‹ L’ANESTHÉSIE GÉNÉRALE A L'ÉVIPAN SODIQUEChapitre 9 sur 37 · LAND · texte numérisé non relu

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Nous verrons en quelques mots au chapitre de la technique d’anesthésie le nouveau procédé employé par MM. Jentzer, Oltramare et Poncet.

Après avoir passé en revue les réactions cliniques de l’adulte, nous dirons un mot de celles de l’enfant.

Chez ce dernier, certains auteurs hésitaient à employer cet anesthésique. Nous nous référerons d’abord à l’article de MM. Jentzer, Oltramare et Poncet (Cf. Presse Médicale) « Wendel prétendait que l'injection intra-veineuse était difficile chez l’enfant, Baetzner et Frund disaient qu’une très forte dose était nécessaire pour arriver à supprimer les réflexes. Klages, par contre, qui paraît avoir une plus grande expérience dans ce domaine, est d’un avis différent. Son malade le plus jeune est âgé de 5 mois; pour lui faire une désarticulation de l’épaule, il la endormi avec 3/4 de cc. d'Evipan injecté dans le sinus par la fontanelle. Klages observe que la dose à injecter dépend de l’âge, de la constitution et de l’état du malade. Il cite à ce sujet l’exemple d’un jeune homme de 14 ans, atteint d’une ostéo-myélite du bassin et auquel il dut donner pour une ponction et incision, 7 cc. d’'Evipan, plus 20 gr. d’éther. Six semaines après une ostéomyélite progressive, pour une opération analogue à la première, il donna au même malade 5 cc. 1/2 d'Evipan seulement, sans éther, et la narcose fut parfaite. Voici les doses que Klages indique d’après l’âge des enfants :

4 mois 1/2 à 6 mois : 3/4 de cc.

1 an 1/2 à 2 ans : 1 ce. 1/2.

2 ans à 3 ans : 2 à 2 cc. 1/2,

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3 ans à 5 ans : 3 à 4 cc.

5 ans à 7 ans : 4 à 5 cc.

7 ans à 10 ans : 5 à 6 cc.

10 ans à 12 ans : environ 6 cc.

12 ans à 14 ans : 6 à 8 cc.

Avec ces doses, il n’a jamais eu d’accident désagréable; il ne s’est pas produit de troubles respiratoires avec cyanose, ni de troubles cardiaques. Seuls, les enfants très agités réagissent mal à l’Evipan. Voici comment procède Klages : Injection lente, alors que le petit malade est encore dans son lit, et fixation du bras pour empêcher l’aiguille de sortir.

Friedmann n'utilise l’Evipan que très rarement chez les enfants, pour les opérations de longue durée. Il n’a jamais constaté de vomissements après la narcose; par contre, le réveil serait agité et nécessiterait la présence auprès de l’enfant d’une Sœur spéciale. Il appelle ces enfants avec assez d'humour « die Evipankinder ». Friedmann est d’avis que l’Evipan est tout particulièrement indiqué pour les enfants devant subir plusieurs narcoses de suite. Un de ses petits malades a été endormi 6 fois, sans jamais avoir eu peur de la narcose, et sans jamais en avoir gardé aucun mauvais souvenir. »

Il est assez rare de trouver dans la littérature des appréciations sur l’usage de l’Evipan Sodique en chirurgie infantile.

Dans les Hôpitaux de Nice, dans le service de M. le Docteur Vialle, M. le Docteur Lapouge et nous-même, avons employé l’Evipan chez l’enfant comme chez l’adulte, sans appréhension et sans préparation spéciale : comme on pourra s’en rendre

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compte par les observations publiées, les enfants ont remarquablement résisté à ce nouveau mode d’anesthésie. Certains enfants sont trop âgés pour recevoir une injection dans le sinus, et leurs bras, petits et potelés, rendent difficile l’injection intra-veineuse au pli du coude. Ce n’est là, à la vérité, qu’un petit inconvénient pour un anesthésiste un peu patient.

On peut, si l’on veut, injecter préalablement une petite quantité de Coramine, tranquilliser le petit malade et immobiliser parfaitement le bras à injecter.

L’anesthésie est rapide, immédiate même, avec des doses proportionnelles au poids et nous n’avons pas remarqué cette grosse résistance de l'enfant à l'Evipan Sodique, résistance que soulignaïient quelques auteurs allemands.

Il convient, cependant, d’avouer que le réveil est un peu plus rapide que chez l’adulte et qu’il y a fréquemment, à la fin de l’anesthésie, une période d’excitation plus vive. Ces petits inconvénients mis à part, l’anesthésie à l’'Evipan Sodique nous parait indiquée en chirurgie infantile, car elle évite des complications pulmonaires qui sont l’échec trop fréquent de certaines anesthésies par inhalation dans le jeune âge. Il serait intéressant de savoir si, chez un nourrisson endormi à l’Evipan Sodique, on noterait le syndrome « pâleur hyperthermie », si tant est que ce syndrome soit lié à l’anesthésie.

En résumé, les effets cliniques de l’'Evipan sont sensiblement les mêmes que ses effets expérimentaux, et chez l’homme, comme chez l'animal, l’anesthésie, dans la grande majorité des cas, est simple, à condition

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que soient bien calculées les doses et que l'injection soit poussée très lentement.

Nous allons voir maintenant de façon détaillée la technique de l'injection et les soins pré-opératoires, la posologie de l’Evipan Sodique et la prophylaxie des accidents.

GOURDIAT 3

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