Twysden, p. 1706 et
La politique de la papauté avait été de multiplier, sous prétexte d'honneur, cette dignité de prùjiat, et d'affaiblir par là l'autorité des titulaires; mais dans un royaume insulaire, cette dignité unique reprenait tout à coup une importance toute nouvelle.
Tel était, au point de vue religieux, le vrai caractère de la question. Son importance, comme mesure politique, n'était guère moindre. M. Augustin Thierry a surtout envisagé ce côté des débats, trop exclusivement, semble-t-il (1). Pour lui, le nouveau plan de constitution ecclésiastique est surtout conçu en vue de la stabilité de la conquête. Il est permis de supposer au contraire que Lanfranc ne fit briller aux yeux de Guillaume les avantages politiques de ce changement que pour obtenir son appui. C'est à l'occasion de la consécration de Thomas d'York que la querelle commença (2). En 1070, suivant la Chronique saxonne, Thomas se rendit à Cantorbéry pour se faire sacrer par le nouvel archevêque. Lanfranc lui demanda une profession d'obéissance, sous l'autorité du serment (3). Thomas déclara qu'il ne se prêterait pas aux actes qu'on exigeait de lui, à moins que le droit de son rival ne fût établi par des textes et des raisons sans réplique (4). Lanfranc ne céda point ; son calme ordinaire paraît même l'avoir abandonné en cette occasion (5) ; il ordonna aux évêques et aux abbés convoqués pour la cérémonie d'enlever à Thomas les ornements qu'il avait revêtus; ce qui fut fait aussitôt. (6) Thomas se retira sans avoir reçu la bénédiction de l'archevêque. Il porta l'affaire devant le roi. Guillaume n'en soupçonna pas l'importance ; il n'y vit qu'un démêlé de moines. Étranger au détail des questions d'Eglise, indifférent à des discussions de textes, il s'imagina tout d'abord que les prétentions de Lanfranc étaient arbitraires, (7)