‹ LamennaisChapitre 9 sur 101 · AVANT-PROPOS XV · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS XV

et oiseuse au jugement des historiens et des philosophes, mais ce n'est pas pour eux que l'Église parle et agit : il lui faut pour son peuple, pour la défense des intérêts religieux dont elle a la garde et tels qu'elle les conçoit, l'immuabilité et l'infaillibilité, divins privilèges dont elle est seule à jouir sur la terre. On continuera donc de nier l'évolution. Mais ce retour de l'Église, si longtemps inféodée aux vieilles puissances monarchiques, vers la nouvelle puissance de la démocratie, cette sorte de reprise des antiques traditions du moyen âge, en attendant que l'on remonte jusqu'aux temps du christianisme primitif, tout cela, pour l'Église et ses chefs, ce ne sont pas des nouveautés. L'Eglise ne change pas, ne peut pas changer; que parlez-vous d'évolution? L'Eglise accomplit sa mission divine, et voilà tout.

A quoi bon discuter là-dessus plus longtemps? On ne s'entendrait jamais, puisque l'on ne parle pas et que l'on ne veut pas parler la même langue. Qu'il y ait une évolution ou qu'il n'y en ait pas, cela ne modifie en rien les faits qui se passent sous nos yeux. Or, ces faits sont d'une incalculable portée. Ils dominent déjà toute la politique contemporaine; ils domineront bien plus encore la politique de l'avenir. Pour le moment, rien de moins douteux que l'embarras extrême où la nouvelle attitude du pontife romain, chef unique de l'Église, paraît jeter, en France tout au

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