Ibid
3. Ad compriniendam quorumdam indiscretorum insolentiam. Guil. de Malmesb. De Ces t. Pont., liv. I.
4. M. Gfi'ôrcr exagci-e l'importance canonique de l'assemblée de 1070. Aucun texte ne lui donne raison.
dans toute l'Angleterre, vivement recommandés et peut-être commentés, à la demande d'un grand nombre de gens d'Eglise, par les lettres du primat lui -môme (1). Ces mots de la Chronique saxonne : « Cujus gestionem, rogatu niultormn^ litteris commendavity » sont les seuls de tout l'ouvrage qui nous signalent dans l'œuvre de Lanfranc des mesures d'un caractère général. Des autres conciles, la Chronique ne retient que les changements de personnes. Nous n'avons pas énuméré tous les décrets de 1075; il y en eut un relatif aux sortilèges, aux degrés de parenté qui permettent encore le mariage ; d'autres réglèrent des questions d'administration ou de juridiction ecclésiastique dont l'examen viendra plus tard. Mais là n'est pas le véritable intérêt de cette assemblée; il est tout entier dans le rétablissement de la règle monastique et de la véritable vie religieuse. A consulter seulement la date, on serait prêt à chercher autre chose encore : le grand concile romain où fut proclamée l'obligation du célibat ecclésiastique est de 1074; la question semble avoir été réservée, en 1075. Malmesbury n'en dit rien. On trouve, il est vrai, dans la Chronique de Brointon, à la date de 1103, une allusion à un article d'un concile de Londres : « Les diacres ou sous-diacres qui après la défense prononcée par le concile de Londres ont gardé leur femme (2) » Il s'agit d'un concile présidé par saint Anselme, que Bromton place à Winchester et qui fut tenu à Londres en 1102 (3). Peut-être Bromton, bien qu'il écrivît dans la seconde moitié du xii" siècle, par une confusion aisée à expliquer, pensait-il au concile de Londres de 1102, et non aux grandes assises tenues par Lanfranc vingt-sept ans auparavant.
Sans vouloir en donner une raison qu'aucun texte ne justifierait, constatons que la règle du célibat ecclésiastique n'est pas encore imposée à l'Eglise anglaise en 1075.
C'est au concile de Rome, en 1074, que Grégoire VII avait anathématisé les simoniaques et prononcé l'interdiction contre les
1. Quinto anno générale concilium Londoniac celebratum, cujus gestionem, rogatu multorum, htteris commendavit. {Chron. saxon., éd. Gibson, p. 179.
2. Subdiaconi qui post interdictum Londoniensis concilii feminas suas tenuerint... {Chron. Johan. Bi^omton. Twysden, p. 1001.)