‹ Lanfranc, archevêque de CantorbéryChapitre 107 sur 175 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Le monachisme en Angleterre avant la conquête. — Moines et clercs : leur rivalité nécessaire. — Tentatives faites avant la conquête pour établir la domination exclusive des moines. — Parti des évêques normands qui proposent une révolution en faveur des clercs. — Lanfranc prend parti pour les moines. — Sa politique, avant tout romaine, est d'accord avec la tradition anglo-saxonne. — Lanfranc et Dunstan : triomphe du monachisme. — Origine de l'importance de l'abbaye de Saint-Augustin. — Coniïits entre l'abbé et l'archevêque de Cantorbéry avant 1066. — Causes de conflit entre l'archevêque et les moines Augustiniens. — Réformes morales et canoniques. — ïsouveau caractère de la lutte en 1080. — Caractère de l'administration de Lanfranc dans son diocèse. — Revendication des biens enlevés à l'archevêché. — Conflit entre Lanfranc et Eudes. — Émancipation de l'Église de Cantorbéry.

Lanfranc n'avait pas besoin de dépasser les limites mêmes de son Eglise pour trouver matière à de graves querelles ; les ennemis personnels, les rivaux d'influence ne lui manquaient pas dans son propre diocèse, et aux portes même de Cantorbéry, l'abbé de Saint- Augustin, avec des prétentions d'une autre nature, n'était guère moins redoutable que l'archevêque d'York. L'étude de son administration nous fera connaître plus d'une particularité intéressante de la vie religieuse au xi" siècle.

L'église de Cantorbéry avait autant souffert des invasions danoises que les églises les plus exposées du Nord et de l'Est. Sous le pontificat d'Elphége, le quatrième successeur de Dunstan (1), les Danois ravagèrent la ville de Cantorbéry et mirent le feu à l'église du Christ. L'archevêque, qui avait provoqué cette agression en encourageant la résistance, fut pris, emmené à Greenwich où il resta prisonnier sept mois : après les tortures de la captivité on le lapida (2). Plus tard, les dévastations des Normands achevèrent l'œuvre commencée par les Danois; l'église fut la proie d'un

1. Elphége, martyr en 1012, le 3« jour des Calendes de mai, la septième année de son épiscopat. (Voir Victorius. Archiep. Cantuar. Catalogua. Rome, 1604.

Page 1