‹ Lamennais intimeChapitre 2 sur 54 · I.AMF.NNMS INTIME · texte numérisé non relu

I.AMF.NNMS INTIME

lottres me font de bien... Tu me distrais de moiiiu-nie, de celte profonde tristesse qui me dévore iiitc-rieurement et cela depuis ma première enfance, car je ne me suis jamais senti bien en ce monde ; jeri ai toujours désiré \m autre et quand je détouiMiais mes regards du seul où nous devions espérer la paix, mon imagination, jeune encore, en créait de fantastiques, et ce m'était un grand charme dans ma solitude. Sur les bords de la mer, au fond des forêts, je me nourrissais de ces vaines pensées, et ignorant l'usage de la vie, je l'endormais en berçant dans le vague mon Ame fatiguée d'elle-même. Jamais je ne serais sorti volontairement de cet état; Dieu m'en a tiré en m'imposant des devoirs pénibles et les plus opposés à mon caractère. Devenu malgré moi une espèce d'homme public, j'ai cessé de m'appartenir, etc (1).

Peut-être Lamennais signorait-il — on ne se connaît jamais bien soi-même — toujours estil qu'en s'interrogeant, il n'avait pas trouvé d'autre réponse, et il demeurait persuadé qu'il n'était pas fait pour la lutte, mais bien pour le repos auquel il aspira de tous ses vœux et qu'il ne goûta jamais, durant sa carrière longue et tourmentée.

La seule liberté laissée à l'Église catholique en

(1) Voir Quinzaine, l"Aoùl 189G, p. 349.

Page 1