CHAPITRE II
I>es Pèlerins de Dieu el de la liherlé. — Audience pontificale. — Bruit malveillant répandu sur Lamennais. — Conférence avec le cardinal Micara. — Illusions de Lamennais. — Son départ de Rome. — Son voyage en Bavière. — Inlluence exercée par les doctrines de Y Avenir. — L'Encyclique Mirari von. — Retour de Lamennais à la Chênaie. — Disparition définitive de Y Avenir et de YAfjence. — M. de Coux. — Lettre de révècjue de Ramiers. — Maurice de Guérin. — Découragement de Lamennais. — Affaire du schiste. — M. de Salinis. — Lamennais et Savonarole. — M. Jean de Lamennais. -- Bore étudie les langues orientales. Ses professeurs MM. de Sacy, Eugène Burnouf, Stanislas Julien, etc.
Cependant les Pèlerins de Dieu et de la liherlé, ainsi qu'ils s'appelaient, étaient partis pour Rome, afin de consulter le Seigneur en Silo ; c'étaient Lamennais, Monlalembert et Lacordaire. Nous n'avons pas à raconter ce voyage qui fut entrepris sur lavis de ce dernier cl qui lut une faute, de son aveu propre.
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Le lompéraniont ftiuijuoux du Maître, les impélueuses nnleurs de ses jeunes diseiples saeeoiuniodaienl mal de la liMuporisalion ponlifi- <"ale cpii, plus dune l'ois, à l'inslar de celle de Fabius (ainctalor, devail loul réparer:
Tu Maxiiims illc es,
l'iuis ([ui iiohis cumlaiido rcsliluis rem (1).
On allait i'oreer Home de parler et quand Rome parlera, la eause, hélas I sera loin dètre finie.
M. Houet, dont nous aimons à rappeler le nom, racontait souvent l'entrevue de Lamennais avec (jrégoire X^ I. Il avait appris lanecdole de Lamennais lui-même. Le pape tenait un crucifix à la main ; c'était une œuvre d'art. ('ha([ue l'ois que Lamennais ouvrait la bouche, pour traiter de l'all'aire (pii l'appelait près du Saint-Siège, il lui faisait remarquer un nouveau détail de ce chel'-dœuvre de sculpture, de sorte que le visiteur dut se retirer .sans avoir pu dire un mot de ce qu'il avait tant à cœur (2).
(1) En. VI. S4r).
(2) I/cnlrevuc, dit-on, navail olé accordée qu"ù la condition (jue Lamennais ne parlerait ni de VAvenir, ni dos (|uestions qu'une conunission romaine examinait en ce moment même.
58 LAMENNAIS INTlMi;
Au milieu de ses préoccupations et de' ses déboires, Lamennais n'oubliait point ses jeunes enfants qu'il avait laissés en France. Voici ce qu'à l'occasion du départ de Lacordaire il écrivait spécialement à trois d'entre eux, Eugène Bore, Elle de Kerlanguy et Frédéric de la Provostaye.
Pour Eugène, Elie et Frédéric,
Rome, le 14 Avril 1832.
« Je ne xews. pas, mes chers enfants, laisser partir l'abbé Lacordaire, sans vous dire au moins quelques mots, après une absence qui me paraît déjà si longue. Combien de temps encore se prolongera-t-elle? Je l'ignore; mais je prie Dieu, si cela ne contrarie pas ses desseins, de me réunir bientôt à vous que j'aime tant, et avec qui j'avais une si douce habitude de vivre. En attendant, je vous engage à continuer avec constance vos études commencées et à travailler surtout à devenir des hommes de vertu et de prière, des hommes de Dieu. A (juoi sans cela vous servii-aient toutes les connaissances du monde? Inutiles pour vous, elles le seraient aussi pour les autres, car c'est l'esprit de zèle et de