D'ACIDE CARBONIQUE EN DÉVISSANT LA MANETTE JUSQU’AU BOUT
En voici la raison : |
Nous verrons dans un autre chapitre (Vos descriphion de l'appareil) que la transformation de l’acide carbonique liquide en acide carbonique gazeux doit se faire aussi près que. possible de la bouche du patient.
Le constructeur de l’appareil a prévu à cet effet une chambre d'expansion à l’extrémité du bras du Gazotherme ; c’est donc à cet endroit que se fera le froid maximum. Si on n'ouvre qu'insuffisamment la bouteille d'acide carbonique, la pression est cependant suffisante pour être inscrite correctement au manomètre. Mais, dans ce cas, nous n'avons que très faiblement abaissé le pointeau fermant la bouteille, ne créant entre lui et les parois de cette bouteille qu’un léger vide ne permettant pas le passage aisé de l’acide carbonique liquide.
C'est donc à ce niveau que l’acide carbonique liquide se transformera en acide carbonique gazeux ; nous avons en quelque sorte
créé là un carburateur ; l’abaissement maximum de température, qui normalement devait se faire près de la bouche, se fait au contraire à une partie éloignée de celle-ci et, dans le trajet que va suivre maintenant l'acide carbonique avant son évacuation, nous allons perdre des frigories et nous n’atteindrons jamais un abaïissement suffisant de température. C’est ainsi que certains Confrères expérimentant l'appareil ont attendu pendant 20 ou 25 minutes la formation de givre sur la couronne, formation qui, normalement, se fait en trois ou quatre minutes.
Dans la deuxième partie de ce travail intitulée : « Technique Opératoire » on trouvera la technique spéciale à employer pu chaque ‘dent.
. Nous ne donnerons donc ici | que certaines indications d’ordre général. L | ; à DEUXIÈME DEGRÉ NLe Gazotherme ayant été mis correctement en place et toutes les précautions signalées ci-dessus ayant été prises, on ouvrira très légèrement le robinet de commande de l'air (ou de HAE suivant le gaz employé par le praticien). |
Le contact du réchauffeur électrique ayant été mis auparavant, c'est de l'air tiède qui arrivera sur la dent ; à ce moment la pression indiquée sur le manomètre de droite par rapport à l'opérateur — manomètre à basse pression —, devra indiquer 150 à 200 gram-
més ; après 10 ou 13 secondes on augmentera progressivement cette pression jusqu’à x kilogramme que l’on devra atteindre après 49 ou 50 secondes. Couper alors le courant électrique. 1 AS partir de ce moment c’est de l’air se refroidissant progressivement qui arrive sur la dent.
Avant de faire une émission d’acide carbonique on attendra au moins une minute à compter du moment où le courant électrique a été interrompu.
La main gauche de l'opérateur tenant la petite poignée d’ébonite, pour qu'en ouvrant la bouteille d’acide carbonique la canule placée en regard de la dent ne soit pas déplacée, la main droite tournera très légèrement et refermera aussitôt la manette d’acide carbonique, provoquant ainsi une très légère émission de gaz carbonique.
Une trop brusque ouverture ou une ouverture trop prolongée, faisant ainsi une grosse émission d'acide carbonique, abaïisserait
brutalement la température de l'air agissant sur la dent et provoquerait une vive douleur chez le patient. :
Chaque fois qu’à une émission d’acide carbonique correspondra une vive douleur, on pourra conclure immédiatement à une faute
opératoire.
Dans ce cas, comme il n’est pas possible de revenir en arrière, on à intérêt, en tâchant de calmer le ñervosisme du patient par quelques paroles, à refaire quelques émissions rapides et fortes . d'acide carbonique pour gagner au plus vite la période d’anesthésie.
. Supposons donc-qu'il n’y a pas eu de taute et que nous en som-' mes à la première émission légère signalée un peu plus haut.
= Nous attendons 10 ou 15 secondes et nous faisons une nouvelle émission d'acide carbonique très légèrement plus forte que la première. Nous attendons encore 25 ou 30 secondes, nouvellé émission d'acide carbonique un peu plus forte. À ce moment il faut attendre près d’une minute, au bout de laquelle nous pourrons donner une forte émission d’acide carbonique.
… Dès qu'on voit l'extrémité du Gazotherme se givrer à son tour, nous devons penser que le givre ne va pas tarder à apparaître sur la couronne de la dent ; sitôt qu’un léger liseré de neige apparaît sur la dent à un millimètre ou deux de la canule du Gazotherme, nous donnons une dernière et très forte émission d'acide carbo-
nique et nous pouvons immédiatement nous mettre à opérer.
Là encore il est des principes essentiels que l’on ne doit pas négliger ; les fraises employées doivent être aussi tranchantes que possible et maniées légèrement. à
Lorsqu'une fraise coupe mal, on est obligé d'appuyer pour en obtenir un rendement convenable ; on provoque ainsi un développement de chaleur qui onibalssce l'effet du Gazotherme ; dès que l’on a enlevé les bords d’émail de la cavité, pendant que l'on change de fraise on peut donner une nouvelle émission d'acide carbonique pour entretenir le froid ; mais il est une chose à éviter,
faute trop facile à commettre, la dent étant insensible : on fraise, pour plus de facilité l'opérateur peut avoir éloigné le Gazotherme, soudain le patient manifeste à nouveau de la sensibilité, l’opérateur s'arrête, remet le Gazotherme en place et est tout étonné d'entendre crier le patient qui manifeste une vive douleur ; que s'est-il donc passé ? Le Gazotherme ayant été enlevé, le froid n’a plus été entretenu et la rotation de la fraise a développé une chaleur qui à ramené la dent à-sa sensibilité normale ; en remettant.
brusquement sur la dent sensible le Gazotkerme, qui en ce moment
est très froid, on crée une douleur des plus vives ; si donc la néces-
sité oblige à éloigner le Gazotherme pour fraiser la dent, on ne doit fraiser que pendant quelques secondes et remettre à nouveau le Gazotherme en place avant que le patient ait manifesté un senti- *. ment de douleur. ;
Dès qu’on a terminé la préparation de la cavité, on arrête le Gazotherme, et immédiatement, de façon à en bien prendre l’habitude, on referme la bouteille d'acide carbonique ainsi que les autres.
‘robinets de l'appareil pour éviter de trouver le lendemain l’appareil vide ; puis, soit avec la seringue à air, soit avec la poire à air, on envoie de l’air froid sur cette dent ; cet air étant à la température de la pièce est moins froid que celui venant du Gazotherme. Il aura donc pour effet de relever légèrement la température de la. dent. Âu bout de quelques secondes, au lieu d’air froid on enverra de l'air d’abord tiède, puis chaud, jusqu’à ce que le patient faisant signe qu'il ressent de la sensibilité à la chaleur, indique que sa dent est revenue à sa température normale, donc à sa sensibilité normale. : : | | £ :
À ce moment, avant de faire l’obturation, à l’aide d’üne sonde | on explore soigneusement le fond et les parois de la cavité, afin d’en contrôler la sensibilité : si celle-ci est normale on devra faire immédiatement l’obturation définitive; si cette sensibilité est exagérée, on concluera à une pulpe irritée, d’où nécessité de mettre un Calmant et une obturation provisoire; on prendra bien soin de vérifier si l’onfn’a pas ouvert la chambre pulpaire.
Dans le cas d'ouverture de la chambre pulpaire, selon que celleci aura été légèrement ouverte ou à peine ouverte, on transformera en troisième ou l’on tentera un coiffage de pulpe avec protection contre la pression par une petite cupule métallique.
Il a été fait au Gazotherme l’objection suivante : La dent n'étant plus sensible, on peut ouvrir trop facilement la chambre pulpaire. C’est une objection qui ne résiste pas à l'examen, ni à la discussion.
En effet, tous les anesthésiques sont susceptibles d’être la cause de l'ouverture de la chambre pulpaire, l’anesthésie par piqûre notamment a souvent causé des déboires dans ce sens.
Avec le Gazotherme ramenant instantanément la dent à sa sensibilité normale, nous sommes immédiatement fixés sur l’ouverture ou la non-ouverture de la chambre pulpaire ; avec la piqûre au contraire, il faut souvent attendre deux heures et même plus
le retour à la sensibilité qui nous donnera des indications. De plus, un bon opérateur sait toujours si sa fraise travaille dans une région où il peut rencontrer une corne pulpaire ou non. D'autre part, nous verrons dans le chapitre du troisième degré que la banale insensibilisation pour fraiser la dentine sans douleur n’est pas suffisante pour permettre la trépanation de la chambre pulpaire. Si donc nous nous approchons trop de la pulpe par inadvertance, notre patient manifeste une sensibilité ; si après quelques coups de fraise on s'aperçoit par contre que l’on a immédiatement ouvert la chambre pulpaire, c'est que la dentine ramollie allait : jus que-là. Il n’y a donc aucun regret à avoir; c’est, au contraire, un succès anesthésique.
OBTURATION A LA « PORCELAINE SYNTREX »
Il est des précautions à prendre lorsque l’on obture au « Syntrex » une cavité fraisée sous le jet du Gazotherme. Celui-ci, surtout lorsqu'on emploie de l'oxygène, déshydrate la dentine ; or, nous savons que dans la « Porcelaine Syntrex» nous avons une hydratation de silicates; pour une quantité donnée de poudre, il faut une quantité exactement déterminée d’eau. Si donc nous plaçons la pâte de porcelaine dans une cavité déshydratée, celle-ci se réhydrate aux dépens de la porcelaine qui n’aura plus assez d’eau pour hydrater les silicates, et dans les jours suivants nous nous trouverons en présence d’une obturation ayant l'aspect d’un morceau de craie, de consistance friable, sans aucun aspect de porcelaine et facile à enlever de la cavité avec une rugine. On prendra donc bien soin, avant d’obturer la dent, d’y placer pendant quelques secondes une boulette de coton imbibée d’eau ; cette eau réhumidifiera normalement la dentine et nous n’aurons plus qu’à sécher notre cavité comme il est d’usage et à faire notre obturation.