‹ Lanfranc, archevêque de CantorbéryChapitre 103 sur 175 · Sic regnum turbatum scinderetur, {Ibid · texte numérisé non relu

Sic regnum turbatum scinderetur, {Ibid

3. Dum regnum et sacerdotium innostriun detrimentum mutuos commutarent amplexus. — Imaginationes Gervasii... Twysden, p. 1333.

Pour bien se rendre compte du sentiment qui inspire Gervaise, moine de Saint-Augustin, il fautlire la phrase tout entière : « Prœlatus Lanfntncus omnes Anglise subjugavit Ecclesias, nostramque, quia proxima est, sibi fecit tributariam, »

intérêts politiques une force nouvelle et donna à la question un tour tout nouveau. Il importe, pour ne pas dénaturer le caractère des faits, de tenir compte de cette différence dans les dates.

Guillaume, gagné au projet de Lanfranc, ne se retourna pas brusquement contre Thomas d'York ; il essaya tout d'abord d'obtenir par la douceur", par la séduction des promesses et les flatteries (1), ce qu'il était alors déterminé à imposer ; il caressa, il fit espérer; il lui était dur de se désavouer lui-même. Thomas fut inflexible, et le roi passant des prières aux menaces, entra dans une violente colère, et ne vit plus dans le Normand Thomas d'York qu'un ennemi : « Il lui voua, disent les vieux auteurs, une haine éternelle.»

Quoique Normand, Thomas prétendait garder vis-à-vis du roi l'indépendance que semblait devoir lui assurer la possession d'un siège archiépiscopal ; il en défendit les droits avec toute l'ardeur d'un «nouveau citoyen d'Angleterre (2). » Il semble que s'il se fût agi seulemeilt d'un nouveau plan d'organisation de la conquête, un de ces hommes qui devaient tout à la fortune des armes ne se fût pas montré si ardent à défendre des droits que, le vainqueur avait intérêt à méconnaître. Thomas prit son rôle au sérieux ; il résista et demanda à son rival de produire les titres qui établissaient ces privilèges contestés. Les titres, s'il y en eut jamais d'authentiques et en bonne forme, furent censés avoir été détruits dans le grand incendie, qui, trois ans avant l'arrivée de Lanfranc, avait dévoré une grande partie de l'Eglise de Cantorbéry (3). C'était une ruse de guerre, bien imaginée pour mettre fin aux querelles de textes. Le débat pouvait traîner en longueur ; Guillaume, que ces lenteurs irritaient et qui avait pris parti avec passion, rappela durement à l'archevêque d'York que dans une question où l'opinion du duc de Normandie était faite, l'ancien chanoine normand n'avait qu'à se soumettre. L'irritation du roi ne connaissait plus de bornes, il menaça Thomas de le chasser, lui et les siens, d'Angleterre et de Normandie. L'infortuné prélat se

L Quam neque precibus neque blanditiis vel promissis rex a Thomâ impetrare posset... — Stubbs, p. 1706.

2. Ut novus Anglise civis nimiutii conatus est ad exaltationem Ecclesia) suœ (Ecclesiam Cantuarensem) humihare. — Eadmer. Hist. nov,, p. 9.

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