‹ Lanfranc, archevêque de CantorbéryChapitre 133 sur 175 · Ad an · texte numérisé non relu

Ad an

accompli par Lanfranc en Fronce (1). Six siècles s'écoulèrent sans que la probité liltéraire chi prélat reçût la moindre atteinte. C'est seulement à la fin du xvif siècle que l'accusation d'avoir à dessein falsifié les textes pour les accommoder à l'esprit de domination de la cour romaine fut formulée avec netteté. Il appartenait à Edouard Brown, adversaire déclaré de tout ce qui présente un air de papisme, de reprendre dans une note de l'archevêque Parker (2) sur le Textus Roffensis quelques mots à double entente, pour diriger une attaque contre Lanfranc. L'accusation d'Edouard Brown est formelle (3) ; mais elle n'a d'autre fondement que le désir de l'auteur de l'établir comme vraie. On ne saurait admettre que des auteurs de beaucoup antérieurs à Brown, insistant sur l'œuvre critique de Lanfranc, n'eussent pas rapporté, fût-ce pour la combattre, cette imputation calomnieuse. Si Guillaume de Tliorn l'eût connue, il n'eût pas manqué de la reproduire en l'amplifiant, pour satisfaire ses rancunes de moine Augustinien ; il nous parle quelque part de prétendues tentatives de Lanfranc pour acheter le consentement des moines (4) à la nomination d'un abbé de son choix : avec quel empressement n'eût-il pas accueilli cette accusation d'avoir faussé les textes ? On n'en trouve chez lui aucune trace. C'est donc à la polémique protestante que l'histoire doit demander de justifier ses tardives attaques (5) : on ne saurait

\. Cujus emendationis luce tam Anglorum Ecclesia quàm Gallorum se gaudet illustrari. Matli. Paris. Ad an, 1089.

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