INTRODUCTION IX
!)«' et' iKniihre fui Hort'\ (ju'il csl Iciiips une nous jHvsiMilioiis au Ifctcui'.
Ilutr»'ii<' IJniv ii;niiiit il Anircrs, If 1.') août ISOÎ), le li'oisii'inc de ciiiii ciiriiiils. Sun porc, aprrs avoir lail hrillaiiiiiu'iil les rainpaiiriH's de la Wrpulilicpic ot coïKpiis SCS ifnuU's sur le clianip de (llioiuicur, (piitfa le service en 18(l"2. Il était cher (le lialailloii. l'ric recett*' particulière lui lui acrordc'c pour prix de ses fatigues et d<' sa valeur. Dix ans plus lard, il uiourail, laissaul à sa veuve le soin d'élever sa jeune et nondjreuse lauiille. Mme Bore fut digne de la làclie qui lui iiiconiltait : elle sut ins|)irer à ses eidants les sentiments de hniilc |iiélé ipii ranimaient ellemême.
Kugène se lit rcniar(]ucr de lionne heure jiaises rares aptitudes intellectuelles et ses rpudités morales, j)Ius précieuses encore. 11 étudia dabord an collège de Cliûteau-Gontier, alors dirigé par un ancien confesseur de la foi, Talthé lloréan, puis dans les petits séminaires de Cond)rée et de .Montmorillon. Sa mèi-e, j)our alléger sans d(»ufe les sacrilices qu'il lui coûtait, et surtout alin de les pouvoir l'éparlir plus également entre tous ses enfants. le rappela près d'elle et le (il entrer au «•ollège d'Angers. Partout Eugène se distingua pai' sa piét('', son travail et ses succès. Le grand maiti'e de llniversité, Mgr Frayssinous, informe des mérites ilu jeune lionune, lui donna
» LAMENNAIS INTINE
une bourse qui lui permit de conliiiuer ses études à Paris, au collège Stanislas, doni le principal étail ral)bé Auge. On était en 1826. Il était alors élève de l'hélorique, mais telle était sa supériorité sur ses condisciples qu'au bout d'nn mois on l'invita à passer en philosophie. Avant d'aceeptei-, il voulut consulter sa mère qui lui répondit par ce mot touchant :
« Je te laisse lil)i'e, mais je souhailc de tout mon cœur que tu entres en pliiloscipiiie, puisque cela doit me procurer la douce consolation de l'avoir un an plus tôt j)rès de moi ».
Au liout (le l'aïuiée, et comme couronnement de ses études, le jeune Bore, remporta le prix d'honneur au concours général. M. de La Hallaye, au ti-avail de (jui nous empruntons ces détails, ainsi qu'à la notice consacrée à la mémoire de M. Bore i)ar l'un de ses confrères (nous citons plus loin ces deux ouvrages), observe que l'un des sérieux concurrents du jeune philosojdie, à ce concours de 1827, lut Allreil de Musset, élève du collège Henry IV. Le lauiéat se réjouit de son triomphe, surtout à cause de la joie que sa mère devait en ressentir. Plus tard, nous verrons en quelles circonstances il se le rappela pour en tirer parti dans l'intérêt de ses études.
xV la reidrée suivante, il revint au collège Sla-
INTIIÛDUCTION XI
nislas {\'i\n il siiiv;iit à I;i l'juiillt' les i-oiirs do droit. Au lunis ilc juin I8'2>^, il cul le niallifur lU* prrdr»' sa nirn". innllifiir ilonl on ne se console pninl. suivanl la parolr (l'iiii lidiniiic (•('Ic'ltrc. ("t'^f ainsi (|uil rcsiail orplicliu à dix-nrul" ans. Il aliandonna rôlndc du «li'oil |)our se cousacivr à (■«•11»' lies lani^uos. |)i-inii|>al<'Mi('id dt>s idiomes scniili<|urs. par unt' sorlf «le pr('ss<Mdiui('nl du rôle (piil ('lait appelé à jouiM" plus tard en Orient.
Depuis^ loufjhMups déjà il voulait se consacrer à la délense de la vérité (•atli(>li»[ue; mais il ignorait encore la direction précise cpiil devait prendre dans ce l)ul. C'est alors quil apprit qiKi l'abbé de Lamennais, lauleui" de Vlîssai sur rimli/fï'n'nct' dont le nom vibrait sur toutes les lèvres et qui ('lait à Tapoirée de sa irloire, faisait appel aux jeunes ltimis de bonne voUtnlé, pour les «rouper autour (.le lui et les pr(''parei' aux luttes prochaines contre l'impiété sous toutes ses tonnes. Il frappa à la porte de la Chênaie. Lamennais le reçut avec enipres.sement et ne tarda pas à recoiniaiti-e la piV-cieuse i-eci'ue qu'il venait de faire.
Le célèbre ('crivain paraissait aux yeux de tous connue un liomme providentiel et le jeune Boré> .s'estinmit heureux de pouvoir, sous un si vaillant capitaine, condjattre le bon coudjal. 11 se disait avec le proverbe bi'cton: " (^elui qii<' l)ieu protège
doit prolt'ger les autres » (I), et il venait se iiielti-e sous 1 égide du nouveau Bossuel, conMue ou (lisait eneore. Cependant, pour suivre ses études philologiques aver succès, il dut se fixer à Paris et se lioruer H venir de tenips à autre à la Chênaie où il passait eu grande partie ses vacances; mais il entretenait avec Lauienuais une correspondance iirtive. le mettant au courant de ses études et de tout ce qui pouvait lintéresser. D'autre i)art, comme nous le verrons, Lamennais séjournait à Paris, chaque année, pendant i)lusieurs semaines, parfois même de longs mois : le Maître et le disciple ne sécrivaient i)lus alors; ils vivaient sous le même toit.
Au mois de lévrier 1830, après un premier stage à la Chênaie, et à lissue d'une retraite, Hnré consigna par écrit les résolutions suivaides, elles constituaient le règlement qu'il se proposait de suivre à Paris même.
" Je promets, afin de me conserver: 1" de faire matin et soir ma prière ; de plus, le matin, une méditation et dans la journée au moins une lecture pieuse; —2" d'entendre la messe tous les jours, lorsque je le pourrai; — 3» d'aller à confesse tous les samedis et de m'efïorcer d'être jugé digne d'approcher du Très Saint Sacrement; — 4" d'éviter toute société de jeunes gens de... et
(1) Ann nob hon skoaz Douea, reiii< si<oazan ro ail.