Cette conversation avait MR: commencement de novembre
1882.— Comment se fait-il que M. Hamel n'ait écrit à ce sujet au Dr Landry que six mois plus tard ?—Ces six mois paraissent étranges à M. À-C.-P.-R Landry qui souligne ces deux mots dans son mémoire (page X). Ils prouvent au moins que longtemps'avant la correspondante qui est l'occasion du présent procès, M.
le
grand-vicaire était sous le coup d’une accusation grave et ce de la part du Dr
Landry —Si M. Hamel n'en a pas fait de cas pendant ces séc mois, pas plus qu'il ne s'était occupé des cancans qui avaient précédés, comme dit plus haut, c’est parce qu'il n’y attachait aucune importance, croyant que c'était des opinions personnelles à un petit groupe québecquois dont les membres s’excitaient et se montaient la tête mutuellement sans aller plus loin. ”
Tout ceci ne regarde nullement le Dr Landry et nous ne voyons pas
envore où M. Hamel, veut en venir. Peut-être le dévouvrirons nous dans le
paragraphe suivant :
226 ‘ Dans le courant d'avril 1883, un laïque, en communivation direc-
te ou (!) indirecte avec M. le Dr Landry, eut occasion de parler à M. Edouard Bonneau, chapelain des sœurs de la Charité de Québec, sur les bruits courants relatifs à la franc-maçonnerie : il lui parla aussi de l'espèce d'enquête faite, au nom de l'officialité, auprès du Dr Landry quelques mois auparavant, et de l’accusation portée par celui ci contre M. le grand-vicaire Hamel. L'ensemble parut
si
grave à M. Bonneau qu'il crut devoir en prendre note, +t pour n'être pas
exposé à dire des inexactitudes, il rédigea ses notes en présence de son interlocuteur, ne mettant pas un mot que celui-ci n’approuvât. M. Bonneau sans croire à l'exactitude des allégations, crut néanmoins de son devoir de transmettre ses notes telles quelles à M. l’official qui lui-même en donna connaissance à M. Hamel.
Voici ces notes :
‘ Pourquoi l'officialité n'a-t-elle pas procédé contre le Dr Landry ? * Parce que le grand-vicaire Hamel avait dit au Dr Landry : ‘“ Ce n'est pas
un grand mal dans ce pays-ci d’être franc maçon ; ”
‘ou l'équivalent de ces paroles.
“ Le Dr Landry aurait dit cela à M. Bégin quand celui-vi le somma de nommer les prêtres francs-maçons.
* Depuis ce timps là, dit Ernest Gagnon, on n'a plus entendu parler d'enquête
* Que faut-il faire ? Le Dr Landry devrait ètre forcé de comparaitre de‘ant l'officialité et mis en demeure de répéter son accusation contre le grand-vicaire Hamel ou de se rétracter.—Car, dit-on, c'est parce qu'on a craint de compromettre le grand vicaire Hamel qu'on a laissé tomber la chose, ”
* Dans ce groupe d'amis: il parait que plusieurs (au témoignage de l'inter. locuteur de M. Bonneau) ‘étaient prêts à affirmer sous TT QUE avaient entendu M. Hamel parler dans le sens de l'accusation du Dr sandry, mais qu'ils ne voulaient le faire que s'ils ÿ étaient appelés par obligation supérieure, comme celle d'une sommation en justice. ”
Eu vérité que prouve tout cela dans la cause actuelle ? Rien.
Si au moins M. Hamel avait établi que le laïque en question, dont M. Bonneau, prétre de l'archevéché, x copié la conversation, avait été en communienion constante avec le Dr Landry, on pourrait peut-être présumer qu'il ne faisait que traduire en cette circonstance les opinions du Dr Landry, au lier d'énoncer les siennes propres.
Mais M. Hamel n'a rien prouvé de tel,
Il a fait Néanmoins une imirobolante trouvaille, Cv laique, dit-il, est en communication directe... 04 indirecte atec le Dr Landry.
La lettre suivante va Prouver que la communication en question n'est ni directe, ni indirecte. Elle n'existe même pas,
* Québec, 16 juin 1884 Ar. Philippe Landry.
NP
Quéher
* Cher Monsieur,
* En réponse à votre demande, éoncernant certains rapports que J'aurais © pu avoir avec Monsieur l'abbé Bonneau ou avee Monsieur le docteur Landry, “au sujet de la franc-maçonnerie en général, et, en particnkter, de l'enquête de : POfficialité àn re * Hamel-Landry 7, je puis vous dire: lo Que je n'ai jamais “eu d'entretien sur le ou les sujets ci-dessus mentionnés avec M. l'abbé Bon: “ neau, ct que je ne me souviens pas lui avoir jamais écrit sur un sujet quelconque ; 20 Que je n'ai ni parlé, ni écrit à M. Je docteur Landry depuis envi- “ron quinze ans, et que la seule communication assez récente que j'ai ene avec “le Docteur consiste dans l'envoi de ma carte de visite à l'occasion de son ad-
: Mirable lettre.adressée à M. l'abbé Roussel et publiée dans quelques journaux “ de Québec, dans le cours de l'été de 1883.
* Veuillez me croire * Cher Monsieur © Votre obéissant serviteur “ (Signé) ERNEST GacNox. ” Si M. Hamel a quelques autres noms Propres à nous donner, nous le
prions de ne se gêner en rien. Nous lui gardons d'autres surprises. s En attendant, nous lui faisons volontiers la déclaration que le Dr Landry,
Cu