INTIME
Cel ouvrage a été déposé, conformémenl aux lois, en Juin 1897.
Uauleur et Védileur réservent tous droils de reproduction et. de traduction.
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j.iiiinis; VAtjenre qui en était l'annexe, venait d'rlre dissoule, comme nous l'avons vu. Si Lamennais renonrail à ces deux œuvres autant polili(iues. pour ]o moins, que religieuses, il enlendnil bien continuer ses maisons d'éludé <le l'aiMs. de la Cht'^naie et de Maieslroit : ce qui nous semble luie preuv(> irrcrulable de la sincérité de ses convictions. CtM'tes, il ne songeait guère à sortir de l'Eglise, à ce moment où il voulait se vouer exclusivement à ses fondations ecclésiastiques, tout en déplorant, sans doute, de se voir contraint de mettre sous le boisseau une partie des lumières qu'il croyait lui avoir été confiées par le Ciel pour éclairer le monde.
La lettre suivante que lui écrivait Eugène Bore nous montre la sollicitude dont il ne cessait d'entourer les hommes et les choses aux- <piels il s'était une première fois intére.ssé.
Mardi, ce 2 octobre 183-2.
Mon cher Père,
« Vous goûtez maintenant à la Chênaie un repos qui vous était nécessaire après tant de fatigues et de soucis. \ ous pourrez améliorer l'état de votre santé puis achever vos impor-
lants travaux, deux choses également utiles el désirables. Vous devez avoir trouvé une solitude complète, et, depuis votre arrivée, vous êtes sans doute resté aussi étranger aux nouvelles et aux événements de ce monde que si vous étiez en Sibérie, car je crois que vous n'avez pas encore reçu de journaux malgré la recommandation que j'avais faite à 1\I. Jean de vous envoyer l'exemplaire de Y Echo français qui était destiné au bureau de Y Agence. On peut toutefois aisément le justifier. Car iM. Goumy, directeur de ce journal, n'a pas voulu continuer de vous envoyer gratis ce numéro, même à la condition de payer les frais de poste et de timbre. M. de Coux a jugé nécessaire de prendre pour vous un abonnement de six mois et comme ces autres Messieurs n'osaient le faire sans son consentement^ il y a eu nécessairement quelque retard. Mais je viens de recommander expressément à M. de Mautan d'aller ce soir au bureau de YEcho afin qu'il vous soit adressé sans délai.
« J'ai reçu ce matin une lettre de M. Combalot, datée de Lyon. Il accepte toutes les offres que je lui faisais, et il se réjouit beaucoup de venir habiter près de moi vers la fin d'octobre. De son côté, M. d'Ault m'a aussi
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t'crit (If lui rcicnir rajiparU'incul que je lui a\ais inonlré. de soiie que nous serons vérilaldonn'Ml en lannlle. M. (lonihalol m'enjoint entre autres de choisir deux (dianihres poui' tleux nevenx de révè(iue de Pnniiers (1), jeunes gens fort intéressants, à ce qu'il dit, et qui viennent étudier sous sa direction ; et ils sont, ajoutait-il, dans le cas de nous payer une itonne pension. Ainsi, Jeanne (2) nous restera, sans que ses gages nous soient onéreux.
M M. de Coux a dil franchement à M. de Rainneville qu'il regrettait l)eauconp de lavoir pour associé dans une entreprise (3) qui offrait de si grands avantages et qui pourrait être si profitable à t'œuvre de M. de Lamennais et ce brave monsieur, avec une délicatesse peu commune, lui a répondu aussitôt qu'il le déliait bien volontiers de sa parole et qu'il serait enchanté de mettre à sa place la personne qui ollrait de lui faire les mêmes avances. Mon
(1) Louis-Chaiios-FraïK-ois de La Tour Lainloillie. l)arlisan déclaré «le I^aiiK'iinais. Il ocrii|ia le sii'ijc de l'aniiers de 1823 à 1835.
('2, La lldèle el dévouée .servante de Lamennais dont nous avons eu déjà occasion de jiarler.
(3) On verra i)lus lard l'entreprise dont il s'agit; nous en avons dit prccédeninient un mot.
noiaii'c m'a écrit à ce sujet cl, ainsi (jiie je l'espôrais. j'aurai à ma disposition, lors- (lu'il en sera temps, l'argent nécessaire pour commencer notre alFaire.
« M. de Monlalemherl ne partira {\u'i\ la fin de la semaine, des all'aires l'ont empêché de faire son voyage du Midi aussi tôt qu'il le pensait.
« M. de Mérode a envoyé à la maison du tabac pour M. (lerbet; dites-moi, s'il vous plaît, par quelle voie je puis vous l'envoyer le plus sûrement et le plus économi([uenieni possible.
« Mon frère est arrivé samedi dernier, et il compte, je crois, rester quehpies semaines pour ses affaires. Je l'aime toujours fraternellement, mais je vois avec peine que ses premières idées philosophiques et politiques se sont dénaturées et modifiées sous le ciel germain. Du reste, comme nous ne nous entendrions plus sur ces points, j"ai fait un pacte avec lui de ne pas lui parler de ces matières, afin de mieux respecter mutuellement notre liberté de penser. 11 demeure peu loin de notre maison, en sorte que je puis le voir à mes heures de loisir, sans interrompre en rien le cours de mes études et mon règlement.
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D'ailleurs, jo sui^ aiso do pouvoir lui reiulre celle justice i|u'il aime davaulage létudc cl cju'il travaille avec plus de persévérance. Il compte retournera .Municli.
« M. de Coux m'a dit ([u'il ne pourrait vous écrire aujourd'hui, mais cpie la ju-oeliaine l'ois il vous enverrait une noie détaillée sur l'état des comptes de M. Clerbet (elle est ci-jointe). M. de Coux a pensé (piil serait plus économi([ue de ne vous envoyer (junne fois la semaine les lettres (|ui vous sont adressées, car un seul pa(iuel coule beaucoup plus à la poste que deux autres paciuets séparés du même poids. Si cet arrangement ne vous convenait pas, dites-le moi, mon Père.
<( Si vous voulez Y Union Belfje, j'écrirai à M. Waille de vous envoyer le numéro qu'il adresse toujours à la maison.
« Je vous endjrasse bien tendrement, vous et ces autres Messieurs.
« M. de Coux est encore tout triste de votre départ.
\'otre enfant K. B. «
« P. S. — .Mes livres sont-ils partis et quel jour à peu près doivent-ils arriver? »
88 I-AMENNAIS INTIMK
L'(''V(Hjuo de Pamiers, dont parle Bore, adressait vers celle époque (le '28 Octobre) à Lamennais lui-même, une lettre de i'élicitalion ([ue nous avons publiée ailleurs (1) et dans laquelle il lui disait, entre autres choses:
« En m'intéressant, M. l'abbé, au succès de vos immenses entreprises, pour la défense de la foi de nos pères, attaquée de nos jours par toutes les forces réunies de l'enfer, j'ai voulu en quelque sorte satisfaire au cri de ma conscience, en même temps qu'à une partie de l'infinie reconnaissance que vous devront à jamais les Catholiques de tous les pays ».
(lomme on le voit, le digne prélat ne lui marchandait pas l'éloge. Il lui parle de sa lettre de soumission si prompte^ si simple^ si franche, si respectueuse. C'est pourtant cette lettre ou mieux cette déclaration que l'on estimera bientôt insuffisante et qui, en elï'et, le sera devenue par un revirement de cet esprit mobile, de cette imagination ardente, ouverte aux impressions les plus contraires et, souvent même, les plus contradictoires.
(1) Lamennais, etc., u, 85.
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La Icllre crEug:«'ne Bore nous monlro (im* les frais de poslo rtaieiil une assez g^rosso ipieslioii pour Lamennais donl le bu(|f;el ne fut jamais considérable el j)aiul même fréqiiemuienl (lis|)roporlioniu'* avec les dépenses auxquelles il élait appelé à faire face.
N'écrivait-il pas lui-même* un jour à son frère Jean :
« Deux quintaux de morue, c'est beaucoup; mais nous n'avons (pie cela pour les jours maiii^res. Les œufs mêmes sont trop chers pour nous » (1).
Nous n'avons pas cru devoir supprimer ces petits détails, ils nous apprennent les divers genres de difficultés avec lesquelles Lamennais et les siens étaient aux prises.
Les livres dont paile l>ugène Bore dans son Posl-scriplum, Lamennais les lui expédiait de la (lliênaie où il les avait laissés.
« Nous sommes, mon Eugène, arrivés ici hier au soir, vers cinq heures, lui mandait-il de la Chênaie, le 30 septembre, trois jours avant la lettre que nous venons de lire. Une heure
(1) Id. I, 289.
après, j'avais cherché et mis à pari pour loi Casfel, Buxtorf el le Diclionmiire chinois. Mais je n'ai pu Irouver les Recherches sur l'Iigi/pte, car lous nos livres sonl dans un désordre effroyable el je crains qu'il n'y en ait beaucoup de perdus. Si plus lard je trouve ce dernier ouvrage, je te l'enverrai ».
Le 3 octobre, il lui écrivait <le nouveau :
«... .J'envoie aujourd'hui à Dinan les trois dictionnaires avec les Recherches sur VEgyple que j'ai retrouvées, une grammaire syriaque et une chaldaïque de Michaëlis el un cahier intitulé: Opuscules archéologiques qui te sera peut-être utile et dans lequel lu trouveras deux petites brochures pour Montalembert. Le tout sera soigneusement emballé à Dinan, et te sera adressé par la diligence, rue de Vaugirard (1).
« .J'ai payé pour M. Planquart dix francs (pie tu te feras rembourser. C'est ce que j'ai eu à débourser pour les pouvoirs obtenus pour lui, à Rome. Ceux de ]\I. Combalot m'ont coûté sept francs (ceci pour mémoire).
(I) Celait le houvcmu domicile de Bore et de ses coniiiagnons.
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.< .]o foinhrass*» ilo loiil (-(riii-, mon rhcv tMiInnl ■>.
I.oisijuo Ton axail appris (luo Lamennais >•• itMidail à Homo, on lavait cliariifé de commissions du g-onro i\o colles (pio lui avaient coiilii't^s MM. Planquarl et Combalot. Il s'était lie plus occnpô do soumettre à l'approbation du Sainl-Siciifo une copie des Règles de la ('ongrégalion (l(»nl il demeurait jusqu'alors le Snpériour gcnéial 1). Ces préoccupations diverses, dans tlo pareilles circonstances, nous ont paru dignes d'être signalées; elles ne laissent guère deviner, certes, le révolté de demain, le déserteur du Catholicisme et le HMiégat au([uel nous aurons biontcM afl'aire. L'homme, en général, est un problème assez com{)li(pié : mais il est certains hommes, Lamennais est du nombre, (pii semblent vrailuenl des énigmes inchW-iiillrables.
Le 7 octobre, il écrivait à son Eugène pour
- le prier d(; régler quelques allaires qu'il avait
à Paris, notamment une question de finances,
au sujet de VArenif\ dont il s'agissait de
liquider la disjtarition. s'il nous est permis de
^1) Cf. Lamennais elr. I, M)l, noie.
parliM- ainsi. Il se plaignait vivomenl de l'imprudence commise à ce sujet par M. Levèque, l'un de ses collaborateurs, ou plutôt de ses associés. Il ajoutait mélancoliquement: « Mon absence de Paris nous a été funeste de bien des façons ».
Il terminait ainsi :
« Tu ne tarderas sûrement pas à recevoir la caisse de livres. Ils sont à Dinan, depuis deux jours. François est venu hier nous voir. Il se porte bien, est toujours bon, plein d'attachement, de dévouement et te dit mille choses tendres. Tout à toi, mon cher enfant ».
Il s'agit sans doute ici de François Dubreil de JNIarzan, l'un des fidèles de la Chênaie où il venait de temps à autre passer quelques jours, afin de se retremper dans l'amour de Dieu et de la Liberté. D'ailleurs le château de la Brousse où il habitait avec ses parents était dans le voisinage.
Deux jours plus tard, nouvelle lettre de Lamennais où il faisait encore à Bore des recommandations multiples sur ses affaires i\\\\ étaient loin, même au point de vue matériel, de marcher à souhait.
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Boiv avait connu nu collège Stanislas le jcuno Maurice de (luérin qui devait acquérir une célébrité posthume. 11 s'était lié d'amitié avec lui cl l'avait engagé à se placer sous la direction de Lamennais, proposition acceptée avec enthousiasme par Maurice (jui fit sa demande d'admission. Lameimais à qui il était recommandé par Eugène comme un sujet de pnullés remarquables, mais de caractère irrésolu. a fiant besoin, avant tout, d'encouragements, de soutien et d'un ami (1) annonçait à celui-ci qu'il l'adoptait parmi les membres de sa jeune famille. .Maurice alors, après être retourné au ('ayla emi)rasser ses parents, prit la route de la ('hénaie.
Dans cette même lettre, Lamennais disait à Eugène :
« Tu expliqueras à (juérin de prendre la route de Saint-.Malo jusqu'à Saint-Pierre de Plesguen i'2), et non celle de Dinan. »
Il ajoutait, en faisant allusion à ce qu'il lui écrivait le 2 octobre au sujet de son frère Léon, fraîchement débarqué d'.VIlemagne :
(1) Mourii-e de Guérin etc., par Trébutien. Ténioi- (jnfujes, 430.
(2) Bouri^ situé à une dcmi-lieuc de la Chênaie.
04 l.AMKNNAIS INTIME
« Tu as bien l'ait do laisser de cùLé les discussions avec ton frère; elles n'aui'aient aucun résultat. Il faut bien qu'il tienne à quelque chose de l'Allemagne ; sans quoi, qu'aurait-il été faire là ? »
Le mot, dans sa bouche, est assez plaisant.
Il félicitait son jeune correspondant de ses arrangements avec M. Combalot qui lui permettraient de vivre dans la compagnie de M. d'Ault-Dumesnil et non plus isolé comme jusqu'alors. Il lui pai'lait aussi de la délicatesse de i\I. de Rainneville et du bon succès qu'il attendait de l'affaire entamée avec M. de Coux ; l'avenir ne devait pas justifier cette espérance.
« Pluie et tempête, ajoutait-il en J^oslscriptum ; voilà le temps (jue nous avons eu depuis notre arrivée. S'il n'est pas trop mauvais mercredi, nous irons coucher à Trémigon, d'où nous reviendrons vendredi; après quoi ce sera fini de voyager pour cette année, à moins que mon affaire de Paris ne tourne mal ; mais je veux espérer le contraire. Après tout, ce que Dieu voudra ».
Cette parole de résignation est particuliè-
remont louchanlo, clans la circonstance, car on sent qn'elle est sincère, et pourtant combien vite et profondément sera-l-elle oubliée, ou combien facilement celui ciui la prononce aujourd'hui se persuadera demain (ju'en écoulanl sa colère et sa passion, c'est encore à la voix de Dieu qu'il ol»éit I
Par un billet du 1"2, Lamennais s'informait auprès d'Eug^ène s'il avait enfin reçu les ouvrajj^es qu'il avait confiés à la dilig-ence à son adresse. Il lui donnait quelques petites nouvelles de Trémig^on et de la Chênaie et lui parlait de l'absence d'Élie de Kertanguy.
■' La tienne, ajoutait-il, m'est plus pénible que je ne puis te dire; mais elle est nécessaire et je me résigne. Adieu, mon enfant, je te serre contre mon cœur ».
Bore, (jualre jours plus tard, répondait:
Paris, le 16 octobre 1832,
« Mon cher Père, j'ai reçu ce matin, votre petit billet, et je vois que vous êtes inquiet de vos livres. Mais rassurez-vous, ils me .sont arrivés mercredi matin, c'est-à-dire le lendemain du jour où je vous fais l'envoi de vos
lettres, en sorte que j'ai été oblig-é d'attendre liuil jours pour vous en avertir. Je craignais dabord en défaisant le paquet que les livres ne lussent quelque peu endommagés, car il pleuvait et l'enveloppe n'était qu'une simple toile. Grâce à vos bons conseils, ils avaient été si bien empaquetés qu'ils étaient en aussi bon état qu'au sortir de votre bibliothèque. Je ne puis vous exprimer toute la satisfaction que m'a causée un semblable cadeau. Castel est encore ce qu'il y a de meilleur pour l'étude des langues sémitiques, et cet exemplaire, marqué au nom des bons Récollets de St-Malo, est de toute beauté, parfaitement conservé et d'une netteté typographique qui flatte l'œil. Cet ouvrage m'était devenu en quelque sorte indispensable et depuis que je l'ai, j'éprouve beaucoup plus de facilité à traduire, parce que je suis toujours assuré de trouver le mot propre. Le Buxtorf est également très-beau, et tout ce que vous avez joint à ces deux dictionnaires (plus le dictionnaire chinois) m'a été aussi fort agréable, et j'ai été touché de cette sollicitude vraiment paternelle qui va même jusqu'à vous dépouiller de vos propres manuscrits.
« Tout cela m'est infiniment précieux et me
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sera lorl ulil(\ Je conserverai ee dépùl avec un i^rand soin; vous aurez sans doute remarqué i\\\e le premier el unicpie n" du journal archéologique que vous avez ajouté aux autres livres a malheureusement deux ou trois feuilles déchirées au commencement de la prél'ace.
« J'ai été, ces jours passés, l'objet de quelques tracasseries au sujet de la garde nationale, ce (pii m'a d'abord fort contrarié, parce que je ne voyais pas le moyen d'échapper à cette réquisition. J'ai comparu devant le conseil de mon arrondissement, et à toutes les raisons que je leur exposais d'étudiant dans les facultés du Collège de France et de la Bibliothèque du roi, et de non-domicilié, on opposait d'autres raisons qui m'auraient condamné, s'il ne m'était venu à l'esprit de me déclarer étudiant en droit ; celte déclaration les a arrêtés tout court et ils m'ont dit qu'ils prendraient la chose en considération et qu'ils s'assureraient si j'étais efTectivement étudiant en droit. Aussitôt après les avoir quittés, j'ai été trouver le doyen de la faculté, actuellement M. Blondeau, et je lui ai dit qu'obligé de suspendre mon cours de droit en 1828 pour diverses raisons, mon intention était de le reprendre celte année, et que je le priais de me porter
aussitôt sur la list(^ (Irtutliant do seconde année^ ayant déjà passé un examen ; il m'a répondu que rien ne s'opposait à cela, et le secrétaire me promit de son côté dattester aux envoyés de la mairie que j'étais réellement étudiant. Ce n'est pas, comme vous le pensez bien, mon Père, que j'aie l'intention de reprendre ces cours, qui par eux-mêmes me seraient certainement fort utiles, si j'avais le temps de les suivre sérieusement, mais comme il ne m'en coûte rien, vu le privilège qui m'a été accordé par mon prix d'Université de prendre des inscriptions et que j'ai vu là un moyen efficace de m'éviter la corvée du service de la garde nationale, j'ai pensé qu'il était bon d'en user.
u Le conseil de révision ne m'a pas encore notitîé sa décision, mais s'il me condamnait, M. Moneuse qui demeure dans le 11* arrondissement (et nous dans le 10<^) mettrait un lit dans un de ses appartements et je serais censé avoir changé d'arrondissement, ce qui serait encore vm bon expédient, car le recensement est terminé dans celui-là. Dans tous les cas, mon Père, no vous inquiétez point à ce sujet, je suis assuré, en usant d'un peu d'adresse, de ne point être enrégimenté. Quant à la garde mobile, j'ai encore mon exemption du prix uni-