‹ Lamennais intimeChapitre 30 sur 54 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Paroles d'un crojjanl. — Enthousiasme soulevé par ce pamphlet. — Gcrbet et Lacordaire. — Lettre de Fabbé Jean à l'évèque de Rennes. — M. de Coriolis. — L'inde.c poliliqiic. — Opinions républicaines de Lamennais. — L'encyclique Simjulari nos. — Conseil de Bore à son Maître qu'il visite à la Chênaie. — Lettre de l'évèque de Rennes à Lamennais. — Béranger. — Société de Saint-Pierre. — L'évèque de Sainl-Brieuc et ses démarches auprès de Lamennais. — Liszt — ■ Zèle intempestif. — Bore demeure lidèle à son Maître, ses illusions. — Préface de la troisième série des Mélamjes. — Le Moyen Age et ses admirateurs. — Madame de Vaux. — Montalembert adhère aux deux Encycliques. — Henri Heine.

Lamennais passa à Paris plusieurs mois, depuis novembre 1833, jusqu'en avril de l'année suivante. Sa situation vis-à-vis de l'autorité ecclésiastique était de plus en plus tendue, en dépit des formules de soumission qu'on

avail exigées de lui et qu'il avait signées (1). 11 él;ul de retour à la Chênaie le 27 avril. Trois jours plus tard parut le trop célèbre pamphlet, les Paroles d'un Croyant. Ce fut un formidable éclat de tonnerre. Toute l'Kurope en retenlil.

Bore écrivit la lettre suivante, sous le coup dune émotion trop violente pour être réfléchie.

Paris, le 2 Mai 1834.

Mon Père,

« Je n'ai pas encore eu le plaisir de mentretenir avec vous, depuis que vous nous avez quittés, en nous laissant comme de pauvres orphelins, et en creusant par voire absence un vide (jue nul autre ne pourra combler. Elie vous a écrit plusieurs fois. Je lai laissé agir seul, ne concevant aucune de ses craintes, et pensant bien que vous ne changeriez pas votre première résolution. Votre ouvrage a paru le 30 avril, on eût dit un compliment pour la Sainl-Philippe. Il nétail ([ueslion partout (pie de ce livre cpii aura, je crois, un long retentissement. 11 a produit la plus vive im-

{l)Forgues, II, "i't'i et seq.

pression, sur ceux mêmes qui lavaient ouvert avec (les préve:ilions défavorables, ('hose singulière, les journaux légitimistes en parlent jusqu'à présent d'une manière favorable 1 C'est qu'au fond il est bien difficile de vous attaquer, il faudrait s'élever à votre hauteur, embrasser tout ce vaste ensemble de vérités qui se trouvent réunies en quel([ues pages, et personne ne s'en sent la force ni le courage. La plupart de vos amis redoutaient celte publication et le jugeaient inopportune, c'est ce que j'entendais dire, dimanche soir, chez M. Janvier. M. (ierbet, qui est Aenu de Juilly, ces jours derniers, en était tout préoccupé. Quant à moi, j'espère (pie ce grand coup, frappé au milieu de ce silence et de cet abattement universel où la France est plongée, réveillera beaucoup d'âmes assoupies, et fera naître la notion de la vraie l^iberté, chez celles qui ne la connaissaient point aussi belle et aussi pure que vous nous la présentez. Le plat journal de Bailly improuve quand tous les autres journaux approuvent: il se donne un air d'arbitre imparlial vraiment curieux. Il contient aujourd'hui un long arti(de de Lacordaire, vague et exagéré, <-omme tout ce qu'il fait, et dans le(juel il termine son tableau de l'Église de France, en

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