‹ Lamennais intimeChapitre 34 sur 54 · LA.MENNAIS · texte numérisé non relu

LA.MENNAIS

« El VOUS, mon Pèro, que faites-vous? J'ai appris avec une joie indicible que vous alliez nous donner une belle préface...

« Dites à Élie que notre afîaire marche, j'y mets tout le zèle dont je suis susceptible. Aujourd'hui nous nous sommes vus et nous avons causé. Tous ont le plus g^rand amour du bien. On voit (jue Liszt a passé à la Chênaie. Il vous envoie un Fausl avec les belles gravures de Lacroix. C'est lui-même qui les a choisies pour vous. M. Richard, que je vois de temps en temps et qui travaille actuellement à un article fort intéressant sur la phrénologie, vous envoie des livres. Je lui ai remboursé l'argent qu'il a dépensé.

« La pendule est chez l'horloger, il doit nous l'apporter la semaine prochaine, je ne sais encore ce qu'il me demandera.

« M. Combalot est dans une position où il ne faut guère espérer qu'il paye ses dettes. Il est malade et il ne peut prêcher VAvenl, comme il l'espérait. Toutefois je m'adresserai encore à lui plus tard.

« M. de Montalembert n'est point encore arrivé. Me conseillez-vous de lui parler de f affaire'! M. Rio me dit qu'il pense actuellement comme lui, je le plaindrais bien, car lui

(Rio; esl, dans un singulier ('hil ; la (hM'iuri'c lois que je l'ai vu, i"esl mardi, je crois, je n en ai })as élé eonlenl... Il vous reproche de calomnier le Moyen Age et d'altaqner un sysit'me si callioli(iue (|ue nous devrions admirer à j^enoux, rôle daulanl plus triste, ajoule-l-il, que les non calholiipies. comme Michelet, Ampèi-e. etc. en l'on! le plus i^rand éloge.

« Son frère s'est présenté l'autre jour au Séminaire de Saint-Sulpice, parce qu'il pense à l'étal ecclésiastique. On lui a fait bon accueil, mais le lendemain on ne l'a pas aussi bien reçu. 11 paraît qu'on avait élé aux informations et que l'on avait appi'is que f'Rioi ayant eu des relations avec vous était pai' conséquent un être dangereux et que par conséquent son frère devait s'en ressentir. Bref, on l'a reluit'. ce dont M. l>io paraissait très mortifie.

« Je n'ai pu eneore trouver à céder la chaml)re inoccupée. Werner et Araédée que j'ai à peine entrevus me doivent encore une somme assez forte de l'année dernière, preuve nouvelle cpi'il ne faut jamais faire trop d'avances aux autres. M. Liszt ne m'a parlé de rien, .sans doute par oubli.

" Adieu, mon Père, je vous embrasse comme je vous aime, c'est-à-dire, alTcclueuscment et

élroitement. Mille choses au cher Élie, et à son neveu, ainsi qu'à David, pour qui je n'ai encore rien trouvé. Mme de Vaux va un peu mieux, elle regrette vivement de ne pouvoir vous écrire. C'est une femme admirable, (^.omme elle vous est attachée!... Adieu, mon Père ».

Le 31 décembre, Lamennais répondait à Bore qu'il avait beaucoup soufTerl de ses spasmes. 11 le félicitait du nombre de ses élèves et lui demandait de lui envoyer sans faute ses publications, pour rompre un peu la monotonie de sa solitude.

<( Nous n'avons guère ici d'autres distractions que de planter des arbres et d'en élaguer d'autres. Ouand tu reviendras nous voir, lu trouveras beaucoup de choses nouvelles ».

Il l'invitait à aller de sa part faire visite à Mme de Vaux.

u Cette excellente femme est un résumé de toutes les misères humaines », disait-il en faisant allusion à son état valétudinaire. Il ajoutait :

« Rio ne fera pas fortune avec ses folles idées. Je lui crois un bon cœur, mais il a une

cil. IV. — 1834 30U

Iticii pjunre \r\c. (^n pouri'iiil lui dire, je crois, et* ([MO (iiuMicau disail au liouliouimo qui 1(^ poursuivait de sa uu-lapliysicpic : Oiuind vous serez deiijr , comptez -moi jxnir le Iroisième. l^ersonno ne nie ([ue le Moyen Age n'olïVe des choses très belles; mais d'en faire le type <le toute perfection , el particulièrement de la licrfection sociale, cesl cela qui esl extravagant. Du reste, j'ai remaripié (jne ces gens-là man(|uaient entièrement du sentiment de l'humanité. C/est là surtout ce qui me dégoûte lieux. Leur poitrine est vide comme leur lèle. .le ne parle pas de Montalemhert. ('elui-ci a <lu cœur, mais malheureusement point de raison. Xe lui parle pas de ton alTaire; ce serait tout au moins inutile. Du reste, je ne sais j^Ius quand il reviendi-a à Paris. Sa dernièi'C lellie (Mail (le l*isc, où il venait de l'aire une sottise solennelle, en envoyant, lui laïcpie, son adhésion aux deux encycliques que personne ne lui demandait. Son voyage ici est très douteux; il naura, en tout cas, lieu (pi'au piiiitemps et bien des circonstances peuvent le d»'-ranger.

'< J'ai (pielque soupçon cpTil exisie de nouvelles intrigues contre moi. La haine ne .se lasse point. Je suis au reste préparé à tout ».

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. Nous avons lenu h citer tout ce passage, malgré sa longueur; il nous montre, ce semble, assez bien le tra>ail (pii s'opérait de plus en plus dans l'esprit du solitaire de la CJiênaic. C'est la justification du vie soli. C'est ainsi qnil blâme Montalembert dont le nom était cependant assez engagé dans l'alîaire de V Avenir, d'avoir protc^sté auprès du Saint Père (pi'il se soumeltait à ses décisions concernant les doc- Irincs de ce journal, en même temps ([uil répudiait toute solidarité avec Fauteur des Paroles d'un Croijanl.

Les intrigues dont parle Lamennais existaient sans doute, car ses ennemis ne désarmaient pas ; mais tout cependant n'était pas intrigues et bon nombre des adversaires de ses idées ne lélaient i)()int de sa personne ; il généralisait suivant son habitude et ici, connue toujours, à tort.

11 priait Bore de remercier poiu' lui Liszt de l'envoi du Faust.

On sait (pie Rio, l'auteur de YArl chrétien^ admirait passionnément le Moyen Age, de même (pu^ Montalcndjcrt, et plus encore, peut-être. Le motif de cet amour était fort honorables ; cette époijue lui .semblait avoir été l'âge d'or du Catholicisme. Mais, suivant

l'ordinairo. renlliousiasme rempècliail d'apercevoir les lacunes cl les fautes inhérentes à riiumanilé dont l'ère des Croisades, si chevaleresque fùl-elle, ne fui pas phis exemple que noire temps. Lamennais ne pouvait excuser Rio ni ses pareils de voiler de parli ])ris les plaies sociales ([ui l'ni-ent alors si vives, si douloureuses, et souvent si sanijflantes. 11 y voyait une absence de cœur, non moins qu un défaut dintelligeucc : Leur poitrine est vide comme leur tête.

Lamennais fut toujours du nombre de ces esprits que Mme de Sévigné qualifiait plaisamment d'exagéreurs. 11 blâmait avec passion la passion chez, autrui.

La lettre de Lamennais se croisa en chemin avec celle que Bore lui écrivait le même jour, en l'accompaj^nant d'une nuire fort intéressante que l'un de ses amis lui adressait de Home.

Ce 31 (léccniljrc 1834.

< ^b)Il clici' l'ère,

<• J'ai été voii" ce soii' .Mme de \ aux 1 ), femme

(1) Komiiu' <1 une pitHé nitssi IVriiif qu ardciilc, elle cotilinuu toujours de voir [..imennais duiit les premiers ouvrages avaient produit sur son ànie virile

a(lniiral)le par l'élévation de ses idées, par ratlaclu'inent sincère qu'elle a pour vous et surloTit par l'énergie et la patience avec lesquelles elle supporte sa maladie. Je l'ai trouvée très soutirante, son état m'inquiète ; je crois (ju'elle va toujours s'atTaiblissant. Elle m'a dit (ju'elle crachait le sang ; sa voix est presque éteinte et elle parle avec une extrême difficulté. Elle semble conserver de l'espoir et elle me répète toujours qu'au printemps elle ira jus- (pi'à la Chênaie. Les médecins lui ont défendu décrire; elle se résigne, soutirant beaucoup de cette privation et disant que la première fois qu'elle touchera à une plume, ce sera pour vous écrire une longue lettre. Votre nom est toujours sur ses lèvres, et elle ne le prononce qu'avec respect et un vif sentiment d'admiration. C'est elle qui dans son ardent prosélytisme a gagné tout à fait à vos doctrines, m'at-elle dit, le jeune comte de K... qui avait une extrême envie de vous voir et quelle vous adresse aujourd'hui en vous le recommandant

linfluence la plus décisive. Elle se fil religieuse et fonda, en 1842, la congrégation des Sœurs de Saint Louis, qui se consacrent à l'éducation des jeunes personnes. Née en 1800 elle ne mourut qu'en 1884. Sa longue existence fut un apostolat continuel.

sjHMialotiKMil. S;i position, son nom cl sa fortune lui p(M-ni(M(ront de soutenir penl-(Mre activement notre cause, et j'ai pensé (iii'il pourrait aussi s'unir à nous, (piand il sera préj>ar«''.

!■ Telles sont les choses, vous leerufez dun C(Mé, tandis (jue vous perclc/. de l'autre. Toutefois je ne puis encore ci'oire les journaux relii^ieux (jui répètent en triomphant que ("harles de Monlalembert a détinitivement rompu avec vous cl (piil vient d'envoyer de Pise une déclaration au (lîirdinal Pacca, dans hupielle il rétracterait .ses erreurs. Otte nonvelle me semble si extraordinaire, el jai une si bonne idée de AFonlalend)ert tpie je ne puis y croire, attendant impatiemment le jour de son retour, pour savoir au net oîi il en est. Rio m'a dit qu'il l'attendait vers le 15 janvier. Ouant à lui. malgré sa dissidence à laquelle il est porté plutôt par une velléité de légilimisme que par c<mvietion, il me témoif^ne beaucoup d'égards et il m'invite à ses soirées, bien que je ne sois peut-être pas à ses yeux suffisamment ealliolique. .lallribue ses avances à votre propre amitié, ([u'il honore en moi et ([uil veut conserver quand même.

« Le mouvement n'est point ralenti par ces

défections: les exceptions ne détruisent pas la rèii^lo. Le jour de Noël, j'ai été dincr avec Liszt et quelques jeunes gens au nombre desquels était le D'^ Leuret qui est plein d'amour pour vous. Les Paroles cran Croyant lui ont, m'a-t-il dit, rendu la vie. C'est son évangile social.

« Heine, cet être trop connu, se trouvait là. Il rend justice à votre talent, mais il me disait que, s'il s'en sentait la force, il vous attaquerail. Il vous regarde comme plus dangereux pour le philosophisme (le sien, je pense) ({ue le Catholicisme même. C'est un être ([tii ma inspiré de l'horreur. Le blasphème ou la plaisanterie froide et ordurière sont toujours dans sa bouche.

« Dites à Elie que loas nous sommes inlimemenl unis. Nous formons un nouveau corps dont vous êtes l'âme et que vous animez en restant invisible. Je suis inquiet de votre santé, donnez-nous de vos nouvelles. Un million de souhaits avec l'année qui commence.

« Je vous embrasse, comme je vous aime. Frédéric éciit à Elie.

Tout à vous, E. Hoiu'j. »

« Vous recevrez la lettre (jue vous m'avez en-

cil. iv. — 1834 315

voyre. Elle est do Fourré. Les détails qu'il me donne sur lîoiue sont assez intéressants pour que Je vous les co!Uiuuni<iue. (lodin y joint aussi deux au Ires Ici 1res a<lressées à MM. (loMiltaloI et Dulac. Je ne les connais pas. Toulert)is elles confirmeront la mienne. — Atlieu.... »

Bore, comme un yraud nombre daulres, pensait (pie, par IKneyelique .S//2(y;//</// //o.s. le SouM'raiu Poiililc n avait pas voulu foiiuuler contre LameiUKiis une condamnaliou doctrinale à proprement parler, en dépit de certaines expressions, assez précises cepcudaul , nuiis seulement nu'ttre son dernier livre à Vliulex polilique, suivant l'expression alors usitée. C'est ce qui explique le langaii^e que l'on vient de le voir tenir. A aucun monu'ntd'une vie si noblement, si i^t'-néreusemenl dépensée au service de l'Ei^lise, Bore n'eut la pensée de lui mai'chander son obéissance. Croire le contraire serait outrag"er iJi^raluitemeut sa mémoire. 11 faut donc, pour apprécier sainement ses paroles, faire la part exacte des choses, et se placer au point de vue au([uel il croyait pouvoir légitimement se placer lui-même. Les détails que le lecteur trouvera plus bas achè-

voronl, nous Tespérons, do l'édifie]' complèlemcnl sur ce point.

Notons enfin qu'à celle épocjue, ceux (jue Bore qualifie de légitimisles, lels <}ue Rio, eslimaient qu'on ne pouvait être calliolique et républicain à la fois; les deux épithèles leur semblant inconciliables. Autres temps, autres dogmes. Aujourd'hui, certains républicains de fraîche manjue professent qu'on ne saurait, sans sortir de l'Église, demeurer fidèle à ses convictions monarchiijues. Heureusement pour ces dogmes laïcs ils peuvent varier sans rien perdre de leur... valeur!

CllAlMTHR V

Lf cardinal Micara. — Les PP. Oliviori et ^'enlura. — Si'paratioii du Ivùuc et de lautel. — La \'eiidée républicaine. — Détails sur la condamnation des Paroles d'un Croi/anl. —Soirée chez le prince Horirlirse. — Laniarlinc et le parti social. — End)elliss(MH('nls de la Chênaie. — Le cabinet noir. — Publication de la Préface des Troisièmes méhuujes. — M. Hautain. — h'Unirers reli(jieuj-. — Le juslc milieu. — Première conférence de Lacordaire à Noti'e-Dame. — Lrs amis de Laiiiciuiais mis en suspicion. — Problènii's insolubles. — Les accusés dMrril. — Douane intellectuelle de rAutriche. — \'oya^e de Bore en Suisse et en Italie. — Le P. Pascal. — Lamennais vend sa bibliothèque: il ne veut plus s'occuper (pie de jardinage.

\'()i<i la lellre de Fouri'é. Klle avait peulèlre été adressée à La (Miènaie, dans la pensée «pie Bore s'y trouvait encore. Lamennais Taurail alors retournée à celui-ci.

(Janvier 1835).

Mon cher Kugèno,

« Je viens de recevoir une lettre datée de

Romo, le 2 décembre, qui me paraît si intéressanle que je crois devoir vous en transcrire une partie pour que vous la mettiez sous les yeux de j\l. de Lamennais dont M. Banchereau et moi, nous n'oublierons jamais l'accueil si bienveillant et si palernel. La manière de voir de notre clergé, ma position personnelle, surtout mes vertueux parents qui sont loin de partager mes idées, me font réclamer en toute circonstance le plus grand secret sur mon nom et ma personne. Je copie :

— « Il y a quelques jours, mon cher Louis, j'ai fait la meilleure des rencontres; si elle ne peut suffire à mon cœur, du moins elle satisfera, je l'espère, à mon intelligence. L'n jeune prêtre français pour qui l'on m'avait remis une lettre et que je cherchais vainement depuis <pie je suis ici, s'est rencontré avec moi dans la même maison... Nous sommes sortis ensemble. Chemin faisant, la conversation est tombée sur le solitaire delà Chênaie; d'aboi-d chacun de nous sondait le terrain et marchait en éclaireur, mais il ne nous a pas fallu longtemps pour nous reconnaître. L'aveu a été cordial, expansif, bientôt nous en sommes venus aux confidences et sur ce j'ai des choses bien curieuses à vous dire. Avant, je veux vous parler

<riiii luiinmo le plus aiinabl»\ comiiu' lo plus insliuil, pout-èh-o, qu'il y ail à Homo, du Père Ventura à qui mon jeune abbé m'a présenté en attendant sa visite au cardinal Micara et au père Olivieri, tous les deux partisans déclarés de rillustre lîreton. Le Père Ventura n'a pas plus de (piarante ans, il est grand, ses yeux sont pénétrants et d'une rare vivacité, sa figure annonce la franchise et la bonté. C'est avec toute la grâce possible (ju'il m'a reçu. On lui a dit ([ue j'étais Français et Vendéen. Cette dernière qualité a paru exciter sa curiosité. La veille il avait eu une lutte terrible à soutenir avec yi. Bérard des Camans, il croyait que je venais recommencer le combat. Son étonnement a été très grand (piand il a vu un enfant de la ^'endée nier riuunuiabilité du monde, reconnaître le présent, plein de foi dans l'avenir, voulant la liberlé et le bonheur de son pays, abstraction faite des formes, sans s'emiiarrasser du mode de gouvernement, pour peu qu'il soit juste, libre de famille ou de personnes (.<iic\ intérêts absolument secondaires et peu iniportanls, excepté pour les égoïstes et p(jur les niais. Il m'a saisi la main avec une ex[)ression infinie et me regardant fixement. — Votre famille ne s'est-clle pas sacrifiée dans

la guerre de la Vendée? — Vingl-neulde mes parents y sont morts, mais celait pour leur Dieu, et si le nom du Roi se confondait dans leur pensée avec ce grand nom, c'était en tant que la royauté leur apparaissait comme une personnification de la divinité et le soutien de la religion sur la terre. — Ne pense-f-on pas encore ainsi? ^ — Non, Révérend Père, les idées sont bien changées, la foi est la même, mais le trône est à jamais séparé de lautel ; les idées de progrès et de régénération véritables se font jour à travers le gros bon sens de nos paysans. La preuve en est les derniers événements; j'étais sur les lieux; des efforts inouïs furent tentés, peu voulurent y prendre part, la masse répétait partout: Et pour qui et pour quoi voulez-vous que nous mettions à feu et à sang notre patrie? Aous cultivons nos champs en liberté, leurs produits suffisent aux besoins de nos familles, personne ne vient nous troubler dans le culte que nous rendons au Dieu de nos pères. De grandes infortunes peuvent nous affliger, mais la privation de notre Dieu et de notre liberté pourra seule nous appeler au combat, alors nous saurons mourir. Le capitaine Galleran (1)

(1) Cf. Forgues II, 301, note. Cet officier avait dé-

cil. V. — 1835 321

;i (lil 1111 mol Mtlniiraldc lorsiiuaiix assises de Hlois. il sesl écrié: Ce peuple exl l'crUahlemenl Répuhlicain. — (^es paroles lOiil j'ai! tressaillir <le plaisir. — En vérih-, en M'rilé, répé(ail-il, <-e pays est priviléj^^ié ; eoniprenanl bien Dieu, il est impossible qn'il ne comprenne pas la liberté. — Dès ce moment, il n"a plus eu de retenue avec moi, il m'a i>arlé à (-(eur ouvert, et pendant deux heures, il m'a dévelo|)pé une partie de ses vues polilicpies, absolument idenli(pies à celles de notre l'i'eton. Il était lard, il a fallu nous (piitter. Lue invitation pressante <*l réitér»''e m'a engagé à l'aller voir dés le surlendemain. Nouvelle conversation sur le même sujet et avec plus d'abandon encore. Je brrdais de savoir son avis sur le dernier cnivrag:e, mais je tremblais d'èli'e indiscret. Sans m(^ din^ positivement sa pensée, il me la laissé voir suriisamment en me racontant deux faits très curieux. Un libraire d(^ Florence a fait deux traductions des Paroles; en peu de temps il en a vendu pour plus de cent mille francs. La cour en a été informée ; on a fait des

doré dans sa déposition, au siijol (\c l'»';ctiaulTonrée dt' 1832: « Les Vendéens ne sont |»eul-èUe pas lépu- Iilicains poIili(pies, mais ré[)iil)li(ains de moeurs et d idées, ils !<• sont 1res ccrloineineiit ».

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