‹ Lanfranc, archevêque de CantorbéryChapitre 117 sur 175 · Cil. de Rémusat. Saint Jiiselme, p. l · texte numérisé non relu

Cil. de Rémusat. Saint Jiiselme, p. l

à tous les actes de Lanfranc : une fermeté rare, sous les dehors d'une prudence cauteleuse. La complicité inconsciente de l'abbé devait lui permettre de tout tenter sans éclat; il admit, plus que jamais, Scotland dans son amitié ; leur liaison était ancienne ; il en resserra les liens. D'abord il fit prier l'abbé d'envoyer ses prêtres dans son église cathédrale pour entendre ses sermons et ajouter plus d'éclat à ses solennités ; il le demanda ensuite luimême. L'abbé résista ; c'était porter atteinte aux droits de l'église de Saint -Augustin. Lanfranc revint doucement à la charge ; aucun droit n'était violé ; il n'était question que d'entendre la voix de Dieu. L'abbé se laissa gagner et son amitié pour le prélat trahit les privilèges de son ordre. Il fallut forcer les moines qui résistaient. Lanfranc avait promis que dans ces réunions on ne prendrait aucune mesure d'organisation religieuse ; mais peu à peu, ce furent des chapitres, des synodes ; et Scotland y conduisit tous ses moines, tous ses paroissiens. Jusqu'alors, le seul juge des manquements à la religion avait été l'abbé; Lanfranc évoqua toutes ces causes devant son tribunal : ce ne furent plus les commissaires de l'abbé, mais ceux de l'évèque qui fixèrent la peine et l'appliquèrent. Le mécontentement se traduisit d'abord par des murmures. Comme il arrive toujours dans un conflit d'attributions, après avoir ressaisi tout le pouvoir, Lanfranc crut n'avoir pas assez fait s'il ne leur en retirait jusqu'aux apparences. Il défendit aux moines de sonner leurs cloches avant que les cloches de l'église cathédrale ne leur en eussent donné le signal : les offices furent réglés à l'image de ceux de Cantorbéry. C'en était trop pour la vanité des moines ; ils prirent plaisir à violer les règles canoniques pour la célébration des offices (1). Par un dernier effort, ils chargèrent leur abbé de transmettre au pape leurs protestations ; l'abbé ferma la porte du cloitre et leur défendit d'en sortir. Il n'est pas douteux que sur ce point les prétentions de Lanfranc ne fussent en désaccord avec la politique constante de la papauté (2). La cour de Rome avait intérêt à retenir sous son autorité immédiate les grands établissements religieux; elle

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