‹ Lamennais et le Saint - SiegeChapitre 35 sur 59 · EPILOGUE 38i · texte numérisé non relu

EPILOGUE 38i

vers vingt siecles d histoire, par la deraison universelle. La psychologic la plus rudimentaire, et la plus indeniable, decouvre dans toute impatience du joug un mouvement de Forgueil. Et une fois encore, la lecon la plus certaine de Fascetisme chretien nous autorise a ajouter que la grace de croire, comme toutes lesautres, est sous la garde de Fhumilite. Aucune protestation ne saurait prevaloir contre cette double verite de foi et de sens commun. Et d ailleurs Fauteur des Discussions critiques s etait refute lui-meme par avance, quand il avait ecrit dans YEssai : Semblables a un nageur qui suit le courant, nous ne sentons les lois de notre etre que lorsque nous leur resistons : et comme la resistance suppose la force, Thomme qui se complait en tout ce qui lui donne la conscience des siennes met souvent son orgueil a se raidir contre Pantorite. Telle est la source la plus commune et la plus dangereuse de Ferreur 1 .

Comment, au milieu des ruines de sa croyance, Lamennais put-il trouver cette paix profonde de Fesprit et clu cceur, dont il parle avec tant de complaisance aux amis qui le poursuivent pour le ramener a FEglise ? G est un problemeque Ventura resolvait, en contes tant la plenitude et la continuite de cette

1 Essai, II, ch. XIV.

tranquillite d ame. Si cette solution deplait, parce qu elle accuse d inconscience ou cTinsincerite le malheureux apostat, qu on laisse a la sagesse et a la justice infinies le soin de penetrer le mystere de cette conscience. La reserve que nous garderons, par ignorance des secrets de Dieu et par compassion pour la misere d un grand homme, ne saurait nous empecher de conclure avec fermete, de lui comme de tous les pecheurs : il s est perdu parce qu il Fa voulu.

Des historiens catholiques ou etrangers au catholicisme ont trouve piquant de transfor mer la papauterepentante en heritiere, malgre elle, de Lamennais. Leon XIII particulierement aurait ete une sorte d executeur testamentaire des plus grandes initiatives du fondateur de YAvenir, dont le grand malheur fut, dit-on, de devancer son epoque. L irreverencede ces propos n a d egale que leur mal fonde. Assurement, s il eut vecu au temps de Fencyclique Rerujn novarum, Lamennais y eut applaudi comme a un echo sincere du Misereor super turbam qui jaillit un jour du coaur infmiment bonde Jesus-Christ. Maisqu est-cequelademocratie chretienne , dont Leon XI 1 1 a trace le pro gramme, a de commun avec celle que revait

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