‹ Lanfranc, archevêque de CantorbéryChapitre 143 sur 175 · Epist · texte numérisé non relu

Epist

mande de fréquentes réunions d'évèques et de gens d'Eglise de tout rang; il conseille aux rois de relever par leur présence la solennité de ces assemblées et d'v appeler les grands ; la simonie est condamnée ; la consécration d'un évéque ne pourra se faire par le ministère d'un seul évéque; enfin, quelques prescriptions relatives au baptême des enfants complètent cet ensemble de règlements de tout geni-e.

On a conservé quelques lettres de Lanfranc à l'archevêque de Rouen, Jean. Elles témoignent d'une tentative pour établir entre les deux Eglises des rapports nouveaux dans leur histoire. Malgré les formules de respect que Lanfranc prodigue à l'archevêque de Rouen (1), l'Église primatiale d'Angleterre reste de tout point indépendante de l'Eglise métropolitaine du duché; mais ces lettres montrent sur les questions de liturgie et de hiérarchie l'application de régies communes dans les deux Églises. Elles nous apprennent aussi que l'autorité de l'ancien moine du Bec n'était pas décisive en Angleterre seulement; même d'Angleterre, Lanfranc est encore le trait d'union entre Rome et la Normandie. Tandis que Tarchevèque Jean le consultait sur les ornements, le détail des cérémonies, les attributions du diacre et du sous-diacre (2), les archidiacres de l'Eglise de Bayeux (3) lui faisaient demander son avis, par l'entremise de l'évêque de Coutances, sur un point de juridiction criminelle. Pour la Normandie plus encore que pour l'Angleterre, il resta moine avant tout; la Normandie ne l'avait connu qu'avec ce caractère; de toute l'Église normande, nul n'avait représenté avec plus d'éclat la dignité de la vie monastique et les talents de toute nature qu'abritait alors le cloître. Aux yeux de ses frères d'outre-Manche, il personnifiait la conquête dans ce qu'elle avait de résultats excellents pour la cause de l'Église, et l'importance de son personnage politique ajoutait encore au respect qu'il inspirait. Aussi son voyage de 1077 (4) fut-il un véritable triomphe. M. Crispin attribue ce voyage à la nécessité de traiter avec Guillaume, alors en Normandie, de graves affaires séculières et ecclé-

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