‹ Lamennais; étude d'histoire politique et religieuseChapitre 106 sur 123 · REFLEXIONS SUR LES EVANGILES · texte numérisé non relu

REFLEXIONS SUR LES EVANGILES

un seul chrétien depuis l'origine du christianisme? En vérité, ce pauvre Féli extravague; il n'y a pas d'autre mot. 0 mon Dieu, quelle pitié ! »

N'est-on pas tenté de dire, en entendant l'abbé Jean traiter son frère de fou, le mot si doux de Jean Huss à la vieille femme qui apportait un fagot à joindre au bûcher dont les flammes commençaient à lui brûler les pieds : 0 sancta simplicitas !

Exaltation du pape Pie IX. — Commencement de son règne.

— Lamennais et le P. Ventura. — Fin de la monarchie de Juillet. — La révolution de Février. — Le Peuple constituant.

— F. Lamennais à l'Assemblée constituante. — Les journées de Juin. — Dernier article du Peuple constituant. — Fin de la seconde République.

Les dernières années du règne de Louis-Philippe se passèrent pour Lamennais dans le travail et dans la solitude. Tout occupé de son livre, il regardait peu au dehors, sortait rarement et pour ne voir que certains amis de choix, le baron de Vitrolles, Chateaubriand, Béranger. Pour la partie de son ouvrage qui traitait des sciences, il eut des conférences suivies avec François Arago. Dans le parti démocratique, il comptait beaucoup, sans être mêlé à la politique active. Sa santé était d'ailleurs de jour en jour plus faible, et l'on voit, par différents détails de sa Correspondance relatifs aux conditions de sa vie matérielle, qu'il était condamné à une véritable parcimonie. En vieillissant, il devenait misanthrope à l'égard des individus, mais son amour de l'humanité, son dévouement à son parti ne défaillirent jamais. Il s'affermissait dans ses convictions et ses études ne lui fournissaient que des raisons de persévérer dans la foi nouvelle qu'il avait embrassée. Il causait de toutes

Page 1