Mat. Paris
3. Facta est Ecclesia S. Albani quasi schola rehgionis et discipUnaris observantiae per totum regnum Angliœ. Attulerat namque secum (Paulus) consuetudines Lanfranci et statuta monastica (a Domino papa mérité approbata) conscripta. Unde odor bonœ famse hujus Ecclesise Romanam curiam et remota régna illustrando pervolavit^ et multorum tàm prœlatorum quàm magnatum corda féliciter ei inclinavit. (M. Paris. Fltx abbat. S. Albani, Vit a Pauli ahbatis.)
Autrefois, il est vrai, nous leur avons abandonné les années de notre jeunesse; mais en recevant la charge de pasteur, nous avons pris le parti d'y renoncer entièrement (1). »
Non que Lanfranc eût renié le culte de sa jeunesse ; mais les études profanes lui semblaient peut-être une nourriture trop forte pour ces esprits grossiers ; en présence de cette société tombée si bas, il convenait d'aller au plus pressé, à la réforme morale, à l'éducation religieuse. Lanfranc ne néglige pas la bibliothèque de son Église : il Tenrichit de livres en assez grand nombre, surtout de livres de dévotion et de liturgie (2). C'est en effet à l'éducation religieuse qu'il se donna tout entier: même dans cette seconde partie de sa vie, il consacrait de longues heures à la lecture (3), il revoyait et corrigeait de sa main les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament, les œuvres des Pérès, rétablissant les passages altérés, en donnant une édition conforme à l'orthodoxie. Sans doute l'Eglise d'Angleterre dut compter de son temps un certain nombre de textes, de missels, delectionnaires, de bibles, revus et corrigés par Lanfranc, comme on en voyait encore au Bec du temps de Milon Crispin. Il y avait un travail considérable de révision à opérer; l'usage de la langue vulgaire dans les choses de l'Eglise et l'ignorance croissante du latin avaient dû introduire dans les textes les fautes les plus grossières. C'est à ce labeur que Lanfranc se donna tout entier. Mathieu de Westminster lui rend ce témoignage qu'il corrigea avec le plus grand soin les livres que la grossière simplicité des Anglo-Saxons avaient laissé altérer (4). Robert du Mont, dans sa chronique (5), parle aussi de ce travail critique qui fut, pendant longtemps, un des titres de Lanfranc à la reconnaissance des membres éminents de l'Église anglaise, et Math. Paris rappelle à ce propos qu'un travail de même nature fut
{. Lct. 33.
2. Pretioso insuper ornamento librorum istam Ecclesiam apprimè honestavit. (Dies obituales archiepiscoporuni Cantuariensium ex martyrologio et obituario Ecclesiaî Gantuariensis. A. Sacra, I, 55.)
3. Lectioni erat assiduus, et ante episcopatum et in Episcopatu, quantum poterat. (Vita, M. Crispin, 15.)
4. Libros quos rudis simplicitas Anglicana corruperat, ab antiquo diligcnter sane correxit, quorum coi-roboratione se gaudet Ecclesia comniuniri. Math, de Westminster, ad an. 1089, éd. Francfort, 1601, p. 251.