AVANT-PROPOS. XIII
seul et unique chemin qui puisse la conduire à son rapprochement des peuples modernes. Or, cette voie est là, tout ouverte devant l'Église comme devant les nations;' et ce qu'il y a de singulier, de frappant, d'autres diraient de providentiel, c'est que des nations et de l'Église ce n'est pas cette dernière qui semble la moins disposée à s'y engager.
Oh! je sais bien qu'on ne manquera pas de se récrier, de protester et surtout de taxer d'ignorance et de présomption l'homme assez hardi pour avancer une telle assertion. C'est pour moi le cas de dire : Incedo j)er ignés; mais rien ne doit arrêter l'expression de la pensée d'un homme libre. Je ne réclame nullement le droit de parler au nom de l'Église. Eussé-je qualité pour prendre cette mission, je m'y déroberais, ayant appris par de nombreux exemples, et par celui de Lamennais lui-même, que personne dans l'Église, excepté le Pape, ne peut parler en son nom et lui indiquer la marche qu'elle doit suivre. C'est pour avoir eu cette audace que Lamennais a été frappé, et quiconque serait tenté de l'imiter serait frappé comme lui. Mais que peuvent bien nous faire les foudres romaines? Peuvent-elles nous empêcher de voir tout ce qui se passe autour de nous?- Or, que voyons-nous? En dépit de ses prétentions à l'infaillibilité comme à Timmuabilité, l'Eglise évolue, et dût-elle s'irriter, en entendant proférer un