‹ Lanfranc, archevêque de CantorbéryChapitre 102 sur 175 · Pi'opter unitatem et pacem regni. (Stubbs, page · texte numérisé non relu

Pi'opter unitatem et pacem regni. (Stubbs, page

tentative de résistance (1). La paix du royaume était à ce prix ; son intégrité elle-même ne pouvait être sauvée que parla. Le nordest de l'Angleterre était encore mal soumis ; c'est par là que les ennemis extérieurs de Guillaume avaient déjà paru ; ils pouvaient reparaître encore. Que devenait le fruit de la conquête, si l'archevêque d'York, gagné ou contraint, sacrait roi un barbare étranger ? Sacré par un primat, ce roi d'aventure ne pouvait-il tout rem.ettre en question? Il y aurait deux rois et deux royaumes (2).

Ces raisons politiques avaient trop de force pour ne pas décider le roi. C'étaient d'ailleurs des raisons et non des sopliismes. On ne peut admettre sans réserve la citation souvent reproduite du moine Gervaise : « que dans les embrassements mutuels de la royauté et du sacerdoce les vaincus furent étouffés (3). » Gervaise, qui écrit vers 1200, sous le roi Jean, ne pardonne pas à Lanfranc d'avoir réduit à la condition commune la célèbre abbaj^e de Saint- Augustin, dont il est moine ; il est bien loin des événements pour que son témoignage soit sans réplique. Ce que Lanfranc proposa au roi, c'était une association des deux puissances pour maintenir Tordre nouveau créé par la conquête : de cette association défensive à une oppression systématique, il y avait loin encore.

Il n'est pas aisé, on le voit, de démêler dans cette question la part d'influence des différents motifs. Il semble évident, d'après le récit de Thomas Stubbs (le plus circonstancié qui nous soit parvenu), que la question fut tout d'abord et simplement un débat religieux : si l'affaire eût été surtout politique, Lanfranc n'eût pas engagé une querelle de cette importance, sans prendre l'avis du roi; et il est hors de doute que Guillaume ignorait jusqu'au premier mot de la question, lorsque Thomas d'York obtint de lui l'ordre formel donné à Lanfranc de renoncer à ses prétentions. C'est après ce premier échec que Lanfranc, battu sur le terrrain religieux, demanda aux

1. Utile esse ad regni integritatem et firmitatem ut Britaimia uni quasi Primati subderetur. — Stubbs, p. 1706.

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