EPILOGUE
TEglise fascines par un menaisianisme quelconque soient dociles, sur un mot venu du pape, a se deprendre de leurs chimeres.
Dans sa Lettre sur le Saint-Siege, Lacordaire a dit, non sans quelque emphase oratoire, ce qu il avail trouve a Rome pour la paix de son esprit et de sa conscience. Avec une simplicite plus impressionnante peut-etre, il ecrivait a unjeune pretre trouble par 1 encyclique Mirari vos : Gonfiez-vous a 1 Eglise; laissezla vous gouverner ; soit qu elle parle, soit qu elle se taise, soit qu elle ordonne, soit qu elle insinue, prenez-la toujours pour votre boussole. (Test ma regie de conduite la plus sacree, et celle de tout catholique ^ Plus intelligent et plus illustre, Lamennais aurait du marcher le premier dans cette voie ou Tappelaient ses principes ultramontains, des promesses formelles et repetees d obeissance sans reserve, son devoir elementairedefils de TEglise.
Mais Fhistoire de sa revolte, aussi bien que le souvenir de ses combats pour la souverainete pontificale, est faite pour notre instruc tion. De la couche ou il meurt sans pretre, comme du champ clos ou il disputait avec les homines d Etat regaliens et les eveques gal-
1 H. Villars. Correspondance inedite du P. Lacordaire, p. 493. Lettre du 12 aout i833.
licans, il donne aux esprits attentifs la meme lecon ; celle que saint Francois de Sales resumait dans ce mot profond et juste : (c le Pape et TEglise c est tout un.
PIECES JUSTIFICATIVES
N.B. L auteur desAffaires de Rome a reuni en appendice, dans son livre, les documents publics, emanes du pape, sur les doctrines de YAvenir et les Paroles (Tun croyant. L exemple est a suivre. On retrouvera ici, dans leur teneur integrale, ces documents, avec les lettres de Lamennais (pour ainsi dire officielles) qui s y rapportent. Cette double serie de textes paralleles permettra au lecteur d avoir presentes les formules authentiques que, dans cette cause celebre, le justiciable et le juge ont voulu donner a leur pensee.
Cinq seulement de ces pieces sont inedites.
PREMIERE LETTRE DU CARDINAL PAGGA 1 (a5 fevrier i832).
Monsieur 1 abbc,
En adherant a vos desirs, j ai eu 1 honneur de depose r dans les mains sacrees denotre tres Saint-Pere les deux ecrits que vous m avez prie de lui soumettre.
Sa Saintete, tout en rendant justice a vos talents et a vos bonnes intentions, ne m a pas cependant dissimule, en general, son mecontentement, a cause de certaines controverses et opinions au moms dangereuses et qui ont seme une si grande division parmi le clerge de France, et offense les bons et pieux catholiques.
1 D apres la minute. Arch. Vat. Dossier Lamennais. (Inedit).
Toutefois le Saint-Pere a etc tres satisfait d entendre, memo par ma bouche, que vous etes, ainsi que vos collaborateurs, dans la disposition Tranche et bien sincere de vous uniformer, comme des enfants dociles, au jugement du Saint-Siege ; et il m a paru dispose a faire entreprendre 1 examen de vos doc trines, comme vous Favez demande.
Mais un tel examen, qui sera certainement mur et autant profond que reflechi. ne pourrait pas etre fait si tot. II exigera meme un long temps avant qu il soit acheve. Ainsi vous pourrez, Monsieur 1 abbe, retourner chez vous avec vos collegues, car, a son temps, on vous fera connaitre le resultat de 1 affaire dont il est question.
Je suis avec consideration, Monsieur 1 abbe, etc.