‹ Lanfranc, archevêque de CantorbéryChapitre 140 sur 175 · Eplst · texte numérisé non relu

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en France môme. Cependant, on cherche vaiiiement dans les actes des conciles les traces de cette réforme dogmatique : quand il est question de l'Eucharistie, c'est seulement comme en 1074, pour défendre l'usage de l'eau pure ou de la bière dans la consécration. La question essentielle semble réservée. Sans doute il n'était pas nécessaire de revenir sur ce sujet, en présence d'un clergé dont les convictions étaient établies et qui avait été fortifié sur le continent dans la croyance au dogme. C'est seulement dans une lettre à l'évèque irlandais Domnald (1) que l'on trouve un indice : encore est-il peu important. Domnald avait consulté Lanfranc pour savoir si les enfants, avant l'âge de raison, étaient dans l'obligation de recevoir l'Eucharistie. Nous ignorons la date exacte de cette lettre; il j aurait cependant intérêt à la déterminer avec précision ; car dans sa réponse Lanfranc dit, en parlant du clergé anglais, « nos Anglos, » et il affirme que sur ces questions eucharistiques le clergé anglais et le clergé du continent {transmarinas Ecclesias) sont d'un avis semblable. Donc, à ce moment, l'élimination de tous les dissidents est complète, et la même croyance est unanimement acceptée. Il ne s'agit, il est vrai, que de la communion des enfants ; mais au cours de la lettre il rappelle, pour la combattre d'un mot, rhérésie : « Saint Augustin, dit-il, ne songe pas à nier la vérité de la chair et du sang du Christ : ce qui a été et ce qui est encore l'erreur de la plupart des schismatiques. » Cependant, plus large dans l'application de la doctrine, il ne croit pas à la nécessité de la communion pour les enfants, le fait même de la communion matérielle n'étant rien à ses yeux sans cette communion toute spirituelle, accord intime et voulu entre la créature et le Créateur. « Voici comment il faut comprendre, dit-il, la parole de Dieu : tout fidèle dont l'intelligence est assez développée pour mesurer la grandeur du mystère {mysterii capax) ne doit pas se contenter de recevoir de ses lèvres la chair et le. sang du Christ; il doit aussi manger cette chair et boire ce sang par amour et tendresse de cœur... Il doit suivre les traces du Christ, entrer avec lui en communion de souffrances, dans la mesure où la faiblesse humaine peut le" supporter et où la grâce divine daigne les lui dispenser : c'est là vraiment manger, et d'une façon salutaire, la chair du Christ et

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