XVI AVANT-PROPOS
moins, non seulement les prétendants dynastiques, les chefs des anciens partis de monarchie, mais les chefs de la démocratie elle-même, ou, si l'on aime mieux, les hommes qui se donnent pour tels.
Ne parlons que de ceux-ci.
Habitués à trouver l'Eglise au premier rang1 de leurs adversaires et à la vaincre dans toutes les luttes où la religion sert de masque à la politique, ils se demandent comment ils se maintiendront sur les positions conquises, à présent que l'Église s'annonce comme décidée à rompre elle-même le lien qu'elle avait formé entre les anciens partis, et qu'elle se dit résolue à séparer sa cause qui ne peut défaillir d'une cause définitivement vaincue. Si l'Église vient à la démocratie, qui empêchera la démocratie de se donner à l'Eglise, surtout si Ton mêle habilement les questions religieuses avec les questions sociales, et si les chefs de l'Église deviennent les chefs du peuple dans les revendications légitimes d'une plus grande justice distributive? Précisément, c'est là le rôle que Lamennais, au moment même de sa rupture avec l'Eglise, prétendait lui assigner, ainsi qu'on pourra le voir dans de nombreuses pages de ce livre, et non des moins intéressantes, puisque c'est Lamennais lui-même qui s'y montre. A ce momentlà, ayant fait, pour son propre compte, ce que l'Église est en train de faire aujourd'hui, c'est-