‹ Lanfranc, archevêque de CantorbéryChapitre 11 sur 175 · Ap. Labbe, ix, p. .r2l · texte numérisé non relu

Ap. Labbe, ix, p. .r2l

celte réforme, en arrcichant les moines à la vie du siècle et à la domination exclusive du corps, les prédisposa à la reprise des études et les rendit peu à peu à la vie de l'esprit. Ce fut Odon de Cluny qui commença cette œuvre nécessaire ; l'exemple fut rapidement suivi. Le moment était venu, en effet, où pliant sous le poids de teurs vices et de la barbarie, les couvents devaient disparaître enliérement, ou renaitre à une vie nouvelle, au prix d'un glorieux effort vers des mœurs plus pures et des études plus hautes.

Alors, autant de monastères réformés, autant d'écoles établies. La réforme commença par Cluny, se continua par Aurillac, où Gerbert se forma; et se répandit de là dans toute la France, pour rayonner aussi en dehors du pays qui s'honorait d'en avoir donné l'exemple. Ce fut le grand fait social, littéraire et politique du X* siècle. Otton le Grand, qui ne s'y était pas trompé, voulait confier au troisième abbé de Cluny, Mayolus, une sorte de surveillance sur tous les couvents de son royaume d'Allemagne. Sous l'influence de cet esprit nouveau, on vit bientôt les écoles déjà anciennes, et autrefois d'un grand renom, reprendre quelque importance, des écoles nouvelles se fonder, autour des églises, à l'ombre des cloîtres. Les écoles de Lyon, qui avaient autrefois emprunté tant d'illustration à la présence du savant Leidrade, et où Mayolus avait étudié, reprirent leur ancien rang; en parlant du saint abbé auquel il succédait, Odilon le loue d'avoir été puiser la science dans cette ville qui est la « nourrice et la mère de la philoso phie (1). » L'Église de Reims, le couvent de Fleury avaient eu leurs jours de gloire ; ils les retrouvèrent; et ce fut alors dans toute la France un mouvement d'esprit, une fièvre d'études, dont le spectacle repose l'historien au sortir de l'engourdissement de l'âge antérieur. Sur tous les points des écoles sont ouvertes ; à Chartres, l'école épiscopale reçut de l'enseignement de Fulbert, plus tard évèque, une célébrité alors sans égale; le nombre des étudiants qui se pressaient pour recueillir sa parole vers l'an 1000, fit donner à cette école le nom d'Académie. Là se formèrent, sous la direction du savant professeur, quelques-uns des hommes dont les noms doivent marquer dans l'histoire littéraire du xi* siècle . Bérenger est au premier rang. Liège, Gemblou, Metz, Toul, Verdun,

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