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DIFFÉRENTS TRAITEMENTS DE LA SENSIBILITÉ DE LA DENTINE

Quand nous avons à traiter une dent atteinte de carie de second degré, deux cas peuvent se présenter :

‘19 La dentine est normalement sensible et dans ce cas la douleur produite par la fraise est suffisante pour que le patient éprouve une sensation très désagréable et pour qu'il nous demande de faire en sorte de supprimer cette douleur.

29 La dentine est hypersensible et dans ce cas, même avec un patient courageux, il est absolument impossible de travailler correctement sans le secours d’un mode d’anesthésie quelconque.

Le patient réagit vivement au moindre contact de la fraise et

empêche d’exécuter correctement les différents temps de l’opération.

La chose est tellement importante qu’indépendamment du désir de ne pas faire souffrir le patient, il y a nécessité pour le dentiste d’avoir un moyen quelconque de vaincre cette douleur, pour pouvoir exécuter convenablement son travail.

De nombreux auteurs ont fait des recherches et ont proposé

des modes d’anesthésie qui peuvent se classer de la façon suivante : . Moyens mécaniques, moÿens physiques, moyens chimiques,

moyens anesthésiques vrais (qui comprennent les anesthésiques locaux et les anesthésiques généraux) et enfin combinaison de ces différents moyens.

Quels sont-les avantages et les inconvénients de ces différents moyens ? |

Pour pouvoir répondre aux questions! ci-dessus posées, il faut rappeler brièvement quelques notions d’Histologie Dentaire.

La couronne de la dent est normalement recouverte d’émail ;

cet émail est composé de prismes à six pans, de longueur variable,

qui sont juxtaposés et ne présentent entre eux aucun élément

nerveux ; on peut donc meuler l'émail d’une dent sans provoquer

de douleur. La seule douleur qui puisse être provoquée ne le serait que par la transmission de la chaleur de la meule.

Sous l'émail se trouve l’ivoire ou dentine. Cette dentine est parcourue par des « canalicules » très fins et disposés parallèlement

à l’axe de la dent. Ces « canalicules » s’anastomosent entre eux et

commencent par une partie évasée près de la pulpe pour se terminer près de la couche d’émail.

Ces canalicules sont remplis par les Fibrilles de Tomes.

Ces fibrilles qui sont entourées d’une gaine albumineuse sont les

prolongements de grosses cellules superficielles de la pulpe dentaire « les odontoblastes » ; ce sont ces érn qui créent la sensi-

bilité de la dentine.

Donc, sur un ivoire normal, leur simple arrachement par hs fraise provoquera une douleur. Cette douleur sera de plus en plus vive si les fibrilles de Tomes sont irritées par un processus de carie ou par l'acidité du milieu buccal.

Nos moyens d’ anesthésie ont donc pour but de supprimer la conductibilité nerveuse des Fibrilles de Tomes.

Le mode le plus simple que nous ayons de supprimer la douleur ou tout au moins de la diminuer est donc l'emploi de fraises bien aiguisées, la section nette d’une fibrille étant moins douloureuse que son arrachement ; mais comme les fraises dont nous nous servons à l'heure actuelle tournent à des vitesses assez élevées, la douleur est à nouveau rappelée par la chaleur que développe la rotation de la fraise.

Notre Confrère, M. Huet, de Bruxelles, nous a présenté en 1920 un tour électrique à haut régime ( (9.000 a permettant de fraiser sans douleur.

Tout en trouvant profondément intéressant le tour électrique de notre Confrère Huet, nous lui objectons sa difficulté d'emploi, Celui-ci semble limité à certains Confrères extrêmement soigneux et

particulièrément entraînés, car dans sa technique M. Huet indi-

que que la fraise doit exercer des pressions successives et différentes suivant les différentes profondeurs de la dentine sur lesquelles elle presse ; d’autre part, un assez grand nombre de Confrères, surtout parmi ceux qui exercent loin des grandes villes, n’ont

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pas à leur disposition l'énergie électrique suffisante pour permettre d'utiliser le tour électrique.

Parmi les moyens physiques, celui qui est le plus en faveur, et qui doit d’ailleurs être employé concurremment avec les autres moyens, est l’air chaud. | ;

Il est évident que le seul fait de sécher une cavité au fond de laquelle se trouvent des Fibrilles de Tomes irritées par l'humidité et l'acidité buccale doit donner une moindre sensibilité de ces fibrilles. |

L'expérience journalière montre qu’en présence d’une cavité de deuxième degré, dans laquelle le contact d’une fraise provoque une vive douleur, le simple fait de bien sécher la cavité, de la préserver de l'humidité pendant quelques jours par une obturation temporaire à la gutta percha permet”à la séance suivante d’ exciser la dentine ramollie avec une douleur très atténuée.

De toute façon, ce moyen est à retenir, mais il comporte pour nous le désavantage d’avoir à passer deux ou trois séances au lieu d’une à préparer cette cavité.

La gaine, qui entoure, comme nous l'avons vu, la Fibrille de Tomes, paraît être formée par une substance albumineuse non calcifiée, le calco-globuline (A. Branca, Précis d’Histologie).

Il est vraisemblable que, lorsque nous agissons sur l’ivoire avec de l’air chaud, nous agissons sur cette calco-globuline et nous diminuons ainsi la conductibilité nerveuse de la Fibrille de Tomes.

Tous les moyens indiqués ci-dessus étant assez précaires, il était normal que les recherches s’orientassent vers des substances agissant directement sur les extrémités des Fibrilles de Tomes, soit pour les anesthésier, soit pour les détruire.

Tous les médicaments employés à cet effet sont donc des caustiques. :

En première ligne nous citerons l'acide phénique: la cavité ayant été au préalable désséchée, on y dépose un ou deux cristaux d'acide phénique ; on attend quelques secondes et on commence à fraiser ; dès que la douleur reparaît, on fait une nouvelle application d'acide phénique, et ainsi de suite. Ce moyen est purement théorique, car à une douleur nous substituons plusieurs douleurs et nous aurons ün patient nerveux qui sera toujours dans l'attente de la sensation pénible.

Parmi les autres médicaments, nous citerons le trioxyméthy-

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jène, le chlorhydrate d’érytrophléine, que l’on met à demeure dans la cavité préalablement séchée et que l’on recouvre de gutta- percha. La dent peut être traitée dans une séance ultérieure. Nous ferons à cette méthode de nombreux reproches : D'abord elle oblige à deux séances.

Ensuite, ces médicaments, étant caustiques, sont irritants et.

pendant les heures qui suivent leur mise en place ils créent une douleur assez vive que nos patients accusent toujours lorsqu'ils reviennent nous voir pour la deuxième séance. Si donc, et cela n’est pas toujours sûr, nous arrivons à fraiser les dents sans douleur, pour quelques minutes de succès opératoire nous leur avons causé deux ou trois jours de réaction douloureuse, ce qui est le contraire du but poursuivi.

On peut faire encore une autre objection : cette anesthésie ne s'étendra en profondeur que selon la ARR de médicament mise en place ; or, ne connaissant à l’avance ni la profondeur de la carie, ni l’action intrinsèque du médicament, ni la faculté d’absorption d’une dent déterminée, il nous est impossible de prévoir la quantité exacte de médicament que nous aurons à mettre dans ‘ la cavité pour atteindre un niveau donné.

Il s'ensuit que si le médicament n’a pas agi assez profondément

nous retrouvons de la douleur au bout d’un certain temps de fraisage, douleur qui se surajoute à celle éprouvée par le patient pen- dant le ou les jours précédents.

Si, au contraire, la quantité de médicament a été telle que son action se soit exercée au delà de la couche de dentine à fraiser, une fois la cavité finie et celle-ci obturée, nous aurons laissé dans les tubuli de la dentine, qui l’aura absorbé, une quantité de médicament capable par la suite d’altérer plus ou moins la pulpe de la dent. Ainsi peuvent s'expliquer certaines mortifications pulpaires qu’on attribue, semble-t-il, trop facilement à la prétendue impureté où nocivité de certains produits d’obturation.

Un autre moyen utilisant la cocaïne comme agent anesthésique et l'électricité comme véhicule a été essayé sous le nom de « Cataphorèse ». Cette méthode a été abandonnée en raison de ses difficultés d'application.

Nous arrivons maintenant à l'emploi des anesthésiques vrais et en particulier de la cocaïne.

On a utilisé d’abord la cocaïne associée à l'acide phénique sous

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