‹ Lamennais et le Saint - SiegeChapitre 36 sur 59 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

Fauteur des Paroles dun croyant? Les ressemblances qiTon a cru decouvrir ne viennent-elles pas d une meprise? Ceux qui les signalent n ont-ils pas commence par mettre dans les encycliques pontificates une democratie politique qui n y etait point? Et Ton pourrait raisonner de meme, a Fegard de ce grand parti des honnetes gens dont Leon XIII preconisait la formation, afin de pourvoir plus efficacement au salut de la societe et a la liberte de la religion. L Acte d 1 union propose par \Avenir en i83i etait bien autre chose; il avait pour but une propagande autrement revolutionnaire. Enfin, la revendication du droit commun pour TEglise n a jamais ete acceptee par Leon XIII elle ne saurait Tetre par aucun pape comme la limite du desirable et du juste. Si on Fentend d un minimum a reclamer, en raisonnant ad ho mi ne m avec les gouvernements modernes qui font profession d ignorer legalement toutes les religions, deux observations s imposent :

d une part, 1 Eglise n avait pas attendu Lamennais pour imaginer Inexpedient ; d autre part, Lamennais envisageait ce moyen de defense religieuse, non comme un pis aller impose par des circonstances regrettables, mais comme la consequence heureuse d un systeme social en progres sur Forganisation de Fancien regime. II n aurait pas plus accepte

Fency clique Liber tas que Tencyclique Mirari vos. Et toute la politique duralliement lui cut paru une atteinte portee a son independance de citoyen.

En quelques mots, voila a quoi se reduit la valeur du paradoxe qui a tente la plume de quelques ecrivains. DoncrEglisemieuxavertie n est pas venue s etablir sur les positions ou elle a jadis reproche a VAvenir de se risquer. Son jugement n a pas varie apres trois quarts de siecle, ni non plus sa conduite.

Si Ton veut cliercher a Lamennais une des cendance intellectuelle, il ne sera pas difficile d en suivre la trace de i83o a nos jours; mais c est ailleurs qu au Vatican qu il la faudra cliercher. Leliberalisme catholique condamne par Pie IX, le democratisms qui, contrairement aux enseignements de Leon XIII, a conditionne par la republique 1 application a la societe des principeschretiens, le modernisme auquel Pie X a reproche de vouloir accommoder les formules du dogme catholique aux exigences de la science : telles sont les erreurs auxquelles on pourrait fort legitimement assigner Lamennais pour ancetre. En des mesures diverses, on trouvera dans ses ouvrages le commencement ou les germes de ces theories condamnees par le Saint-Siege. II suffit d indiquer ici ces relations indeniables ; en formant le voeu que les enfants de

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