I. ÉGLISE ET LE CHRISTIANISME
et qui est Dieu même, est la raison, la vérité, Tordre, la loi, la vie; el il n'y a de vie, de vérité, de raison qu'en elle... elle est la vraie lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde; elle l'instruit de ses devoirs et de ses destinées ; elle forme son entendement en formant ses croyances ; elle élève par la foi cet être d'un jour jusqu'à V Ancien des jours, jusqu'à l'Etre infini, seul principe de toute existence ; elle purifie son cœuren lui révélant sa misère, et en lui montrant le remède. L'homme, sans elle, ne serait qu'un fantôme qui passe et disparait dans l'ombre : elle l'unit avec ses semblables, en l'unissant avec son auteur. La vertu, l'espérance, l'amour, la pensée même vient d'elle. Où sont ceux qui disent : nous ne la connaissons point ! Intelligences déchues... condamnées dès lors à ignorer tout, condamnées à ne rien croire : car la foi naît de Vou'ie, el comment croiront-elles si elles n'ont point entendu ? Toute parole, comme toute vérité, toute loi procède de cette parole, de cette loi première. Où sont ceux qui disent : nous n'en voulons point. Esprits rebelles que la lumière importune et blesse; qui demandent les ténè-
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bres, el à qui les ténèbres seront données: qui repoussent la vérilé,et que la vérité repoussera: qui rejettent la loi de grâce, et qui trouveront la loi de supplice; qui, à la place de Dieu qu'ils n'ont pas voulu, et de la mort qu'ils voudraient, auront éternellement leur crime pour compagnon; et pour roi le ver qui ne meurt point !
Les lois se bornent à prescrire certains délits; elles ne commandent aucune vertu. La Religion s'est réservé à elle seule cette sublime partie de la législation, qui règle tout dans l'homme, jusqu'à ses désirs les plus secrets et ses affections les plus fugitives. Que de crimes échappent à la justice humaine ! que d'autres elle est contrainte de tolérer ! La Religion ne tolère aucun désordre ; elle défend la pensée même du mal: elle nous ordonne de tendre à une perfection infinie : Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. Et, chose merveilleuse, en même temps qu'elle abat l'orgueil humain sous la hauteur de ses préceptes, et réprime tout sentiment de présomption dans le juste, en lui montrant sans cesse au-dessus de
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lui de nouvelles vertus à acquérir, elle relève la confiance du coupable, en ouvrant au repentir l'immense sein de la miséricorde divine.
Savez-vous ce que c'est qu'un prêtre, vous que ce seul nom irrite et fait sourire de mépris? Un prêtre est, par devoir, l'ami, la providence vivante de tous les malheureux, le consolateur des affligés, le défenseur de quiconque est privé de défense, l'appui de la veuve, le père de l'orphelin, le réparateur de tous les désordres et de tous les maux qu'engendrent vos passions et vos funestes doctrines. Sa vie entière n'est qu'un long et héroïque dévouement au bonheur de ses semblables. Oui de vous consentirait à échanger comme lui, les joies domestiques, toutes les jouissances, tous les biens que les hommes recherchent si avidement, contre des travaux obscurs, des devoirs pénibles, des fonctions dont l'exercice brise le cœur et rebute les sens, pour ne recueillir souvent d'autre fruit de tant de sacrifices que le dédain, l'ingratitude et l'insulte ? Vous êtes encore plongés dans un profond sommeil, et déjà l'homme de charité, devançant l'aurore, a recommencé le cours de
ses bienfaisantes œuvres. II a soulagé le pauvre, visité le malade, essuyé les pleurs de l'infortune ou fait couler ceux du repentir, instruit l'ignorant, fortifié le faible, alïermi dans la vertu des âmes troublées par les orages des passions. Après une journée toute remplie de pareils bienfaits, le soir arrive, mais non le repos. A l'heure où le plaisir vous appelle aux spectacles, aux fêtes, on accourt en grande haie près du minis'.re sacré : un chrétien touche à ses derniers moments; il va mourir, et pculêlre d'une maladie contagieuse : n'importe, le bon pasteur ne laissera point expirer sa brebis sans adoucir ses angoisses, sans l'environner des consolations de l'espérance et de la foi, <ans prier à ses côtés le Dieu qui mourut pour elle, et qui lui donne, à cet instant même, dans le sacrement d'amour, un gage certain d'immortalité ! Voilà le prêtre, le voilà.
Tout ce qui est un moyen d'union entre Dieu et l'homme, c'est-à-dire, tout ce qui aide l'homme à se rapprocher de Dieu ou à devenir semblable à lai dans ses pensées, ses volontés, ses actions, est saint; et c'est de la sorte que