Québec, 18 juin 1844 “Au Très Rér, MT. E. Hamel V. G
* Recteur de l'Université Laval /
“ Monsieur le Rerteur, .
“ J'ai reçu votre lettre et m'empresse de répondre, Je me fais un plaisir “et un devoir de déclarer que la correspondance publiée sous mu sighature dans le * Canadien "” du 2 juin et l'* Evenement ‘ du 4 juin 1883, en réponse à l'affiche” de M. Victor Avernois est bien de moi et de moi seul. J'en ag © Sume avec joie l'entière responsabilité.
* M. Philippe Landry me fait un compliment lorsqu'il prétend que vous “avez écrit cette longue lettre, mais il in amuse encore plus qu'il ne me flatte
ET
“ lorsqu'il soutient que Vous me l'avez inspirée, Comme il est prêt de la véritè!
C'est effectivement l'opinion de M. Landry et les paroles suivantes de M, Myrand loin de la dissiper la confirme d'avantage. 1 245. ‘ Quand Je suis veux vous prévenir (le mot veus au lien de mot «/lé -emble indigner que cette lettre de M. Myrand à été écrite dans la chanbre “inême de M. Hamel) de la réplique de M. Livernois et vous annoncer que * j'allais répondre, vous le premier, M. le Recteur, m'atez conseillé de ne pas “ le faire, Bien plus, ayant voulu vous consulter à ce propos, vous m'avez alors ” absolument refusé et les renseignements et les documents essentiels à ce tra #
‘vail." 4
Si M. Myrand à écrit contrairement an conseil à lui donné par M. Hamel, il s'est montré mauvais ami et personnage bien léger,
Il nous semble à nous assez invraisemblable que M. Myrand ait écrit pour M. Hamel en sa laveur, mulyré M. Huinel lui-même.
Mais cela importe peu à Ja anse.
246. “Sans les données positives à moi fournies par deux de mes amis ; “personnels, confrères de M. Victor Livernois au Néminuire de Québec et à © l'Université Laval, il m'aurait été impossible d'appuyer ma correspondance “ sur d'aussi irrécusables preuves. Le silence de mon adversaire à d'ailleurs “plus que confirmé l'exactitude de mes renseignements, ”
, M. Myrand n'obtiendrait certainement pas le premier prix en logique. -
À son compte, il suffit qu'on ne relève pas une inexactitude peur conclure immédiatement que telle inexactitude n'est rien moins que la vérité.
Ainsi, tout dernièrement, l'évêque de Chicoutimi, affirmait dans uu mandement, que pas wn seul Jranc-naigon ne se trouve duns le divvèse donfié à ses soins.
Tout le monde a gardé le silence. Doit-on conclure que l'assertion est
exacte ? Elle est pourtant inexacte, car dans le diocèse de Chicoutimi il y a rertainement des francs-maçons
247. ‘ Je suis prêt à soutenir par témoignage lx teneur de cette lettre. “ Si elle peut vous être de quelque utilité je vous autorise avec grand plaisir à à “ la produire soit dans votre factum, soit à l'enquête. ‘# J'ai l'honneur d'être.
* Monsieur le Recteur, * Votre très humble et obéissunt serviteur ‘ (Nignt) ERNEST MYRAND.
‘ De fait lu correspondance de M Myrand renferme des inexactitudes de détails qui auraient disparu si M. Ham «lent voulu les controler.”
La correspondance de M. Myrand a été rendue publique. Elle intéressiit directement M. Hamel qui n'a aucunement reclam®, acceptant tout le binéfice
et tous les inconvénients de l'acte de son jeune ami. Ce serait bien ici que M.
Myrand pourrait dire: ‘ Le silence de mon ami, M. Hamel, a d' iillaurs plus que confirmé l'exactitude de mes renseignements, ©
248, Quant à l'argument qui consiste à vonloir.démontrer que M. Hàmel a contribué lui-même activement à répandre /a ronversation de M. le Dr Lan-
dry aver M. Bégin. parcequ'il reconnait que dix ans auparavant il avait parlé à d'autres comme il avait parlé à M. le Dr Landry, évideminent, M. A-C.-P-R.
Landry n'était pas sérieux en l'employant.—Fant-il faire remarquer à M. A.-C.
. PR. Landry que lu conversation de M. Hamel avec M. le Dr Landry, il y a
onze ans et la conversation de M. le Dr te avec M. Bégin. il y a un an et demi, sont deux choses différentes ? Que la première n'a pas eu d'autres témoins que MM. Landry et Hamel et que si M. le Dr Landry en fait la base de son accusation en l’interprêtant de travers, M. Hamel en rend parfaitemént compte en se justifiant? tandis que la seconde qui n'a pas eu d'antres témoins que MM. Bégin et Landry est le point d'appui des accusateurs de M. Hamel dont M. le Dr Landry est le premier ? }
Cette argumentation de M. Hamel ne vaut absolument rie u, parcequ'elle suppose admis deux faits qui sont au contraire nis par nous
Nous nions en effet que M. Hamel se soit justifié en rendant compte de la conversation qu'il a eue.avec le Dr Landry il v a dix ans [la voulu se justifier, mais, au lieu d'obtenir Ia rétractation qu'il demandait, il a provoqué chez le Dr Landry une aflirmation plus catégorique, et M. Livernois a déclaré sous serment que M Hamel lui avait fait part, à lui-même, des opinions qu'il avait émises devant le: Dr Landry sur la fran: maçonnerie
M. Hamel ne s'est done pas justifié et il pourra entendre à l'enquête d'autres témoins qui attesteront, sous “la foi du serment, que M. Hamel a émis devant eux les opinions qui lui sont attribuées. .
Le second fait que nous nions c'est que le Dr Landry ait été le point de
départ de l'accusation portée contre M. Hamel, en divulgnant la conversation:
entre MM. Bégin et Landry.
LU
Cette assertion est contredite par M. Hamel lui-méme qui avoue que l'accusation contre lui était connue de l'official et de l'archevéque, avunt la com. Munication de M. Lemieux, c'est ä-dire, bien avant ln conversation tenue entre MM. Bégin et Landry. , -
Tout ce qni suit par conséquent est parfaitement illogique, non prouvé
Ce sont de gratuites affirmations
249. Je maintiens donc que M le Dr Landry est le Premier qui ait av cusé M. le grañd vicaire Hamel. Je ne dis pas qu'il ait répété son aceusation À: bien du monde, mais Qu'il l'a dite à plusieurs, lesquels ont ensuite continué à la répandre, Je ne prétends pas qu'il ait parlé ainsi par malice ni avec imaue Vaise foi; mais même en admettant sa complete bonne foi, Je prétends qu'il a mal calculé l'époque de son accusation ainsi que le mode de Ja faire Je ne dis pas que M. le Dr Landry ait été un agent actif de dissémination du l'accusation ; contre M. Hamel: mais que c'est Ini qui est.la soureu première de cette dissé mination en ce que tous les autres disséminateurs remontent à lai et s'appuient sur ses affirmations, ”
Pour toute réponse à ces mille suppositions, nous invoquons le témoigage méme de M. Ham 1 qui aflirme (No, 239) qu'il ne connait pas les dissé. minateurs, Or, s'il pe les connait pas, comment peut-iFaflirmer toutes les exugérations que nous venons de citer ?
250, * Je ne dis pas que M. le Dr Landry n'est pas respectable ot a pur. du tout droit à la considération de ses concitoyens : mais je prétends qu'il s'est trompé dan, l'interprétation d'une Conversation et que, dans tous les cas, il va au delà de ce que permet la prudence lorsqu'il affirme positivement qu'il a par: laitement compris, et dans un sens condwnnable, une con Vversation dans lnquelle on lui répétait ce quiavait été dit à Rome, en présence de Mgr larchevèque et des employés de Ja Propagande, sans qu'on n'y ait vu rien de répréhensible : bien plus, lorsque plus tard, ces méines idées étaient sanctionnées par les dé crets de 1876," L
Les idées de M. Hamel, ses opinions sur la franc maçonnerie n'ont Jamais &té sanctionnées par les décrets de 1876.
Voici le passage invoqué par M. Hamel :
“ À l'altro dnbbio poi se.e quale ulteriore pProvvidenza abbin luogo rela- “’tivamente ai professori acatoliei dell'università Laval, gli Emi 6 Rani NS. “ Cardinali risposero : “ Attentis noviter deductis, dilata et si opus fuerit suo
“ loco et tempore providebitur. ” |
Est-ce là la sanction que Rome aurait donnée aux idées de M. Hamel? L'archevéque de Québec ne va pas si loin que M. Hamel dans ses appré-
; - clations du document en question. À la page 60 de ses “ Remarques sur le Mé-, noire de l'Evêque des Trois-Rivières * on lit, numéro 65 : « L'accusation d'avoir
‘ des professeurs protestants u'est pas‘inconnue à Rome : il n'Ÿ en a que deux et
‘ le décret apostolique du 1 février 1876 permet expressément de les garder jus- “qu'à nouvel ordre. Il n'y a pas un seul professeur franc-maçon. " Cette assertion si positive de Mgr l’Archevêque prouve qu'à Rome on était sous l'impression—puisqu'on avait été informé dans ce sens —-que l'Université n'avait aueun'francemaçon parmi seë professeurs, dont deux seulement étaient protestants.
N Rome:n”a donc pas sanctionné les idées pronées par M Hamel, ; Celui ci le reconnait lorsqu'il écrit au Dr Landry (page 66) ‘‘ L: St Père, “ à qui j'avais auparavant demandé l'érection canonique de l'Université, et qui Ë # s'y était montré bien disposé, avait déclaré que jamais il n'accorderait de Bul: “le u'érc tion canonique tant que l'Université aurait des professeurs francs- ‘ maçons.” Ô Plus tard on u afliriaié à Rome qu'il n'y avait pas un seul franc-maçon à l'Université et'on a obtenu la bulle d'érection canonique. ; Et cependant, au moment même où l’on faisait cette solennelle déclara: ration, il y avait des francs-maçons à l'Université Laval, le doyen de là fac ulté \ de médecine était lui-même un franc maçon avéré.
+ te.
A On a trompé Rome, voilà tout.
‘pe Et maintenant ‘on invoque l'autorité de Rome et on veut se prévaloir du fait de l'érection canonique do Laval pour affirmer hautement” que Rome a sanctionné ces mémes idées que l'on reproche à M Hamel.
C'est un véritable scandale !
Et LL | “II
* On pourrait borner-là la défense de M. Hamel
Je crois cependant utile de joindre ici quelques notes sur différentes
$ ë partie du Mémoire de M A.-C.-P.-R. Landry. ÿ 10 La dénonviation juridique de M. Laudry.
Le 23 juillet 1883, M. le Dr Landry faisait déposer au tribunal de l'ofli- = cialité métropolitaine de Québec, une dénonciation juridique, en forme, dans la-
quelle il citait comme ses témoins, 25 personnes nommément. È À
Cette liste comprend les noms de personnes dispersées dans toute la province de Québhec depuis le golfe St Laurent jusqu'à Ottawa. Ces personnes représentent l'élite de la société canadienne civile, dont le plus grand nombre ° choisi soit parmi les ministres fédéraux, soit parmi Les juges, soit parmi les représentants aux Communes du Canada; aussi, des prêtres pris dans les diocèses de Rimouski, Québec, Montréal et St Hyacinthe. ”
C'est l'élite de la société éshadisnne civile, dit M. Hamel. Nous attirons ‘"Tattention du tribunal sur cette admission qi nous servira plus tard.
He
, ‘* 252. ‘“ Sur ces 25 personnes, au moins 19 n'ont jamais eu occasioli d'enmn tendre parler M. Hamel sur la franc-maçonnerie : la moitié n'ont eu avec lui | gi] =
que des rupports de politesse et as rares depuis une quinzaine d'années ; un est complètement inconnu de M. Hamel qui ne lui a jamais parlé ot ne le connait même pas de figure, M. Alderic Ouimet.
Plusieurs de ceux qui sont ainsi désignés comme témoins l'ont appris de M. Hamel et ne savaient pas qu'ils étaient appelés comme tels par M. Landry. Il en est probablement de même de la plupart des autres."
Cela proue simplement que M, Landry ne prépare pas ses témoins poar
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l'enquête. Il compte sur leur esprit de justice et sur l'amour pour la vérité.
Cela suflit. M. Hamel semble s'occuper un peu trop des témoins de M. Landry
et. déjà il peut en faire un dénowmbrement tel qu'il est évident que cette partie
du procès —l'audition des témoins—le préo ‘cupe vivement
253. * Que viennent donc faire ces témoins qui, par l'énumération de
leurs dignités, forment un personnel des plus 1mposants, il est: vrai, mais qui cependant, pour la presque totalité n'out rien vu ni rien entendu.
.. Sontils demandés pour prouver ‘la respectabilité ét l'honorabilité dv M. le Dr. Landry ?—Ue n'était pas nécessaire. M. Hamel reconnait l'une et l'autre et son témoignage comme accusé, et même si l'on veut comme aceusutenr, devrait suffire. ” ad
M. Hamel a une curiosité vraiment indisvrète, Qu'ilne se tourmente pas inutilement. I verra à l'enquête ce que prouveront ces témoins.” Nous pouvons lui donner l'assurance que nous nous en tiendrons strictement aux faits allégués dans l'accusation ou apportés par M Hamel pour sa justificution.
254. * l’ourquoi donc ces témoins ?— Pour répondre à cette question, je me contents de faire remarquer que, à la date où cette liste de témoins était dounée officiellement, M. À -C.-P -R. Landry savait qu'il re pouvait fatre plaider su cause an Canada, et que cette lésle ne devait passer par Québec que jour aller à Rome où elle était de nature à faire impression.
Nous nions à M. Hamel le droit de sonder nos cœtué et nos reins et de vouloir scruter nos intentions. L'assertion de M. Hamdl est d'aiHéurs insoute- - # .
nable. ES + Notre liste de témoins a été donné le 23 juillet 1888, et ce n'est que le 1er d'août, c'est:à dire, huit jours-après, que nous avons eu la réponse définitive de M. l'official, refusant, non pas d'accepter notre plainte, mais de procéder ultéri* eurement. | - Rte î Il est singulier que M. Hunel s'attache à ces petites questions de détail au lieu de se disculper de l'accusation si grave portée contre lui.