Unum admisi, alteruni non admisi. {Ibid
3. Fidelitatem facere nolui, nec volo, quia nec ego pmmisi, nec antecessores meos antecessoribus tuis id fecisse comperio. [Ibid )
gnage. Bien que nous sacliions par la réponse du primat que la lettre du pape lui fut remise par le légat Hubert, il est évident qu'elle ne fut pas apportée par le légat à son arrivée ; elle est postérieure à la réponse faite oralement par Guillaume à Hubert. Elle fut envoyée par le pape à Hubert pendant son séjour en Angleterre, et remise par Hubert à Lanfranc. Les termes mêmes dont se sert Lanfranc à ce sujet nous confirment dans cette opinion (1). D'ailleurs la lettre du pape est datée de Rome du mois de mars 1079; le légat avait dû quitter Rome vers la fin d'avril de l'année précédente, puisque la lettre pontificale relative à l'archevêché de Rouen est du 7 avril 1078 ; la réponse de Lanfranc nous prouve qu'il y était encore vers les mois de mai-juilletl079(2). On peut donc voir dans la lettre du pape à Lanfranc comme le contre-coup de la réponse faite oralement par Guillaume. Au moment où le roi se dérobait, il était prudent de rappeler au chef de son clergé la double dépendance de l'Episcopat, plus soumis encore au Saint-Siège qu'au souverain temporel. Depuis la mort d'Alexandre, les voyages de Lanfranc à Rome, si fréquents autrefois, avaient complètement cessé ; Grégoire VII l'avait remarqué, non sans un secret dépit ; sa lettre du mois de mars 1079, n'a d'autre objet que de rappeler l'archevêque à ses devoirs. Mais dés les premières lignes, Tirritation de Grégoire, qui ne recule pas devant la menace (3), se détourne sur son véritable objet : le nom de Lanfranc en cache un autre ; le primat n'a peut-être même qu'un seul tort : il craint le roi (4) ; sa négligence, que le pape accuse aussi,
1. Per Hubértum , sacri vestri Palatii subdiaconum^^orrec^a^. £jji5^. ï.anf., 8.
2. Il avait eu en effet le temps de recevoir et de remettre à Lanfranc la lettre du pape du 24 mars 1079.
3. Nisi apostolica mansuetudo, nec non et amoris pignus antiquum nos hucùsque detinuisset, prufectô nos hoc graviter ferre jamdudum tibi constitisset. Grég. Lettres ^ VI, 30.
4. Sicut certissiinè compertum habemus, adventum tuum vel metus régis, cjus scilicet quem inter cœteros illius dignitatis specialius semper dilexinius, vel maxime tua culpa nobis negavit. [Ibid.)
Malgré les mots « maxime tua culpa », il est évident, quand on lit le texte complet de la lettre, que la grande préoccupation de Grégoire est trahie par les mots : « Metus régis », dont les deux tiers de la lettre sont le développement : « Non debuit aliquis aut mundanœ potestatis terror aut cujusquàm personœ superstitiosus amor a conspectu nostro retrahere. {Ibid.)
n'est blâmée qu'en second lieu. Les expressions dirigées contre Guillaume sont pleines d'amertume : c'est à ses yeux un révolté (1), Il appartient à Lanfranc de le ramener à l'obéissance légitime. La question ainsi posée, le voyage de Lanfranc à Rome ou son abstention, prenait tout à coup un caractère de gravité inattendu ; l'autorité du roi sur son clergé avait été maladroitement intéressée au débat par un homme qui ne comptait pour rien le droit des rois, et l'échec du pape compromettait du même coup sa propre influence sur les affaires temporelles de l'Angleterre. Guillaume n'avait encore fait connaître son sentiment que par l'entremise du légat; sa lettre, décisive dans ce débat, est postérieure à la lettre de Grégoire à Lanfranc et à la réponse de l'archevêque. Lanfranc déguise un refus sous les formes de l'obéissance sans réserve; on dirait même qu'il se venge par l'ironie. Qu'est-ce donc que l'absence du corps ? la distance des lieux ? « Mon esprit, en tout et pour tout, est soumis à vos préceptes (2) , suivant les prescriptions- canoniques. Si, avec la grâce de Dieu , il m'était donné de vous entretenir, présent devant vous, on verrait que mon amour pour vous n'a fait que grandir ; on verrait aussi, aux faits mieux qu'aux paroles, que c'est vous (laissez-moi vous le dire) dont l'affection pour nous a connu plus d'une défaillance. » Un aveu de Lanfranc est précieux à recueillir : il déclare avoir uni ses efforts à ceux du légat pour faire agréer au roi la proposition du pape (3) : « Sioasi, sed non perswasi. » On voudrait savoir dans quelle mesure il appuya ces prétentions dont il dut comprendre tout d'abord le néant. Laissant d'ailleurs au roi le soin d'expliquer sa volonté, il annonce la lettre à Guillaume dont nous avons le texte (4).
Ce fut la fin des relations directes de Lanfranc et de Grégoire. Le pape comprit qu'avec un clergé fortement discipliné comme l'était le clergé anglo-normand, c'était à la royauté elle-même et non à répiscopat qu'il fallait s'adresser. Les relations avec Guil-
1. lUum vero si contià apostoHcam sedem novus arrogantiae tumor nunc erigit, sive contra nos ulla libido seu procacitas jactat. {Ibid.)