‹ Lamennais et Victor HugoChapitre 11 sur 27 · IIS · texte numérisé non relu

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tarder à se manifester d'une manière publique et générale » ; et « la littérature, fille et compagne inséparable de la religion, travaillerait de concert avec elle à l'reuvre divine dont el'e est chargée, à la régération complète et définitive du monde ' ».

Cette littérature catholique, Victor Hugo ne rêvait-il pas alors de lui donner un modèle? Il conceva'ii Notre-Dame de Paris en 1828. Conception bien différente de ce que fut l'exécution-. Phébuset cette passion qui enlève à la Esmeralda un peu de sa pureté, n'y figuraient pas. La leçon morale exigée par le Mémorial catholique devait se dégager de l'œuvre sans effort: ce prêtre « qui abdique volontairement l'humilité du chrétien, la modestie du prêtre, et qui se trouve ensuite seul et sans défense en face de ses passions et du destin », qui le dévouent dès cette vie à d'affreux supplices, devait nous être un grand et salutaire enseignement. Cette jeune fille poursuivie par les honteux désirs du misérable, traversant les plus infâmes cloaques sans rien perdre de sa candeur, heureuse et fière à travers les plus rudes épreuves, devait nous faire aimer la vertu ; et ce Quasimodo, âme exquise dans un corps difforme, nous faire comprendre que notre vraie patrie n'est pas cette prison du monde où l'argile nous tient en servitude. L'ava-^/./; mystérieuse qui devait emporter les personnages du drame dans ses bras d'airain, c'était la providence présidant à la lutte où Claude Frollo sans doute est vaincu, mais d'où la Esmeralda, d'où Quasimodo, du moins, sortent victorieux ; et le gibet de Montfaucon n'exigeait-il pas le ciel ?

Envisagerons-nous le caractère social de l'œuvre à cette période d'élaboration ? Il nous apparaîtra que l'auteur voulait y montrer» les souffrances imposées au genre humain par les efforts de l'esprit nouveau pour détrôner la société chrétienne et catholique. Ce fut, en effet, « à dater d'alors que k chance tourna et que le Moyen Age fut vaincu ^ ». Et nous retrouverons l'ennemi du gallicanisme politique et littéraire, désabusé de la royauté, en bon Mennaisien qu'il est, dans

' Mémorial Catholique, février 1829, p. 77.

2 V. Notre-Daiilî de Paris, éd. OUendorf (de l'Imprimerie Nation.ile), in-8, 1904, Scénario as Notre-Dame de Paris, p. 430-431. ' Montalembert, Art. sur Notre-Dame de Paris. L'Avenir, 28 avril 183 i.

cet écrivain qui nous montre Louis XI. « le vieux tyran » menant « es magistrats et ses bourreaux au combat contre toutes les associations morales et religieuses, tous les biens '^o-"^'^-^; ^ ^j^ hiérarchie chevaleresque et sacerdotale du passe ' « Des lo s le ca tholicisme avait cédé; le ciment du monde étatt tom . Om

c'était une inspiration profondément chrétienne qui avait présidé a a onception primitive du roman dont le titre seul annonçait assez les intentions véritables; et si Victor Hugo l'avait écrit alors nous r urionseu.ce premier chef-d œuvre de la littérature catholique, d'?c ord avec la p'ius pure morale, cette première affirmation atten due, que la littérature véritable est fille et compagne inséparable de

'''^Ï^^:Zécnùon différera de cet idéal rêvé A peine ra-^!l conçu, Victor Hugo n'a dé.à plus la for.e, il n'a plus la > de l'exécuter. Il remet l'œuvre de jour en ,our. Et quand il s y atta chera enfin, contraint par les exigences d'un libraire c est a peine si la trame 'ancienne demeurera visible sous les contradictions d un pensée hésitante et troublée. Ce sont, jusqu'à la chute finale, les étapes de cette décadence qu'il nous reste à raconter.

i Mon,.Iembert, Art. sur Noire-Dam. de Paris. L Avenir, 28 avril .8}i. 2 lUd.

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