Le solvant
Dans tous les cas, nous avons utilisé le sérum physiologique. Nous avons vu que la diffusion du liquide
était — proportionnelle à la quantité de liquide ; — inversement proportionnelle à la viscosité du solvant.
DENEKE, en Allemagne, a eu l’idée très ingénieuse d'augmenter la viscosité du solvant afin de diminuer la diffusion du liquide. Cela lui permet, avec une dose minima, de bien localiser la zone d’anesthésie qui est au maximum segmentaire.
Dans une première série de cas, il a utilisé un mélange composé de
— moitié solution aqueuse de pantocaine ; — moitié sérum humain.
La limitation de l’anesthésie a été insuffisante.
Dans une deuxième série de cas, il a utilisé la gélatine qui avait déjà été employée autrefois par BIER et KiaP dans les rachianesthésies.- Il utilise actuellement une solution composée de :
— moitié gélatine de Merck ; moitié pantocaïne à 3 ou 4 %.
L’anesthésie est très segmentaire. Elle atteint, 2, 3 à 4 segments au-dessus du point injecté, 3 segments au-dessous, avec un volume variant de 8 à 15 centi-
ES. ne
mètres cubes. Il prétend obtenir des anesthésies unilatérales.
La dose d’anesthésie est beaucoup moindre.
La durée d’anesthésie est beaucoup plus longue. Au lieu d’une anesthésie de deux heures que lui donne la pantocaïne en solution aqueuse, il obtient des anesthésies de 5 à 6 heures. Cette longue durée constitue, selon cet auteur, un très gros progrès, car la suppression de la douleur dans les heures qui suivent l'opération empêche le blocage du diaphragme, permet la ventilation pulmonaire, évite les complications respiratoires.
Enfin, par cette technique, il n’y aurait pas à redouter la résorption toxique.
Par contre, elle n'empêche pas la chute de la tension. DENEKE n’en observe pas dans les anesthésies sous-ombilicales. Il les redoute dans les sus-ombilicales.
Carlo PARENT a fait l’essai de solutions gélatineuses.
— Dans une première série de cas, il a utilisé des solutions gélatinées sans addition d’adrénaline et les anesthésies ont été insuffisantes. Ce fait ne saurait nous surprendre. Nous avons fait la même constatation.
— Dans une deuxième série, il a ajouté de l’adrénaline et les anesthésies ont été de très bonne qualité. Donc, même les solutions gélatinées exigent une grosse dose d’adrénaline.
Il a utilisé :
— moitié gélatine Merck à 5 % ;
— moitié solution pantocaïne ; — 1 cm$ adrénaline au millième.
Il n’a pas eu l’impression que cette méthode permettait de diminuer la dose de pantocaïne injectée. Mais il a eu une anesthésie plus segmentaire et de plus longue durée. Les solutions de gélatine qu’il a utilisées sont peut-être trop diluées.
Le principe en est très logique ; les résultats semblent du plus haut intérêt.