‹ Landry vs Hamel [microforme] (volume 2)Chapitre 42 sur 68 · PEACE · texte numérisé non relu

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M. Hamel me demande pourquoi je le fréquentais si je le considérais comme un prêtre dangereux? Je ne vois pas pourquoi M. Hamel me pose cette question devant le public, après dix-huit années de relations, quand il lui est si facile de répondre lui-même. Il y a de ces choses qui ne peuvent guère se dire dans la presse. Le public intelligent a d’ailleurs, dans la lettre de M. Hamel et dans la présente, tous les éléments nécessaires pour résoudre ce nouveau problème.

J'ajouterai seulement ceci: Que nos polémiques universitaires ayant commencé quand je n'étais encore qu'élève, je les ai continuées depuis, toujours en combattant M. Hamel, toujours avec l'espérance de faire prévaloir mes idées, comme cela est arrivé effectivement sur quelques points.

Mais, ajoute M. Hamel, je reproche à M. Livernois d'avoir gardé le silence vis-à-vis l'autorité compétente.

Ce reproche m'étonre extrêmement de la part de M. Hamel, car j'ai eu assez de reproches pour avoir fait ce qu'on me reproche aujourd'hui de ne pas avoir fait.

Je ne me suis pas plaint! Mais pourtant le dernier paragraphe de ma lettre est là; et M. Hamel m'a compris: “ Je me trompe, il parle. , Mais ici je lui demanderai de nouveau : Pourquoi vous permettez-vous de présumer des faits essentiels pour lancer, ensuite à la légère, des accusations aussi graves que les vôtres?

Vous dites que j'ai parlé, mais non pas à qui de droit. Qu'en savez-vous ? Ai-je en aucune manière fait croire que ce n'était pas à qui de droit ? Et quand je dis que j'ai écrit, que “ J'écrivais, , comment pouvez-vous venir dire: “ Il parle, mais à l'oreille d'un petit comité, etc. , pour ensuite lancer les mêmes accusations de conspiration et de colportage dont vous avez abreuvé un de vos professeurs honoraires.

3° M. Hamel en appelle à M. Livernois en sa qualité d'avocat, et s'exprime ainsi: “ Quel est l'avocat qui voudrait affirmer qu'on peut baser une accusation grave sur quelques phrases isolées, détachées d'une conversation intime? ,

J'accepte la thèse de M. Hamel, mais déjà je lui ai tait remarquer que nous différions sur l'hypothèse. En effet, il ne s'agit pas de queiques mots saisis à la volée, il ne s'agit pas de pendre un homme pour une phrase. Ce sont des discussions que nous avons eues, et, pour montrer à M. Hamel que je ne base pas ma défense sur des moyens trouvés

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après coup, je vais lui transcrire ce que j'avais d'abord mis dans le projet de ma lettre au Dr Landry:

“ Plusieurs discussions eurent lieu entre nous sur ce sujet, une entre autres, en 1876, au commencement d'octobre, je crois. Tout en reconnaissant que la révolution ne pouvait opérer dans notre pays de la même façon qu'en Europe, vu, entre autres circonstances, l'absence des castes et la tenure de la propriété au Canada, je prenais la liberté de lui faire remarquer que la franc-maçonnerie, copiant l'Eglise, était une et universelle; que les loges canadiennes payaient tribut à la francmaçonnerie centrale et qu'elles sauraient bien ici, comme ailleurs, faire subir à l'Eglise les persécutions légales; qu'il était indigne et condamnable de voir des citoyens appartenant à la société générale s'unir pour des fins inconnues et conspirer sous le sceau de la nuit et du secret contre leurs compatriotes, et qu'enfin l'enseignement de l'Eglise était là devant nous. À cela M. le recteur Hamel me répondait en me traitant de pessimiste, me disant que soutenir de semblables choses en public c'était propre à créer des divisions et à troubler la paix, et qu’en outre je ne procédais que sur des suppositions, etc. À ma demande positive s'il y avait péché à être franc-maçon, il me répondait: que ce n'était pas bien d’être franc-maçon, mais que d'un autre côté, il ne fallait pas prendre les choses d'une manière aussi absolue. Je me rappelle que je terminai une de ces discussions en disant à M. Hamel qu'il était souverainement regrettable de voir des professeurs francs-maçons dans notre université catholique; que nous devions, il est vrai, nous respecter mutuellement, protestants et catholiques, mais qu'on devait rester chacun chez soi, en famille, en matière de religion et d'éducation. ,

4° “ Depuis lundi je suis à chercher quand j'ai dû parler de ces choses-là à M. Livernois. , J'espère que les nombreux détails que je viens de donner aideront M. Hamel à trouver ce qu'il cherche.

Passons par dessus le défaut de mémoire dont se plaint M. Hamel et quelques phrases consacrées à M. Claudio Jannet, qui n'ont que faire dans ce débat, pour arriver aux règles de l'invention. Je sais que la formule: qui nimis probat, nihil probat, est très usitée dans les factums; je reconnais que les opinions que vous avez exprimées sur la franc-maçonnerie sont étonnantes, et c'est pourquoi je les ai combattues, d'abord devant votre propre raison, et ensuite ailleurs comme je vous l'ai déjà dit.

Pour ce qui est de l'épithète sonore “ perfidement calomnieuse ,

appliquée à ma phrase: “ mais sans approuver pour cela la franc-maçonnerie, ajoutait-il , vous allez l'accoler aussi, je suppose, à ces mots: “ que ce n'était pas bien d'être franc-maçon , qu'on trouve dans le projet de lettre cité plus haut. Curieuse coïncidence : ce sont là les deux seules propositions sur lesquelles j'ai eu un doute; et si j'eusse suivi ma première pensée, j'aurais dit que vous restiez silencieux sur le point de savoir s'il y avait péché à être franc-maçon, ou que vous ne répondiez que vaguement pour retomber dans les questions d'opportunité. Je crus devoir, vu la gravité du débat et votre personnalité, vous donner le bénéfice du doute, sans exiger que ce doute fût bien positif. Voilà la vérité vraie sur cette phrase “ perfidement calomnieuse. , 5° Au sujet du genre de regret que j'aurais dû exprimer à la fin de ma lettre, celui qui y est trouve là bien sa place, et je le répète : “ Il est regrettable de voir de semblables questions, au lieu de venir devant l'Evèque ou l'Officialité, être jetées, par la voie de la presse, en pâture au public. , — Pour ce qui est de l'autre regret “ que tout autre à ma place aurait exprimé , dites vous, à savoir : la peine d’avoir à intervenir contre vous dans le débat, veuillez croire que j'ai éprouvé cette peine et que je l'éprouve encore. Mais je me suis trouvé en face de ce dilemme: $i j'exprime ce regret, il va m'accuser d'avoir des remords, etc., comme cela m'est arrivé en septembre dernier au sujet d'un autre écrit. Si je ne l'exprime pas, il me traitera de sanscœur. Mais ici je logeai un peut-être et je choisis ce peut-être. Hélas! il ne m'a guère protégé !

6° Je ne relèverai pas les accusations concernant ma religion, ma soumission à l'autorité, etc., etc., et au lieu de suivre M. Hamel dans les hors-d'œuvre de son sixième chapitre, hors-d'œuvre dont presque tous les points sont le patrimoine commun, depuis longtemps, de la presse libérale et radicale, je me contenterai de faire les quelques observations suivantes pour terminer cette lettre déjà longue: I. M. Hamel écrit à M. Landry qu'il a à se plaindre de lui. M. Landry répond à M. Hamel qu'il est prêt à comparaître devant l'Officialité, comme il l'avait déjà déclaré à M. Bégin, et cependant M. Hamel met “ son cas , dans la presse, — Æt inde. II. M. Hamel prétend avoir été forcé de venir dans la presse, parce que l'accusation dont il se plaignait était déjà, selon lui, répandue dans

le public.

Remarquons :

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a) L'accusation dont se plaint M. Hamel était si peu publique que l'autorité ne la connaissait pas (troisième colonne de la lettre de M. Hamel du 16 mai.) (1)

b) Admettre qu'une semblable question peut être beaucoup répandue sans que l'autorité la connût, ce serait insinuer que l'autorité est mal renseignée.

c) Pourquoi M. Hamel ne renseignait-il pas l'autorité ?

d) Prétendre qu'il faille plaider dans la presse chaque fois qu'une question est devenue plus ou moins publique, c'est dépouil.er facilement les tribunaux ecclésiastiques et civils de leur juridiction.

e) L'Officialité s'étant occupée des dires de M. Landry, pourquoi M. Hamel a-t-il enlevé cette affaire à ce tribunal pour la porter dans la presse ?

f) Si M. Hamel était venu dans la presse armé d'un jugement de l'Officialité, il serait dans une position inattaquable.

Sans cette arme, il est venu chercher une rétractation et il s’en retourne avec deux affirmations.

En terminant, je déclare que je me tiens à la disposition de l'au-

torité ecclésiastique, comme c'est mon devoir de catholique. Québec, 26 mai 1883.

Vicror laverwois, A. B. L. L., L.

(1) Ce qui correspond au bas de la page 80 du présent mémoire.

Extraits de la correspondance de M. Ernest Myrand publiée dans le Canadien du 2 juin 1885.

Hamel vs Livernois.

Monsieur le Rédacteur,

La position de M. le Grand Vicaire Thomas-Etienne Hamel ne lui permettant pas de venir dire non deux fois dans la presse, j'ai cru devoir adresser à votre journal la réponse suivante à l'Affiche de M. l'avocat Victor Livernois.

À son retour de Rome, M. l'abbé Alphonse Lemieux alla rendre

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