‹ Lanfranc, archevêque de CantorbéryChapitre 137 sur 175 · Epist · texte numérisé non relu

Epist

Hereford (1). Appelé à la dignité d'archeYèque d'York, il donna à un de ses chapelains révèché d'Hereford et désigna Wulstan pour le siège de Worcester. Le choix de son successeur n'avait pas été fait au hasard : l'église d'York avait eu à souffrir des invasions et, à cette date, ses revenus étaient médiocres, peut-être inférieurs à ceux de l'église de Worcester. Aldred conçut le projet de conserver, sous le nom d'un autre, son ancien évèché, et de détacher en même temps de l'église de Worcester un certain nombre de domaines, destinés à grossir les revenus d'York. On dit même que le roi Edouard se prêta à cette combinaison (2). Aldred comptait sur la débonnaireté du successeur de son choix (3) : Wulstan, l'idéal du moine anglo-saxon, n'avait donné jusqu'alors que les preuves d'une extrême simplicité : mais il prit dans le sentiment de ses nouveaux devoirs le courage de résister à l'archevêque d'York; il sut rester indépendant et n'admit personne au partage de son autorité : mais il ne put réparer les dommages matériels, et douze domaines appartenant à son église passèrent à l'église d'York. Cette mutation de propriété serait-elle provisoire ou définitive? L'avantage était-il personnel ou général, et devait-il s'étendre aux successeurs d'Aldred? C'est la question que Wulstan posa en 1070 devant la première assemblée tenue à Winchester. Aldred était mort; son successeur n'était pas encore désigné; l'église d'York n'ayant pas de représentant, l'affaire fut renvoyée. On la reprit l'année suivante : Thomas était depuis plus d'un an en possession de son siège. Un concile fut tenu k Pedreda, sous la présidence de Lanfranc : un grand nombre d'évêques, d'abbés, de comtes et de grands personnages (4), le roi lui-même, y assistèrent. Thomas plaida la cause de son église; et, s'il faut en juger par les termes dont se sert Florent de Worcester, il ne se contenta pas d'affirmer le droit de propriété de son église ; il prétendit sans doute à une suprématie effective d'Yorlc sur Worcester; il s'était formé autour de lui un parti qui voulait faire de l'église de Worcester la ser-

i. Chron. de Jean Bromton, p. 952.

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