ANOMALIES
Mais il nous a paru que les malformations de la région étaient particulièrement fréquentes.
Très souvent, les dernières lames sacrées sont incomplètement soudées, ou ne le sont pas du tout. Une fois sur cinq, la dernière sacrée est mal ou non soudée.
Dans tous les cas, il est fréquent que l’hiatus sacro-coccygien ne se trouve pas à la place exacte que nous lui avons assignée dans l’anatomie normale.
S'il descend notablement plus bas, il en résulte un véritable danger de l’anesthésie épidurale, qui risque alors de devenir une rachi.
S'il remonte beaucoup plus haut, il peut en résulter un échec del’anesthésie épidurale, la solution anesthésique n'arrivant pas entièrement au contact des troncs nerveux.
Nous croyons que l’on a pas suffisamment insisté sur cette cause d’échec ; les malformations congénitales de la région peuvent, à notre avis, expliquer certaines épidurales « manquées », bien qu’elles aientété pratiquées avec une technique rigoureuse. Dans un cas, nous aurions dû nous en méfier, car la malade présentait une autre malformation anatomique très apparente : l’atrophie considérable du col et du corps de l’utérus ; à cette anomolie correspondait sans doute une modification dans l'anatomie
LMO
de la région sacrée : malgré une épidurale correctement pratiquée, bien que la malade ait été placée dans le décubitus dorsal dès l'injection faite, nous avons obtenu un résultat inattendu : hémianesthésie du périnée, de la vulve et du vagin, hémiparésie du membre inférieur du même côté (gauche). Ce résultat ne peut être attribué, selon nous, qu’à une malformation anatomique du contenant et du contenu du canal sacré (obs. I).
Quoiqu'il en soit, cette observation nous permet de conclure que, étant donnée la fréquence ‘des anomalies de la région, on doit se défier de l’épidurale toutes les fois qu’un malade présente des malformations anatomiques congénitalesapparentes.