‹ Lanfranc, archevêque de CantorbéryChapitre 108 sur 175 · Eadmer. Éd. Selden, p · texte numérisé non relu

Eadmer. Éd. Selden, p

second incendie (1), et en 1070, lorsque Lanfranc prit possession de son siège, il la trouva entièrement ruinée et réduite à rien (2). Son premier soin fut de faire élever en toute hâte les demeures nécessaires aux moines qui desservaient Tèglise ; cette installation provisoire dura quelques années; plus tard elle parut insuffisante; on la remplaça par des locaux plus vastes et plus riches. Les travaux de reconstruction de l'église furent entrepris en même temps et poussés avec vigueur; sept ans après, l'œuvre était achevée, des fondements aux combles (3) ; les ornements précieux, chappes, chasubles, dalmatiques, vases d'or et d'argent, furent prodigués, et l'église du Christ reparut, digne par la splendeur matérielle, de l'autorité souveraine qui s'attachait à son siège.

Presque en même temps, des constructions d'un autre caractère témoignaient du zèle du nouveau prélat : à l'extrémité nord de la ville, il fit bâtir un vaste local, divisé en deux parties : la moitié était réservée aux hommes infirmes ou malades; l'aufre partie recevait les femmes. En face de cet hôpital, il fit bâtir une église sous l'invocation du pape saint Grégoire; il j établit des chanoines, soumis à la règle, et chargés de rendre aux malades les soins religieux. Des donations importantes assurèrent à ces divers établissements les revenus nécessaires à leur prospérité. A l'extrémité opposée de la ville, une léproserie s'éleva; hommes et femmes y étaient reçus, dans des corps de logis distincts ; il établit près de ces malades maudits un service régulier d'infirmiers dont le dévouement fût éprouvé (4).

Ce n'étaient là que les actes d'un administrateur bienveillant et sage : le partisan de la réforme romaine va se révéler à d'autres marques.

Lorsqu'il prit possession de son église cathédrale, Lanfranc y trouva seulement quelques moines chargés du service religieux. Depuis longtemps ils avaient oublié les prescriptions de la règle, et leur vie ressemblait à celle des séculiers (5). Il semble môme

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