‹ Lanfranc, archevêque de CantorbéryChapitre 139 sur 175 · Epist · texte numérisé non relu

Epist

tiques » des Pères « reconnus par l'Eglise. » « Il faut avoir perdu la raison (1) » pour soutenir qu'un évèque peut se croire dans son diocèse indépendant de toute primauté, quand « il est bien établi que la Grande-Bretagne tout entière n'est qu'une seule paroisse de notre seule Eglise. »

Cette expression « Britannicam insulam » indique bien la portée des prétentions du primat : il ne négligea rien pour en faire une réalité. L'Irlande qui, au moins jusqu'au temps de Bédé, avait eu son organisation religieuse indépendante et comme insulaire (2), se tourna vers l'Angleterre, et reconnut l'autorité de Cantorbéry. L'archevêque de Dublin, Dunan, étant mort en 1074 (3), les clercs et le peuple de l'Église de Dublin élurent pour lui succéder l'Irlandais Patrik ; ils s'adressèrent à Lanfranc pour obtenir sa confirmation. Ce fut sans doute Patrik luimême qui porta cette lettre à Lanfranc ; le choix fut approuvé, et le nouvel évêque, sacré à Londres, fit profession d'obéissance devant Lanfranc (4). Patrik gouverna pendant dix ans l'Eglise de Dublin ; il mourut en 1084 (5). — Les relations avec l'Ecosse nous sont mal connues ; une lettre de Lanfranc à Marguerite, qu'il appelle reine d'Ecosse (6), témoigne plutôt de la piété de cette princesse que de l'autorité du prélat sur l'Eglise de cette région : elle nous fournit cependant la preuve que Lanfranc agit de ce côté.

Il importe d'établir que cette suprématie ne fut pas seulement l'effet d'un stérile désir de domination, et qu'en rendant possible une administration commune et le rétablissement de l'ordi^e dans les esprits, dans les croyances et dans les mœurs, elle se légitima par ses bienfaits.

Au premier rang se plaçaient les questions de dogme : on ne peut douter que la dissidence sur le mystère eucharistique ne condamnât le clergé anglais ; cela seul eût suffi à faire deux clergés hostiles dans un pa^'s homogène : on l'a vu par l'âpreté de la lutte

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