‹ Lanfranc, archevêque de CantorbéryChapitre 141 sur 175 · Fyn · texte numérisé non relu

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boire son sang. » Les occasions de rétablir la vraie doctrine eucliaristique ne durent pas manquer à Lanfranc dans le cours de son long épiscopat ; et Mathieu de Westminster fait sans doute allusion à ce fait quand il dit de lui en termes trop vagues : « Il condamna les hérésies et fortifia la foi (1). »

Les écrivains postérieurs à la conquête traitent l'archevêque Œlfrik avec une rigueur significative ; on a même pu, avec quelque vraisemblance (2), accuser Osbern et Malmesbury d'avoir à dessein fait l'obscurité autour de cet éminent personnage, représentant d'une doctrine réprouvée. Malmesbury est converti à la foi nouvelle, Osbern partage ses affections entre Lanfranc et Anselme. Il semble même que ces auteurs aient eu recours, pour égarer les recherches précises, à des expédients : Malmesbury place Œlfrik à une époque de beaucoup antérieure à l'époque vraie (3); il le repousse dans le passé, comme pour le rendre moins dangereux. Les livres et les homélies du prélat, écrits en langue vulgaire, inintelligibles pour les nouveaux venus, inutiles au peuple qui ne lisait pas, furent sans doute relégués au fond de ces bibliothèques où les moines les classaient, comme au xiii'' siècle les moines de Glastonbury : Item^ duo Anglica, vetitsta et inutilia. — Itéra, sennones Anglici, vetusti, iniUiles{4:). — Soit artifice, soit naïveté de sa foi, Osbern servait la révolution théologique par le récit d'utiles miracles; sous le pontificat de Tarchevêque Odon de Cantorbéry, deux clercs qui avaient douté de la présence réelle furent confondus à la prière du prélat : « Quand il rompit le pain vivant,.... on vit tomber sur les moines des gouttes de sang (5) »

Osbern rapporte aussi à l'époque de Dunstan des faits semblables. Ainsi, la réforme représentée par Lanfranc perd peu à peu son air de nouveauté ; elle remonte dans le passé ; et s'il se rencontre dans l'ancienne Église anglaise un prélat comme Œlfrik, c'est un homme qui a erré ; avant et après lui, on ressaisit la chaîne interrompue des vérités.

1. Haeresescondemnans fidem roboravit. Math, de Westminster, éd. 1601,

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