison 1 . Tel est son plaidoyer. II equivaut a une simple affirmation. Car le raisonnement par lequel il est appuye dans le passage vise ici consiste tout simplement a denier a TEglise Tautorite d imposer sa parole. Or, tout le monde en conviendra, il est beaucoup moms hasardeux d expliquer Tinsubordination de Lamennais par sa superbe, que d expliquer 1 ascendant de 1 Eglise sur les esprits, a tra-

1 Discussions critiques, p. i3o.

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