‹ Lamennais et son écoleChapitre 8 sur 16 · IG · texte numérisé non relu

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« course : mais tous ne hi regardaient pas. Où « sont-ils? Qui nous le dira? Heureux les morts u qui meurt-ntdans le Seigneur.

u 11 y en avait qui disaient : Qu'est-ce que ces (( flots qui nous emportent? Y a-t-il quelque « chose après ce voyage rapide ? Nous ne le (' savons pas, nul ne le sait ; et, comme ils di- « saient cela, les rives^sévanouissaient. Où sont- <( ils? Qui nous le dira? Heureux les morts qui < meurent dans le Seigneur.

(' Il y en avait aussi, qui semblaient, dans un « recueillement profond, écouter une parole se- « crête, et puis, l'œil fixé sur le couchant, tout «.' à coup ils chantaient une aurore invisible « et un jour qui ne finit jamais. Où sont-ils? qui 0 nous le dira ? Heureux les morts qui mer.i'enl « dans le Seigneur.

<f Entraînés pèle-mèle, jeunes et vieux, tous ^< disparaissaient, tels que le vaisseau que chasse c la temj.ète. On compterait plus tôt les sables i< de la mer que le nombre de ceux qui se hâ- « talent de passer. Où sont-ils ? Qui nous le (. dira? Heureux les moi'ts qui meurent dans le i* Seignein*.

« Ceux qui les virent ont raconté qu'une « grande tristesse était dans leur cœur : l an- « goisse soulevait leui' poitrine, et, comme fati-

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(( gués du travail de vivi'c, levant les yeux nu (' eiel, ils pleuraient. Où sont-ils? Qui nous le « dira ? Heui'eux les morts (]u\ meurent dans le « Seigneur.

« Des lieux inconnus où le lleuve se pe-'il, « deux voix s'élèvent incessamment :

(( L'un(: (lit : Du fond de l'al^inie, j'ai ci-ié vers ((. vous, Seigneur : Seigueur, écoutez mes gé- (( missements, prêtez l'oreille à ma pi'ièi'e. Si « vous scrutez nos iniquités, qui soutiendra voti'c; « regard ? Mais près de vous est la miséricorde « et une rédemption immense.

« Et l'autre : Nous vous louons, ô Dieu ! nous « vous bénissons : saint, saint, saint est le Scier neur Dieu des années ! La teri'e et les cieux u sont remplis de votre gloire.

« Et nous aussi, nous irons, là, d'où pai'tent u ces plamtes ou ces chants de triomphe. Où se- '( roiis-nous? Qui nous le dira? Heiu'cux les M morts qui meurent dans le Seigneur. »

.\insi ce grand homme consolait sa douleur, et, par. la pensée des choses futures, cherchait à se résigner aux choses présentes.

Nous étudierons plus à fond cette soulïrancc, à coup sûr l'une des plus profondes de ce temps, et les remèdes que le sublime endolori inventa pour s'en guérir.

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