‹ Lanfranc, archevêque de CantorbéryChapitre 101 sur 175 · Eum devestire. [Ibicl · texte numérisé non relu

Eum devestire. [Ibicl

1 . Quod rex audiens, graviter aestimans Laiifrancum injuste petere et scientiâ litterarum magis quàm ratione et veritate coiiBdere... — Stephani lîiiclii'igtoni Uislor. arch. Cantuar. A. Sacra. I, 6.

contraires à la justice et aux traditions. Il avait plus de confiance, dit un chroniqueur, dans les talents littéraires de Lanfranc que dans son respect du droit. — L'archevêque savait attendre ; quand la première émotion fut dissipée, il se rendit à l'endroit où le roi tenait sa cour, lui fit demander une audience et l'obtint. Au sortir de cet entretien le roi Guillaume était calmé ; Lanfranc l'avait enveloppé des artifices de sa parole (l). C'est alors sans doute que la question prit une importance et un caractère tout nouveaux. Jusqu'à ce moment, elle était si bien dégagée de toute politique, que les Angio-Saxons eux-mêmes, à ne considérer que les droits en présence, fortifiaient le témoignage de Lanfranc et grossissaient son parti (2). Le fait a son importance ; et bien qu'il soit rapporté par un historien des archevêques de Cantorbéry, il ne parait pas devoir être rejeté (3). Si la politique seule eût inspiré Lanfranc, comment admettre que, longtemps avant la décision de la question, la clairvoyance des vaincus n'eût pas deviné le danger? Comment les Anglo-Saxons eux-mêmes auraient-ils été dupes? Comment Guillaume eût-il hésité, et repoussé avec rudesse l'appui d'un pouvoir auquel rien ne résiste? C'est alors sans doute que Lanfranc, menacé dans sa domination spirituelle, appela à son aide la politique, changea le caractère du débat, l'agrandit, l'éleva et sut intéresser à sa cause le roi de qui tout dépendait. Il l'y intéressa si bien, qu'elle devint la cause même du roi. Ce fut le triomphe de son habileté ; le moine avait raison de dire : multimodœ persuasiones . Il gagna l'esprit de Guillaume. Les arguments qu'il employa pour le séduire étaient d'une importance capitale ; il parla de la nécessité de maintenir à tout prix l'unité du royaume (4) ; il fallait pour la garantir une sorte de pouvoir à deux têtes, laïque et religieux, qui fit face à tout, et comprimât par la double autorité de la force et de la religion toute

1. Posteà persuasionibus Lanfranci multimodis distractus, — Stubbs, p. 1706.

2. C'est Guill. de Mahnesbury qui en fait le premier la remarque t « Angli enim qui rem noverant, assertionibus ejus per omnia constantissimè testimonium perbibebant w. — De Gesû, Pont., liv. I.

3. Bien que la Cliron. saxonne ne porte pas un jugement précis sur le caractère de ces débats, il est hors de doute qu'elle est plutôt favorable à Cantorbéry.

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