‹ Lanfranc, archevêque de CantorbéryChapitre 12 sur 175 · Bi-ucker, 111, p · texte numérisé non relu

Bi-ucker, 111, p

Cambrai formaient des légions d'élèves; vers l'Est et le Sud, de Besançon à Saint- Victor de Marseille et à Lérins, en passant par Dijon, Langres et la Chaise-Dieu (1), les écoles se multipliaient, moins célèbres toutefois que celles du Nord et condamnées à n'exercer sur la direction du mouvement littéraire de ce temps qu'une médiocre influence. Le Centre et l'Ouest offraient Saint- Martial de Limoges, les écoles de Périgueux, de Poitiers, de Tours, de Noirmoutiers, le collège de la Porte de fer, fondé à Angers en 1031, l'école de l'Eglise du Mans, Fougères, Saint- Gildas : — pour ne citer que les plus florissantes. Leur réputation, vers la première moitié du xf siècle, ne fut pas contenue dans l'enceinte du royaume de France : les étudiants y venaient des pays les plus éloignés : les Anglais les visitaient déjà depuis longtemps. Ce fut sans doute cette réputation et le désir de s'illustrer par ce talent de parole déjà éprouvé à Pavie qui attirèrent L anfranc de ce côté des monts.

On peut fixer aux environs de l'année 1040 l'arrivée en France du futur professeur au monastère du Bec. Il est à remarquer qu'il n'y vint pas seul : son biographe raconte qu'il amena avec lui plusieurs élèves du plus grand nom, enfants des plus nobles familles (2). Sans doute, il ne faisait qu'obéir à l'impulsion donnée en tout pays par l'opinion générale, et suivre le mouvement qui entraînait en France tous les esprits désireux de trouver la lumière, ou assez confiants dans leurs propres forces pour espérer pouvoir la répandre eux-mêmes un jour. Il se mit à la tête de cette caravane studieuse, composée peut-être de quelques-uns de ces jeunes gens qu'il avait initiés à Pavie au secret de ses études personnelles. De tous ceux qui, avant et après cette époque, émigrèrent en France, Lanfranc est peut-être le seul qui se soit présenté avec ce cortège; indice à peu près certain de l'influence qu'il avait déjà exercée et de l'autorité qui s'attachait à son nom. — Nous ne savons pas s'il séjourna quelque temps dans les provinces qui s'offraient à lui tout d'abord, ou s'il entra en France avec le projet de faire de la Normandie sa patrie nouvelle. Mais il ne paraît pas s'être arrêté avant d'être parvenu à ce terme de son pèlerinage; on

1. Le monastère de la Chaise Dieu, entre le Puy et Clermont , ne fat fondé que vers 1046.

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