‹ Lanfranc, archevêque de CantorbéryChapitre 130 sur 175 · LeL · texte numérisé non relu

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5. Matronis, virginibus... (Spelman, II, p. 7). — Eadiner, p. 57.

le concile de 1075 (1). Il fut décidé que toutes les nonnes qui pourraient établir par le témoignage solennel de deux autres religieuses que le seul motif de leur entrée en religion avait été la « crainte des Français (2), » seraient libres de se retirer. Ainsi était réparée une des violences les plus odieuses de la conquête.

Implacable dans ses rigueurs contre les moines coupables, comme on le voit par deux de ses lettres à Tarchevêque Jean(3), Lanfranc a de l'indulgence pour la simple faiblesse que rachète le repentir : deux moines s'étaient échappés de leur couvent : ils allèrent trouver Lanfranc, s'accusèrent de leur faute, se déclarant prêts à recevoir la peine canonique : l'archevêque les traita rudement en paroles (4), mais il écrivit à leur abbé pour solliciter en leur laveur (5). Cet e^cemple n'est pas unique et la lettre 55 en est la preuve.

Après les deux grands conciles de 1075 et 1076, Lanfranc voulut avoir comme son monastère modèle, et il confia la dignité d'abbé de Saint- Albans à son neveu Paul, que la malignité de ses ennemis faisait passer pour son fils. C'est à la fin de juin 1077 que Paul fut installé. Par son origine et les hautes relations qui en étaient l'effet, Paul était l'homme qui pouvait le mieux relever Saint-Albans de sa décadence (6) : à l'intérieur, on avait perdu jusqu'au souvenir de la règle; les biens temporels de l'abbaye avaient été ou violemment enlevés ou détournés sans bruit: il n'en restait rien. Saint-Albans avait eu le sort de la plupart des grands couvents d'Angleterre : en 1072, à l'abbaye de Glocester, le nouvel abbé Serlon trouva, quand il en prit possession, deux moines et huit jeunes gens de la première jeunesse (7). Paul fut,

1. Eadmer dit que la question fat traitée au concile : « Quaestionem ipsam consilio generalis concilii taliter solvit », p. 57. — Spelman fait du règlement de cette affaire l'objet d'une assemblée distincte. — Cependant Lanfranc, qui en parle dans sa lettre à l'évêque Geoffroy (lettre 32), ne fait allusion à aucune autorité solennelle ; il semble parler de sa propre autorité. I

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