Prenons d'abord le témoignage de M. Lemieux
* Le 15 o:tobre, dit M Hamel, M. Alphonse Lemieux ént avec M. le Dr Landry la conversation mentionnée dans l'historique de M. A..C. PR. Landry. Cette conversation est racontée par M. le Dr Landry lui-même dans sa première réponse à M Hamel" (page 68).
Que dit le Dr Landry ?
“Je manifestai surtout mon étonnement à la vue du concours qu'ox AFFIRME être prêté aux sociétés secrètes par des membres dn clergé, et cela à Rome même J'ajontai que les sociétés secrètes frisaient aussi de grands progrès au Canada où ON DIT que quelques prêtres sont affiliés à ces sociétés ‘ennemies de l'Eglise” (page 4) f
Ce témoignage du Dr Landry a été donné quelqué temps après la conversation en question, lorsque les événements qu'il relate étaient encore frais à sa mémoire, :
Ce témoignage est assermenté (page 77).
156, La version du jeune abbé Lemieux est-elle fort différente ?
Elle est donnée à la fin de février 1884, seize mois après la conversation.
“Vous me demandez, dit-il à M. Hamel, de donner par écrit «x melleur
Piste — 196 —
de ma mémoire la substance de la conversation. que M. le Dr Landry eut avec moi en octobre 1882" (No 205). \ è
En conséquence le jeune abbé donne son témoignage.
Ce témoignage n'est pas assermenté.
On l'oppose néanmoins à la version. donnée sous serment par le Dr
Landry. Me 157. Où est la vérité ? ; ; ;
M: Hamel, dont le système favori est d'en appeler dans tous les cas douteux et même dans les cas qui ne le sont pas, aux règles de la probabitité et du bon sens, aurait ici ample matière à exercer sa perspicacité.
D'un côté, voici un témoignage donné quelques mois seulement après la “conversation incriminée, par la personne elle méme qui a prononcé les paroles 4 qu'elle rapporte et qui n'a aucun intérêt quelconque à falsifier ses paroles, qui
les fortifie au contraire en appelant Dieu à témoin de la vérité de sa déposition.
De l'autre côté, le jeune abbé qui a, nor pas prononcé mais seulement
' entendu les paroles. qu'il rapporte, les relate au meilleur de sa mémoire, seize mois après la conversation, et cette relation -n'est pas donnée sous la foi du
serment.
Encore une fois où est la vérité ? RE
Si l'on consultait le charitabl: M Bégin. ce logicien si bien trempé, la réponse ne se ferait pas attendre et il répondrait par cetté conclusion qui l'a frappé et qui hante son esprit : î
‘ Je conclus que les hommes à idées fixes sont toujours dangereux parve qu'ils prennent leurs rèves pour des realités et les débitent avec une assurance imperturbable ” (No 223).
* Seulement, une telle conélusion pourrait aussi .bien s'appliquer à. M: Lemieux qu'au Dr Landry.
158. Nous avons mieux que cela. # Il ÿ avait un témoin à cette conversation tenue entre M. l'abbé Lemieux et le Dr Landrv et voici ce qu'il raconte :
“ Je soussigné, etant dûment assermenté sur les Saints Evangiles, dépose et dis: 8
Le ou vers le 15 octobre 1882, M. l'abbé Alphonse Lemieux, prêtre du Séminaire de Québec, vint dire la messe dans l'oratoire privé du Dr Landry. Après la messe et l'action de grâces, tous d‘ux descendirent de la chapelle dans la salle à manger. Je conduisais le Dr Landry Nous restâmes ensemble tout le : temps que dura le déjeuner. après quoi M. l'abbé Lemieux s'en alla. Pendant le déjeuner et en ma présence, eut lieu entre le Dr Landry et M. l'abbé Lemieux cette fameuse conversation sur la franc-maçonnerie dont il est question dans la première réponse du Dr Landry à M. Hämel. Je certifie que la substance de la conversation est telle que rapportée par le Dr Landry. Je suis en ontre des plus positifs à affirmer que le Dr Landry n'a pas accusé le Cardinal Franchi
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d'être franc maçon ; il a au contraire simplement constaté le fait qu'on lui avait dit qu’une telle accusation avait été portée contre ce prélat, ajoutant qu'il ne pouvait tacher son étonnement à la vue du concours qu'on affirme être prêté aux sociétés secrètes par des membres du clergé. Subséquemment, à la question directe qui lui a été posée, en ma présence, s’il croyait que le Cardinal Franchi avait été franc-maçon : On me l'a dit, répondit le Dr Landry, mais je n'ai aucune preuve de la chose et ce que l'on m'a dit n'est pas suffisant pour me le faire uroire. z. :
Et j'ai siyné (Signé) ERNEsT LaNDpry.
Assermenté devant moi à Québec, ce )
cinquieme jour de juillet mil huit
cent quatre-vingt quatre.
(Nigné) : Louis Pour JP:
159. Le témoignage de M. l'abbé Lemieux sur cette question spéciale de l'accusation de franc-maçonnerie portée contre le Cardinal Franchi, devrait donc ètre mis de côté s'il était en parfaite contradiction avec les dépositions ass rmentées du Dr Landry et de M. Ernest Landry. :
Mais, comme question de fait, tel n'est pas le cas. M. l'abbé Lemieux se contents de dire que M. Landry, à propos de franc maçonnerie; nomma le Car dinal Franchi, mais M. Lemieux ne dit pas de quelle manière le Dr Landry a nommé le Cardinal Franchi. M ‘mieux ne prétend pas que le Dr Landry ait aiirmé que le Cardinal était frane-maçon où qu'il était accusé de l'être.
Li version donnée par le Dr Landry reste donc intacte. ;