‹ Lanfranc, archevêque de CantorbéryChapitre 154 sur 175 · Epist. Guillel. ad Gregor. Selden's Spicileg., p. 16Î · texte numérisé non relu

Epist. Guillel. ad Gregor. Selden's Spicileg., p. 16Î

franc, du 24 mars 1079, est évidemment postérieure à la démarche d'Hubert : c'est donc aux derniers mois de l'année 1078 qu'il faut rapporter les premières ouvertures.

Les prétentions de Grégoire Yll étaient de deux ordres : il réclamait plus d'exactitude dans le paiement du denier de saint Pierre : il exigeait un acte de solennelle soumission à la papauté. Guillaume sépara les deux objets, et concilia habilement dans sa réponse le respect des droits du passé et son indépendance comme souverain temporel.

Alexandre II avait réclamé, lui aussi, le paiement du denier (1) ; Guillaume avait mis de l'empressement à l'acquitter. A la mort du pape Alexandre, le paiement d^i denier avait été suspendu : on ignore pour quel motif.

C'est vers la première moitié du viif siècle qu'un roi de Wessex, Inas, donna le premier l'exemple d'offrir au Saint-Siège un don gratuit. Plus d'un siècle plus tard, après que le fils d'Egbert, Ethelwolf eut offert le tribut au pape Léon IV, l'usage de cette pieuse redevance s'étendit à la Grande-Bretagne tout entière, et, sous le nom de denier de saint Pierre, prit un caractère d'obligation qui l'imposa au respect des rois de toute race. Dans les lois ecclésiastiques d'Edouard le Vieux et de Guthurn, roi des Danois en Est-Anglie, on trouve, au titre vi, une mention précise de cette redevance (2). On la voit encore dans les lois ecclésiastiques d'Edgard, en 967 (3) ; et dans celles de Kanut, qui, sous le nom de Romseoh (4), confirme l'usage établi par ses prédécesseurs. Il n'est presque pas de promulgation de nouvelles lois ecclésiastiques où le denier de saint Pierre n'ait sa place marquée ; dans la confirmation des lois d'Edouard le Confesseur par Guillaume, on remarque une mention spéciale de cette redevance (5). Le Conquérant n'avait jamais songé à contester la légitimité d'un tribut, justifié par son antiquité seule ; si le paiement fut irrégulier pendant quelque temps, sans doute les embarras du

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