‹ Lamennais intimeChapitre 23 sur 54 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Souhaits de nouvel an — Soirées littéraires de Montalembert. — Un apologiste compromettant : ses sermons catholiques. — Mélancolie de Guérin. — M. Paravey. — Programme et méthode philologique de Bore. — L'abbé Guéranger. — MickieAvicz et Vllymne à la Pologne.

— Lamennais, dupe de sa bonne foi. — Ses illusions. — Sa situation morale. — Son attitude à l'égard du Saint-Siège. — Ses ennemis acharnés. — Conférences de l'abbé Gerbet. — M. Florival et M. de Ouatremère. — Nouveaux projets de Lamennais : il veut fixer sa vie.

— Ses irrésolutions. — V^oyage de Bore en Bavière. — Doellinger. — Silhouettes de savants allemands. — M. Rio.

Eugène adressait en ces termes ses vœux de bonne année à son bien-aimé Maître.

4 janvier (1833).

« Mon Père, M. d'Ault vient de me prévenir qu'il vous écrit et que, si je voulais profiter de l'occasion, je n'avais qu'à me dépécher ; d'un autre côté, comme il faut que dans une demi-

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heure je sois au Collège de France, je n'ai que le temps de vous faire mes souhaits de nouvelle année ^'ous savez, mon Père, tout ce que je peux désirer pour vous, vous i[ui mètes mille fois ])lus cher que moi-même. Il est difficile de trouver le repos et la paix ici bas; vous ne lavez que trop bien appris dans le cours de votre vie, si pleine de troubles et d'amertume. Ce n'est donc pas cela ce que je vous souhaite, et d'ailleurs le Chrétien, comme vous nous l'avez dit bien des fois, ne doit vivre (pie de sacrifices, et travailler sans cesse, sans jamais se reposer. Ce que je désire pour vous et pour moi, c'est le succès dans l'œuvre que vous avez entreprise, c'est que vos enfants se montrent dignes de votre choix, et dignes surtout d'être les propagateurs et les défenseurs de la foi catholique.

« J'ai été hier, 3 janvier, communier sur le tombeau de Sainte Geneviève et je lai priée de tout mon cœur, spécialement pour vous, puis pour nous tous. Dites à M. Gerbet, puis à Élie, F'rédéric et Maurice ([ue je les embrasse tendrement et en frère.

« M. d'Ault qui voit souvent M. d Ekstein s'était chargé de lui demander le volume que vous réclamez, il paraît qu'il sera un peu dif-

licile de l'avoii'. Laulre livi'c italien csl lesté dans la caisse. Je lenvcrrai avec les autres quand vous le voudrez,.

« C'est hier seulement que M. de ^Moutalembert m'a fait porter les livres arméniens. Il y en a trois. 1° Severiani homelia; 2° Storia letteraria di Armenia; 3° Episiola pastoralis S. Xersetis Clasenjis.

« Adieu, mon Père, je vous embrasse du fond du cœur.

Voire enfant,

Ce langage est particulièrement touchant dans la circonstance où le tient Bore! Les souhaits formulés par lui sont ceux dun fils plein de tendresse et de foi. Si celui qu'il avait le plus à cœur ne se réalisa pas, du moins tous ne furent-ils pas vains ; les enfanls de Lamennais furent dignes du choix qu'il avait lait deux et l'Église ne compta pas de plus vaillants défenseurs ni de plus éloquents. C'est le Père, hélas! qui bientôt cessera d'être digne de ses fils.

Nous n'avons pas la réponse de Lamennais. Bore y fait allusion dans la lettre que l'on va lire. Nous avons seulement du premier un

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bille! (le tiuolijucs lii^iios, tlalt' du 14 janvier. 11 «'cril à son élève de yfarder pour lui les livres arniéiiieus, mais de lui envoyer les ouvraij::es italiens dont il lui a déjà parlé. Ce billet se croisa en roule avec la lettre suivante :

Paris, le 1.") janvier 18.33.

« Mon cher Père, je vous écris le cœur encore tout ému et tout attristé des adieux que j'ai faits à Léon qui est parti hier soir pour l'Allemagne. Bien (pie nous ne nous entendissions plus sur })lusieurs points et que cette dilVérence île sentiments et d'opinions se manifestât malgré nous dans nos conversations, nous nous aimons cependant toujours, le fond de notre cœur ne change pas et nous sentons que nous sommes frères. Il est toujours dur de se quitter, surtout cpiand le terme de l'absence et de l'éloignement est indéfini. Il retourne à .Munich emmenant avec lui Louis qu'il n'abandonne pas, et un autre jeune homme, ancien condisciple du lycée d'Angers que sa petite brochure a changé d'une manière surprenante, en l'engageant à ces.ser la vie plus que frivole (pi'il menait et en lui insj)irant la résolution de venir se mettre sous

sa clirec-lioii pour mieux employer son temps désormais et même pour revenir à Dieu qu'il avait totalement oublié. Cette espèce de conversion ma fait grand plaisir pour mon frère dont je croyais la brochure bien inutile et bien insuffisante pour atteindre le but qu'il se proposait. Quand il n'aurait obtenu que cela, il ne devrait pas regretter sa peine et son temps. J'ai appris que les abonnés de sa Revue avaient mieux répondu à sou appel que je ne l'espérais; le total de la souscription s'élèvera à près de 1500 fr.

« Il paraît que M. Cazalès doit aller à Munich au printemps, et qu'ils publieront là leur journal. J'ignore si cette entreprise sera couronnée de quelque succès, mais ce que je sais, c'est que d'après un aveu de Léon, la pauvre Revue est aux abois, et que depuis l'Encyclique, elle a perdu environ la moitié du petit noml)re de lecteurs qui lui étaient restés fidèles.

« Ce qui fait, mon Père, que je ne vous ai pas écrit la semaine dernière, c'est que je ne pouvais le faire, sans avoir consulté M. de Coux et que, par je ne sais quelle fatalité, je n'avais pu le trouver pour causer de vos affaires, quoique je me fusse présenté plusieurs

lois cIkv. lui. L ;\lVniro dAni^-'lolorrr avanco ; M. r>iitl('r lui a <''ciit ces jours deiMiiiTs (pic le hrovot ôlail pris (>l ([uon allait prochaincnionl, le lui délivrer. Ainsi prohahlemenL M. de doux partira pour Londre.s dans les premiers jours de février: je dis probablement^ car je n'ose l'affirmer, connaissant son penchant à temporiser. La puldication de ses conférences en est une preuve suffisante : il me dil toujours (pie la "2'' et la li" leçon vont paraître incessamment, et cependant rien ne se publie et les souscripteurs se plaignent de tous les côtés. .M. de Coux m'a cependant encore répété ce soir qu'elles étaient achevées et qu'il allait les porter chez, liniprimeur. J'ai attribué cette activité à votre dernière lettre que M. de Coux a lue, et où il aura vu que vous le pressiez aussi indirectement. \'oici ce qu'il me dit de vous répondre relativement à la vente des livres que vous reprenez à .M. W'aille et ïi ceux que vous pourrez publier.

« I)"abor(l il a cherché vainement un homme de confiance qui pût prendre et vendre ces livres, sans être libraire. De deux choses l'une: ou il nauiait ni titre, ni patente, et alors personne ne viendrait chez lui parce qu'il ne serait pas assez connu, ou bien il a une patente

et une enseigne, el dans ce cas il rentre dans la catégorie des libraires et il ne sera pas plus Irailable que les autres.

— <( Il faut, ajoutait-il, passer absolument parles mains de ces gens-là; cest un mal nécessaire et la seule chose à faire, c'est de se précautionner contre leurs friponneries et je crois avoir trouvé ce secret. Le voici: j'ai été trouver ce matin M. (laume, et tel est l'arrangement que je lui ai proposé. Je ferai imprimer à mes frais mes conférences ; je fournis aussi le papier; je sais quel nombre d'exemplaires j'aurai. Maintenant le libraire tiendra un compte exact de tout ce qui sortira de chez lui, et chaque mois nous vériherons ensemble ce compte à un jour fixe. Je lui donnerai huit pour cent de bénéfice et rien de plus. 11 est vrai que M. Gaume demande dix du cent, mais je crois qu'il consentira à n'avoir qu'un huitième. Je conseille à M. Féli d'accepter ces conditions; je ne connais aucun autre moyen plus sur ou plus simple. » —

« C'est à vous, mon Père, de faire connaître maintenant votre décision et nous ferons ce que vous nous direz. L'imprimeur a promis à M. de Coux que dès demain l'on commencerait à composer la seconde édition du petit

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\ï\ro (le M. (lerlx'l, doiil on s'esl in-ocnrc avec beaucoup de peine un exemplaire el il lu a fait espérer que ce travail sérail prochainemenl achevé.

M. de Monlalemberl vous aura sans doute appris qu'on le traduisait en polonais.

« Les soirées hebdomadaires qu'il donne attirent déjà un assez grand nombre déjeunes gens i|ui. je lespère, ii'a toujours croissant. M. de Montalemberl l'ail admirablement, bien les honneurs de ces intéressantes soirées, où tous ceux qui viennent commencent toujours par s'informer de l'état de votre santé, puis par nous dire le bonheur et le bien que leur a causé la lecture de vos ouvrages, et tous aussi expriment maintenant le désir qu'ils ont de voir paraître votre grand travail sur la métaphysique, auquel ils savent que vous travaillez et que plusieurs journaux ont annoncé cette année comme devant paraître prochainement. A ce sujet, je crois devoir vous avertir d'une chose; c'est que M. Combalot avanthier s'est laissé emporter par son zèle et qu'il a développé à un grand nombre de jeunes gens qui faisaient cercle autour de lui et dont la curiosité était piquée à juste titre par le sujet, les bases de votre métaphysique.

Je ne lai point entendu ; c'est M. d'Ault qui me Ta rapporté, occupé que j'étais à causer dans un coin avec quelques autres personnes, du nombre desquelles était entre autres M. d'Assailly. Comme je ne crois pas le P. Combalot assez philosophe pour reproduire nettement vos idées, sans y mèhn- quelquesunes des siennes, et que d'un autre côté je sais que vous avez toujours recommandé la plus grande discrétion à ceux à qui vous avez communiqué votre travail, vous pourriez nous faire connaître par M. d'Ault, M. de IMontalembert ou M. de Goux votre inlonlion sur ce point. C'est le seul moyen de prévenir de nouvelles sorties dans le cas où vous voudriez (ju'on g-ardût sur ces matières un silence respectueux.

« D'après de nouveaux calculs, ces Messieurs se sont convaincus que non seulement il ne resterait aucun fonds de bénéfice à l'Agence, mais même cpi'ils ne pourraient peutêtre pas couvrir tous les frais, soit de la location, soit des mémoires encore non soldés. Ils se réunissent demain chez M. Lévèque pour tirer au clair cette affaire et régler définitivement les comptes. Ainsi il ne faut rien attendre de là pour fournir aux frais de la

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publication de la brochure de jNI. Rohrbachcr. M. de Coux doit vous écrire au premier jour à ce sujet. Il pense que vous ne devez pas sortir de votre silence. J'ai renouvelé votre abonnement à YÉcho. Je n'ai pu encore arracher à ces dames la liste de mon linge. Elles ne répondent rien à Jeanne qui est mon huissier. Je viens de prier M'"" Martin d'aller chez elles faire elle-même cet inventaire; je ne sais si ce moyen réussira mieux. Je puis vous donner une idée de la dépense qu'elles font, en vous rapportant ce que M"'' de Deuil disait l'autre jour à Jeanne. Elle .se plaignait de la dépense quelle faisait, bien que la pauvre fille soit aussi économe pour elles qu'elle l'était pour nous. Elle disait donc que, depuis leur arrivée, elles avaient déjà dépensé plus de 3.000 fr., bien qu'elles n'aient acheté aucun mobilier et qu'elles aient pris le nôtre. Il est venu l'autre jour à notre porte une voiture de Juilly avec un commissionnaire qui redemandait les matelas. Je lai renvoyé à M. Combalot qui lui a répondu qu'il n'avait que le sien à sa disposition, en sorte que ces Messieurs en ont été quittes pour payer le voyage de leur messager.

« Envoyez-moi, mon Père, de temps en

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temps quelque bonne lettre, comme la dernière, elles me font le plus grand bien. Je Aous embrasse affectueusement ainsi que M. Gerbet et mes autres frères qui vous environnent.

Votre enfant E. Bore. »

P. S. — Je vous fais passer une lettre que m'a remise M. Sainte-Beuve. MM. de Coux et d'Ault vous présentent leurs respects ».

Cette longue lettre nous initie de plus en plus aux embarras de toute sorte au milieu desquels se débattait Lamennais, comme aux illusions, aux chimères dont ce grand esprit ne cessait de se repaître.

Le grand travail dont parle Bore parut longtemps plus tard sous le titre d'Esquisse d'une philosophie. 11 coûta beaucoup de peine à son auteur qui en recueillit de son vivant peu de gloire et encore moins de profit.

Nous A'^oyons par l'exemple de l'excellent Combalot que Lamennais eut des apologistes compromettants; ce ne furent pas ceux qui lui nuisirent le moins. Plus tard, c'est également parmi eux que se recrutèrent ses ennemis les plus acharnés, les plus irréconciliables. Ils crurent ainsi se faire pardonner d'an-

cicnnes px.^£îé^ations par des exagérations nouvelles, mais diaint'lralemcnl opposées.

Nenf jours plus lard. Bore écrivait de nonveau à Lamennais.

Paris, le 24 janvier 1833.

« Mon cher Père, j'ai reçu avant-hier une longue et bonne lettre de votre bon frère, -M. Jean. Il me dit que Frédéric demande plusieurs objets qu'il a laissés ici, et que je pourrais vous les envoyer dans la caisse. Je sais que vous attendez aussi cette caisse avec vos livres, et cependant je ne lai pas encore expédiée et cela parce que MM. Treuttel et Wurlz ne mont pas remis les ouvrages de .M. Micali. Dites-moi dans votre prochaine lettre, si je dois différer jusqu'à leur arrivée l'envoi des autres objets. De plus, je ne sais pas positivement s'il faut charger la caisse à la diligence, ou au roulage accéléré, et si je dois d'abord l'adresser à Rennes, M. Jean demandant pour Louis, une trentaine de livres de cocos qu'il avait laissés ici.

« L'insertion d'un long article dans la Gazette des Tribunaux, relativement à votre procès, nous avait jetés tous dans une profonde consternation, parce que nous voyions dans

l'arrèl du tribunal une condamnation définitive. J'ai coui'u aussitôt chez M. Bénoistqui m'a l)ien tranquillisé. jM. de Montalembert a été le lendemain le voir et causer longuement avec lui sur vos afl'aires, et il doit vous en parler dans sa lettre que vous recevrez avec celleci. i\I. de Coux doit également vous écrire; il me répète toujours qu'il partira dans les premiers jours de février.

« M. Eugène Burnouf ouvrait avant-hier son cours, en remplacement de M. de Chézy. Le nombre des auditeurs était véritablement prodigieux, et il semble que tous les esprits soient instinctivement attirés vers l'Orient. Nous devons expliquer la Bhagavadgîtû, livre fort obscur, non pour le texte pur, mais pour les idées philosophiques qui y sont agglomérées.

« Ma santé est bonne, et toutes mes heures étant réglées, je ne fais aucun excès de travail. Plus j'avance, plus je vois combien il me faut encore de temps pour savoir quelque chose. Je ne suis tout au plus que sur la voie; cependant je lisais hier le proverbe chinois un peu consolant: « Aimer rétiide, c'est approcher du savoir ». Du reste, mon Père, je ne m'inquiète de rien, parce que du fond de mon

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cœur, je no travaille (jue pour Dieu, bien que je ne le lui dise pas assez souvent des lèvres. Pensez à moi dans aos prières. .le vous embrasse coinnie je vous aime, vous et tous mes aulres IVères. l\aiipel{>z-moi particulièrement au souNcnir de M. (îeiltel ».

Le sludieux J(Mine homme avançait lro[) lenlemenl. à son i^ré. dans lélude des langues et pourtant Dieu sait s'il perdait une minute. Il avait cet élan tpie Lameumiis réclamait de ses élèves et nul doute (ju'il ne fiU devenu un savant de premier ordre, s'il n'eût pas été plus lard détourné de ses études par des occupations plus importantes encore.

A celte épocjue même, il se voyait contraint de laisser de temps à autre ses livres, pour veiller aux intérêts de son Maître, comme le prouve la longue lettre (pii suit:

Paris, le G I-"évrier 1«3:3.

<' Mon cher l'èic, M. de Coux vient de m'apporter la lellre de M. liullcr ipii lui annonce que le brevet lui a été remis le '29 janvier. C'est de ce jour que courent les six mois, temps accordé par la loi, pour prendre en Irlande et en l-]cosse des brevets, si l'afTaire

LAMKNNAIS. — 11.

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réiissil en Angleterre. Ainsi M. de Coux no peut difïérer long-temps son départ. Lundi prochain il doit prendre jour au bureau des paquebots, et il nous quitterait dans la semaine du carnaval. Le premier pas est fait. Dieu veuille que cette afTaire réussisse; c'est pour sa gloire que je forme ce souhait, parce que je crois que nous trouverions là des ressources inépuisables, et que vos œuvres pourraient prendre un plus grand développement. M. IMoneuse doit l'accompagner, ce qui n'avait pas été stipulé dans le premier marché, grâce aux friponneries de M. Blumm, qui de son côté va se trouver délaissé, au moment où il aurait eu le plus grand besoin de son associé. La présence de j\L Moneuse simplifiera beaucoup l'affaire, et dans six semaines au plus tard, nous saurons si nous n'avons point été abusés par de vaines imaginations. J'ai su par M. d'Ault, qui est encore assez souffrant d'un rhumatisme qui lui a fait garder le lit douze jours, que M. Combalot vous avait écrit et d'une manière peu convenable, et que vous aviez répondu à ce sujet à Montalembert par une lettre fort expressive. Je suis peut-être la cause de ce mal, et cependant je vous assure, mon Père, la cause bien innocente, car vous

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