‹ Lanfranc, archevêque de CantorbéryChapitre 13 sur 175 · Vita, ch. I. — Clironicon Beccensc · texte numérisé non relu

Vita, ch. I. — Clironicon Beccensc

ne retrouve nulle part ailleurs des traces de son séjour; il y a tout lieu de supposer qu'il se rendit directement en Normandie.

Le moine qui a écrit la Chronique du Bec raconte que Lanfranc se décida pour la Normandie parce que les études y étaient moins en honneur que dans les autres provinces de la Gaule ; « Il comprit, dit-il, par une inspiration secrète de la Providence, que c'était là qu'il y avait pour lui le plus de gloire à recueillir, le plus de profit à faire; et il s'y rendit avec quelques compagnons (1). »

Il est hors de doute que nulle part en France, au xi^ siècle, les lettres ne furent cultivées avec plus d'éclat qu'en Normandie; mais un siècle auparavant nul n'eût été en droit de l'espérer. 0. Vital dit d'une façon trop exclusive peut-être : « Sous les six premiers ducs de Neustrie, presque personne en Normandie ne se livra à l'étude des arts libéraux; on n'y trouvait aucun docteur, jusqu'au jour où Dieu qui pourvoit à tout fit aborder Lanfranc aux rivages de Normandie (2). » Et la chronique du Bec n'est guère moins sévère quand elle appelle les Normands au début du xi^ siècle une nation barbare : harharica gens. Peu de princes avaient pourtant fait plus d'efî"orts et montré plus d'esprit de suite dans une administration intelligente que les six premiers ducs de Normandie, de Rollon à Robert le Magnifique. Rollon avait fait de la Normandie la province la mieux policée de l'Europe à cette époque; Walsingham en cite maint exemple intéressant (3). Grand justicier, souvent brutal, il n'en avait pas moins fait connaître à la province un calme tout nouveau et une sorte de sécurité relative. Les conditions semblaient être les meilleures que l'on pût souhaiter alors pour la reprise des études. Son fils Guillaume I" se fit remarquer par sa libéralité, souvent sans mesure, envers les moines. Cet homme que le trouvère anglo-normand Benoist représente avec sa longue épée, telle que :

Une plus belle arme ne meillor Nait quons, ne reis, n'empéreor! (4)

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